SECTIONS
Le grand sanhédrin avait été divisé, par leshoschaphat, en trois sections de vingt-trois membres, la beth-cohanim, la beth-sophérim, et la belh'Zékénim.
I. La BETH-coHANiM. — La beth-cohanim était la plus influente des trois. Elle était composée des grands prêtres destitués par les Romains et de simples prêtres, probablement s^pparentés aux premiers. Au temps de leschou barlossef , les anciens grands prêtres formaient à peu près la moitié de son effectif. Aussi les évangélistes la désignentils par cette expression « les chefs des cohanim ». En raison de leur caractère religieux et des loisirs dont ils disposaient pour Tétude de la thora, les chefs de^ cohanim étaient les maîtres du grand sanhédrin. Leur section était présidée par le cohen ha gadol ^
Faisaient partie de la beth-cohanim au moment de la condamnation du Nazaréen, d'après les frères Lémann'^:
Hanan bèn-Scheth, ex-cohen ha gadol, homme intelligent, audacieux, souple, habile, versé dans la connaissance de la thora, d'un patriotisme ardent, très riche.
I Éléâzar bèn-Hanan, ex-cohen ha gadol ;
^, l lonathan bèn-Hanan, alors cohen, plus tard i^es Uis I 1 ■■ j I
. I cohen ha gadol ;
„ j Hanan bèn-Hanan, alors cohen, plus tard
- \ cohen ha gadol. Très dur dans sesjuge-
«; Il *K I ™^'^''S» il fit lapider le frère de leschou, [ laâkob bar-Iossef, et fut, pour cet abus de 1 pouvoir, déposé par le procurateur;
1. Friediieb. Archéologie de la Passion. Paris, Lethielleux, 1897, p. 18. Ollivier. La passion. Paris, Lethielleux, 1902, p. 131.
2. Les abbés Lémann. Valeur de rassemblée qui prononça la peine de mort contre Jésus, Paris, Poussielgue, 1876i
370 hK FOLIE DE JiaU0
Le gendre
de
Hanan ^ lossef dit Kaïapha,cohen ha gadol en exercice ;
bèn-
Scheth,
Les fils
d^ j loazar bèn-Schiméôn, ex-cohen ba gadol; Schimeôn
bèn-
Boëthos ( ScbiiQ^'ôi^ bèn-Schiméôn, alors cohen, plus
ex-cohen l tard cohen ha gadol;
ha gadol. ]
loschoua bèn-Sié, ex-cohen ha gadol ;
Ischmaêl bèn-Phabi, ex-cohen ha gadol, joli homme, élégant, d'un luxe efféminé, sorte de muscadin, rappelant nos cardinaux du dix-huitième siècle. La Gaémarâ de Babylone l'appelle « le disciple des capricieux^ ; »
Schimeôn bèn-Kanouth, ex-cohen ha gadol, parousch rigide, célèbre par la grandeur de sa main ;
Hanania bèn-Nebedal, alors cohen, plus tard cohen ha gadol, célèbre par sa gloutonnerie. Les talmudistes rappellent (c le disciple des gourmands » et Taccusent de se gorger de victimes. Ce fut lui qui traduisit Schaôul le saint devant le procurateur Félix ;
Scèva, un des principaux cohanim ;
Helkia, cohen, gardien du trésor du temple;
Alexander, cohen, très riche ;
lohanan, cohen;
IL La bbth-soprâium. — Les sophérim (scribes) ou docteurs de (a tbora ou légistes étaient les muftis du ju^
1. Guémarâ de Ba6y/o/ie. KériUioutb, foUo23; Pes^ghim, folio 97.
daUme, comme les pébiim en étaient les marabouts.
Ils se recrutaient IndifTéremment parmi les laïques ou les bénê^Lévi et appartenaient, pour la plupart, au parti des pérouschim.
Connaissant Thébreu, devenut la langue sacrée et remplacée dans la pratique par Taraméen, ils étaient chargés de recopier le texte du Pentateuque, d'en garantir l'authenticité, d'en assurer la conservation, d'en répandre la connaissance et la compréhension parmi le peuple.
Les interprétations mystiques et allégoriques qu'ils en donnaient à la synagogue, -« leurs midraschim et leurs agadoth^ — sont l'origine de nos homélies. Ce sont eux qui rédigèrent les talmuds. On leur donnait le titre de rabbi^ comme à tous les gens connaissant bien l'Ancien Testament, et les rabbins sont leurs successeurs.
Dans le grand sanhédrin, où ils constituaient une section spéciale, la beth-sophérim, présidée par le hûkûm (sage) et payée sur le trésor du temple, ils jouaient le rôle de docteurs en théologie, de canonistes et d'inquisiteurs. C'est k ce dernier titre qu'ils se rendirent auprès de leschou bar-Iossef.
