Cohen. Les Pharisiens
LES AGCUSATEURS BT LES JUGES 359
les simples lévigim ou benê-Lévi ou lévites, dont les fonctions correspondaient à celles de nos diacres.
Les lévites exerçaient leurs fonctions de vingt à cinquante ans. Ils étaient divisés en vingt-quatre sections, qui, tour à tour, prenaient la semaine auprès de lahvé. Ils administraient les revenus du temple, veillaient sur le trésor, le mobilier et les provisions, nettoyaient les vases sacrés, entretenaient la propreté et Téclat du sanctuaire. Quatre mille d*entre eux s'étaient spécialisés dans la musique religieuse, vocale ou instrumentale; ils étaient dirigés par deux cent quatre-vingt-huit manuducteurs et mattres de chapelle. Quatre mille autres montaient la garde, à raison de vingtquatre par jour, aux cinq entrées du temple. D'autres, les schoUérim, étaient les policiers du grand sanhédrin et assuraient l'ordre dans le parvis. D'autres ouvraient et fermaient les portes*
Les bénê-Lévi étaient sous les ordres des cohanim* Ils étaient eux-mêmes secondés par les nélhinim^ sacristains bénévoles, qui assuraient les bas services du temple, comme le transport du bois et de Teau»
Les oobaBim,
Les prCtres juifs ou cohanim constituaient, comme les prêtres hindous et persans, une caste fermée. Ils étaient les descendants du lévite Ââron. Le grand sanhédrin, qui détenait les tables généalogiques de la peuplade, n'élevait à cette dignité que les aâronides de race pure, sans défauts corporels et de bonne réputation.
Ils entraient en fonction à Tâge de vingt ans. Ceux qui habitaient la province ne faisaient, en temps ordinaire, que
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prononcer la formule de bénédiction, à l'office du matin, dans les synagogues, mais ils venaient^ à tour de rôle, exercer leur charge à Hiérusalem*. Ils prenaient alors leurs repas en commun, repas dont les offrandes, les produits des dîmes et les sacrifices faisaient tous les frais^.
Les cohanini offraient les oblations, entretenaient le feu perpétuel sur Tautel des holocaustes, procédaient aux sacrifices et aux aspersions de sang, plaçaient les pains de proposition sur la table à ce destinée, faisaient brûler matin et soir des parfums sur Tautel d'or, allumaient le candélabre à sept branches, donnaient la bénédiction au peuple, sonnaient de la trompette aux fêtes solennelles.
Ils pouvaient pénétrer dans toutes les salles du temple, à Texception du débir.
Vêtus d'un caleçon et d'une tunique de lin blanc (origine de l'aube), serrée sur la poitrine par une ceinture multicolore, portant longs les cheveux et la barbe et coiffés du turban, ils faisaient leur service pieds nus et gagnaient ainsi des maladies a frigore qui nécessitaient ^intervention du médecin du temple.
Cohanim et lévites étaient payés sur le trésor sacré. Le dixième des produits du territoire, le produit du rachat des premiers nés, les prémices, certaines parties des animaux sacrifiés, les choses vouées, plusieurs sortes d'amendes et une partie du butin de guerre leur étaient spécialement réservés. Dans quarante-huit villes ou bourgs, une zone de terrain de plus de deux mille mètres leur appartenait en propre. Ils étaient enfin exemptés d'impôts. L'Eglise catholique a conservé ces excellentes traditions.
1. Israël Lévi. Les dix-huit bénédictions et les Psaumes de Salomon. Revue des éludes juives, 1896, t. XXXÏI, p. 61.
2. Derenbourg. Essai sur V histoire et ta géographie de la Palestine. Paris, 1867, p. 142.
Le ooben ba gadol, nassi dlsrafil.
A la tête des cohanim et des lévites se trouvait le cohen ha gadol (grand prêtre). Héritier de Mosché et des anciens achoffétim (juges), il avait remplacé le roi, lorsque, victimes de leur tempérament anarchiste, les Juifs avaient dû se soumettre à Tétranger. Il était au-dessus des létrarques, roitelets sémitiques institués par les Romains.
Un sénatus-consulte désigne lohanan dit Hyrkanos comme « le grand prêtre et Tethnarque* » des Juifs. Ce n*était que la traduction d'une expression juive : <( Cohen ha gadol, nassi d'Israël ».
Dans la pensée des mystiques, de ceux du moins qui n'attendaient pas le Maschiah, il était le représentant de lahvé sur la terre. Il gouvernait la peuplade en son nom, et il était appelé à gouverner le monde, lorsque les Juifs auraient subjugué les autres nations.
Tel fut toujours, en effet, tel est encore leur secrète espérance. Et il faut bien reconnaître qu'elle puise sa force dans les faits. La France n'est plus aujourd'hui qu'une colonie juive 2.
