Guémard de Babylone, Sotâ, folio
3t)6 LA FOLIE DE JÉSUS
morale se résumait ea deux choses : pratiquer la thora et haïr les goïro. Leur politique tenait tout entière en celte maxime: '< Âdonaï, tu es notre roi dans les siècles des siècles! »
Ils aspiraient à la domination théocra tique du monde. Ils rêvaient d'un Maschiah guerrier, expulsant les Roumis du pays juif. On conçoit avec quelle curiosité passionnée ils durent observer leschou bar-Io$sef, avec quel soin ils durent rechercher en lui les signes messianiques.
Ils formaient, dans chaque ville, un parti important, et occupaient le banc d*œuvre dans les synagogues. « Assis dans la chaire de Mosché * », ils aidaient les sophérim à commenter la thora, leur dénonçaient les hérétiques et les assistaient dans leurs enquêtes. Beaucoup faisaient partie des sanhédrins locaux ou du grand sanhédrin de Hiérusalem. C'était une minorité agissante, qu'on a comparée à la congrégation des Jésuites, et qui avait une grosse influence en Israël.
On vénérait leur érudition, leur austérité, leur orthodoxie, leur patriotisme, et, comme ils avaient pour eux les enfants et les femmes, ils étaient les maîtres de l'esprit public 2.
Leur popularité fut l'une des principales causes de Téchec du Nazaréen.
A l'époque où nous sommes, ils se divisaient en deux partis, les hillélisles (disciples de Hillel), relativement modérés et indulgents, conseillant de payer le tribut du césar, et opposés, du moins pour le présent, à tout mouvement insurrectionnel, et les scAamma/'s/es (disciples de Schammaï) étroits, intolérants^ ultra-fanatiques, allant jusqu'à interdire de soigner les malades le jour du Schabbath, prêchant