Faisaient partie de la beth-sophérim au temps de leschou bar-Iossef, d'après les frères Lémann :
Gamliel dit l'Ancien, mort en 5a, petit-fils de Hillel. C'était, avouent les Lémann, un « très digne israélite^ », dont la droiture égalait la science, « Le rabbi Gamliel mort, dit un talmudiste, c'est la gloire de la thora qui disparaît. » Il fut le maître de Schaôul le saint, de Stéphanos le saint et de bar-Nabi, qui plus tard entrèrent tous les trois dans la secte ieschouite. 11 empêcha le grand sanhédrin de condamner à mort plusieurs disciples du Nazaréen ;
1. Les abbés Lémann. Valeur de Va^temhUe qui prononça la peint 4$ mQrl centré 4é$u9^ pp. 3Q et 36.
372 LA POLIE DE Jésus
Schiméôn bèn-Gamliel, son fils. Il était Tami du zélote lohanan bèn-Lévi (de Giskala),et prit part à la lutte contre les Romains. II prônait le silence. Les livres rabbiniques en font grand cas ;
Onkelos, disciple de Gamliel, goi devenu parousch fanatique et antigol forcené, auteur d'une paraphrase chaldaïque du Pentateuque, très estimée des Juifs ;
Schiméôn Kakkaton dit le Petit, un des membres les plus fougueux de rassemblée, mort quinze ou vingt ans après leschou bar-Iossef . Il composa, contre les chrétiens, une imprécation intitulée « Bénédiction des mécréants », où Ton lisait: « Que pour les apostats de la religion il n'y ait aucune espérance et que tous les hérétiques, quels qu'ils soient, périssent subitement! Que le règne de Torgueil soit déraciné! Qu'il soit anéanti promptementde nos jours ! Sois béni, ô Âdonaï Élohim, toi qui détruis les impies et humilies les superbes ! »
lonathan bèn-Uzziel, auteur de paraphrases chaldaïques du Pentateuque et des Prophètes. Il évita de paraphraser Daniel parce que, disent les talmudistes, la manière dont ce prophète parle du Maschiah paraissait se rapporter à leschou bar-Iossef;
Hanania bèn-Chiskia, grand conciliateur au milieu des querelles doctrinales du temps. Les écoles rivales de Hillel et de Scharamaï le prirent pour arbitre. Eloquent, il défendit avec succès le livre d'Iéhézkel, que le grand sanhédrin voulait rejeter;
lohanan bèn-Zakkaï, mort en 78, à cent vingt ans(?). Il était très orgueilleux de sa science et de sa piété, qui lui avait valu le surnom de «« Splendeur de la sagesse ». Il abolit l'épreuve rituelle à laquelle on soumettait les femmes soupçonnées d'adultère. Il devint l'un des courtisans de Titus ;
Zaddok» Il avait environ quarante ans au moment du
procès de leschou bar-Iossef et mourut septuagénaire. Prévoyant, comme beaucoup d'autres Juifs, que les Romains finiraient par anéantir la peuplade, il ne cessait de jeûner afin que le temple ne fût pas détruit.
Hanania, surnommé « Le Vicaire des cohanim ». On cite de lui cette phrase caractéristique : « Priez pour^l'empire romain, car si la terreur de sa puissance venait à disparaître, chacun, en Palestina^ dévorerait son voisin tout vivant * ! »
Éléâzar bèn-Parta. Il vécut fort âgé et était très estimé à cause de sa science;
Ischmaël bèn-EIischa, renommé pour la beauté de son visage et la pénétration de son esprit;
Schaôul, le géant ;
Schiméôn isch ha Mizpa ;
Nahoum Halbalar.
IIT. La beth-zékénim. — La beth-zékénim, la moins influente des trois sections, était composée des principaux laïques de la peuplade juive. Elle était présidée par le sâgân^ vice-président du grand sanhédrin. En faisaient partie, au moment du procès de leschou bar-Iossef, diaprés les frères Lémann :
Dora, homme obséquieux éternel. Devenu l'un des familiers de Félix, il fit assassiner, en 52 ou 53, par des hommes aux gages des Romains, le cohen ha gadol lonathan, dont les représentations continuelles irritaient le procurateur;
Schiméôn, très estimé pour sa science de la thora. En 42 ou 43, il accusa devant le grand sanhédrin, le roi Agrippa I", auquel il voulait qu'on interdît Tcntrée de TAzarath Israël (qu'il voulait voir excommunier) ;
lossef (d'Harimalhaïm), homme riche, Tun des dix zéké-