1. Henri Regnault. Une province procuralorienne au début de tempire romain. Paris, Picard, 1909.
2. C'est un fait qu'on peut constater sans 6tre taxé d'antisémitisme. Et si l*on veut toute ma pensée, je dirai que je préfère — puisque nous ne sommes pas assez mûrs pour nous gouverner nous-mêmeE.» puisqu'il nous faut nous abandonner aux minorités agissantes — Thégémonie juive à une monarchie catholique ou à une dictature militaire. Au surplus j*aime à croire que beaucoup de Juifs pensent, avec Maurice Bloch, que « la nouvelle Jérusalem sera partout où triomphera l'idée française de la Révolution ».
Les Juifs ne sentent pas comme nous, c'est r6vidence même. Mais nous n'en sommes plus, pour nous laisser gouverner par nos senUments, au temps de Pontius Pilatus. Les Juifs n'ont avec nous qu'une faculté com-
Représentant de Dieu, c'est-à-dire de lahvé, grand prêtre, ethnarque, prince du monde, n'est-ce pas exactement ce que prétend être le chef du catholicisme ? Il est, écrit un consulteur de la Sacrée Congrégation du Concile, Prosper Fagnani, il est « le prince des princes », le « seigneur des seigneurs ». « Il est au-dessus de tous les rois. Il a sur les fidèles un pouvoir de fait el sur les infidèles un pouvoir de droit... Il peut faire des constitutions et des lois obligatoires pour le monde entier, puisque sa juridiction n'est bornée par les limites d'aucun territoire^ »
Depuis que les Romains avaient pris possession de la Judaea,le cohen ha gadol était nommé par le léget de Syria, qui avait soin de choisir, sur la liste que le grand sanhédrin lui présentait, un homme soumis aux envahisseurs. À la moindre incartade, on mettait à pied le cohen ha gadol. Valérius Gratus, pour son compte, en destitua quatre coup
sur coup: Hanan bèn-Scheth, Ischmaêl bèn-Phabi, Eléâzar bèn-Hanan, Schiméôn bèn-Kamith. On alla jusqu'à leur retirer leur costume de cérémonie qui, de Tan 6 à l'an 36, fut confié à la garde du préfet de cohorte de la forteresse Antonia.
Aussi ces représentants de lahvé se montraient-ils, à l'égard des représentants de l'impéralor, d'une servilité sans bornes. Les choses en vinrent à ce point que la salle
muQe, le raisonnement. Aussi s^efforcent-ils de réduire tout ce qui nous divise à ce commun dénominateur. Par besoin de rapprochement et d'adaptation, ils s'entraînent à raisonner et ils nous y obligent. Les descendants des byzantins des talmuds sont devenus les meilleurs serviteurs de la raison.
De plus, cette nation internationale, qui possède le « nerf de la guerre », est sincèrement amie de la paix. Elle habitue les aryens, encore à demi barbares el toujours prêts à employer l'argument musculaire et guerrier, à transporter la lutte pour la vie sur le terrain encé- • phalique. Tout cela est bien quelque chose et j'ajouterai : tout cela se paie.
1. Prosper Fagnani. Droi7 canonique ou commentaires sur les cinq Hures de Décrétâtes. Rome, 1661.
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du temple où ils se retiraient le jour des Expiations (Yom- Kippourim), fut dénommée « la salle des valets ».
L'historien juif lossef bèn-Matlhia nous les montre achetant leurs fonctions aux enchères, se livrant aux plaisirs d'une table somptueuse, comme nos papes de la Renaissance, fraudant le fisc, envoyant percevoir la dîme parleurs schottérim armés de bâtons, faisant chaparder par leurs domestiques, dans les greniers du temple, les provisions des simples cohanim, bazardant les vases sacrés et se battant dans la rue comme des chiffonniers. Ils exploitaient les superstitions des pèlerins et leur faisaient vendre, dans leurs hanouyouth (boutiques) du Mont des Oliviers, des amulettes et des grigris.
Un marchand de vin, Abba Schaôul, membre du grand sanhédrin, composa sur eux ce couplet humoristique :
« Quel fléau que la famille de Schîméôn bèn-Boëlhos !
Malheur à leurs lances!
Quel fléau que la famille de Hanan !
Malheur h leurs sifflements de vipères !
Quel fléau que la famille de Canthéras !
Malheur à leurs plumes !
Quel fléau que la famille d'Ischmaël bèn-Phabi !
Malheur à leurs poings !
Ils sont grands cohanim.
Leurs fils sont trésoriers,
Leurs gendres sont officiers du temple.
Et leurs valets assomment le peuple à coups de bâton K »