‹ La folie de Jésus (volume 3)Chapitre 279 sur 410 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les pérousohlm.

Les pérouschim (séparés, pharisiens) étaient des dévots austères et irascibles, qui vivaient en dehors de la foule impure et surtout loin des goïm.

Us constituaient une chabura ou congrégation de six mille habérim (compagnons), autour de laquelle se groupait une sorte de tiers-ordre, le puissant parti des pharisianisants.

Tout Juif pouvait entrer dans cette congrégation, à la condition de faire, devant trois témoins, le serment solennel d'en observer la règle. Un noviciat d'un an était nécessaire.

L'ordre comportait quatre degrés. Le parousch du premier degré ou cAaôcr s'engageait à payer la dîme lévitique, la dîme des pauvres et à éviter les souillures rituelles. Sa femme et ses enfants étaient de droit membres de l'ordre. Pour arriver aux grades supérieurs ou teharoih^ il fallait un nouveau noviciat d'un an.

Ces habérim prenaient part à des repas en commun de trois à dix membres, où Ton bénissait le pain et le vin et que Ton sanctifiait par des conversations pieuses.

Un parousch ne devait rien acheter ou vendre à un nonparousch ; il ne devait pas manger à sa table, ni le recevoir à la sienne, à moins que le non-parousch ne revêtît les ornements du tiers-ordre ; il devait refuser la dîme au cohen non-parousch.

Les pérouschim étaient synergistes. Ils pensaient que les hommes sont menés par deux forces : lahvéet leur volonté. Ils croyaient aux anges et aux démons, à Timmortalilé de Tâme, aux récompenses et aux peines d'outre-tombe et à la métempsychose. Ils connaissaient admirablement la loi mosaïque et en exigeaient Tobservance méticuleuse, moyennant une casuistique qui prétendait la plier aux nécessités de la vie.

Bien que cette casuistique défigurât assez la thora pour que leschou bar-lossef pût, avec raison, reprocher aux pérouschim de ne point observer les commandements de lahvé, elle laissait, moins souple que celle de Molina et d'Escobar, subsister d'absurdes rigueurs. C'est ainsi que la violation du Schabbath était, aux yeux des pérouschim, un crime abominable qui méritait la mort. L'un d'eux, Schammai, avait dit : « Depuis le Dimanche songe au Shabbath^ », faisant ainsi de toute la semaine une préparation au saint jour. Aussi les généraux étrangers choisissaientils le jour du Schabbath pour attaquer les Juifs.

Les pérouschim respectaient profondément les vieillards, dont ils avaient la gravité : leur vie inclémente, loin de tout luxe et de tout confort, n'était qu'une vieillesse prématurée.

Ils étaient particulièrement sévères sur les questions de

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