‹ La folie de Jésus (volume 3)Chapitre 328 sur 410 · Évangile de lohanan bar-Zébadya^ XII · texte numérisé non relu

Évangile de lohanan bar-Zébadya^ XII

4. Psaumes de Schélomo. XVII, 28. François Martin. Les Psaumes de Salomon. Paris, Letouzey, 1911, p. 0, note.

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daas la tête une extravagance, mais que, par intérêt pour l'ordre public, lorsque déjà on avait eu tant à souffrir de l'insurrection d'un autre enthousiaste, Judas le Gaulonite^ il fallait renfermer dans une bonne prison, jusqu'à ce que Tenvie lui passât d'attirer à lui la foule, toute disposée, on Ta vu dans les Evangiles, à en faire un roi.

« Nos évangéKstes ne nous apprennent pas autre chose. Si vous ne voulez voir que Thomme dans Jésus, tout est sans raison, sans plan, sans avenir dans son équipée. Il devra échouer en tout : les peuplades galiléennes n'iront pas faire une émeute à Jérusalem pour Tarracher aux soldats de Pilate et du temple; ses douze apôtres prendront la fuite. Quelle fin à tant d'agitation dans le pays ! Franchement, si Jésus n'est qu'un homme, il est très bien le séducteur que les grands prêtres ont poursuivi légalement, comme renversant la hiérarchie sainte ^ »

Par bonheur, les agents du procurateur n'attachèrent aucune importance à cette manifestation.

Quant au grand sanhédrin, pour ne pas aggraver le mal, il laissa provisoirement leschou bar-Iossef au milieu de ses disciples. Lemégalothéomanealla passer la nuit à Bélhania.

Le lendemain, il revint à Hiérusalem, en plein paroxysme. 11 était furieux de son insuccès. L'énergie qu'il destinait à l'instauration de son Royaume se trouvait soudain sans emploi. Elle provoquait en lui de la douleur, de la haine, une sourde colère. Elle était comme une vapeur sous pression cherchant une issue, et il était à prévoir que le Fils de lahvé allait se livrer à quelque violence, à quelque acte impulsif et incohérent.

Ces sentiments de contrariété sont grands chez les Imaginatifs, qui voient par avance avec précision se réaliser leurs espérances, et chez les dégénérés qui, ne pouvant ras*

1. Abbé Micbon. Vie de Jéius. Paris, Dentu, 1666, 1. 1, p. 284.

sembler toutes les possibilités dans le champ trop étroit de leur coQscience, ne conçoivent des événements futurs que ce qui peut satisfaire leurs besoins et leurs désirs. Les systématisations de ce genre sont plus serrées et plus solides encore chez les paranoïaques. Toute force tendant à détruire leur édifice idéologique engendre en eux une irritation que la prudence ne peut toujours vaincre. La décharge est d'autant plus violente qu'elle a été différée pendant plus longtemps. Le malade s'en prend à tout, aux hommes, aux animaux, aux objets inanimés.

Après avoir, sur la route, maudit un figuier coupable de ne point porter de fruits, le Maschiah méconnu se rendit au temple, où il causa un scandale sans précédent.

Nous avons vu que, pendant la Paskhâ, une véritable foire se tenait dans la Cour des goïm. Les marchands de victimes offraient aux pèlerins leurs bœufs, leurs agneaux, leurs chevreaux, leurs pigeons et leurs colombes, cependant que les changeurs étalaient leur corbeille de monnaie israélite, pure de l'effigie des césars. Ce n'étaient que mugissements, bêlements, roucoulements, vociférations ! Dans ce tumulte, le fils de lahvé, le fils du maître de céans, ne peut arriver à se faire entendre. Exaspéré, en proie à ce que La Rochefoucauld appelle « la fureur de Torgueil », il ramasse un paquet de cordes et, s'en servant comme d'un fouet, s'élance sur les marchands et les changeurs, les frappe, les injurie, renverse leurs tables, disperse leur argent et leur marchandise :

« Dans le temple^ il trouva des gens qui vendaient des bœufs^ des moulons et des pigeons, et les changeurs à leurs tables. S' étant fait un fouet de corde ^ il les jeta tous dehors y ainsi que les moutons et les bœufs; il sema par terre la monnaie des changeurs et renversa leurs tables ^ et aux marchands de pigeons il cria :

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« Emportez cela d'ici I Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de marché^ I »

Puis, se substituant aux schottérim,

« // ne permettait pas que personne portât un ustensile à travers le temple *^. »

Cet incident, qu'aucun exégèle n'a compris, se retrouve dans la vie d'un grand nombre de mégaiolhéomanes. II est rare que ces malades n'aient point maille à partir avec le clergé de leur pays. « Souvent, c'est aux ministres du sacerdoce que s'adresse leur fureur et leur vengeance 3. » Cela se comprend aisément. Les prêtres voient, dans les mégalothéomanes, des hérétiques, des possédés ou des aliénés, alors que les mégalothéomanes voient, dans les prêtres, des imposteurs usurpant leurs fonctions et occupant indûment les maisons des dieux.

Les enfants, qui aiment à suivre les personnages dont les propos, les gestes ou le costume ont quelque chose d'extravagant, les enfants qui se plaisent dans le bruit et le tumulte et pour lesquels toute bagarre est un spectacle enchanteur, furent enthousiasmés par l'acte du Nazaréen. Ils se mirent à crier, comme on avait fait la veille :

« Hosanna au fils de David ! »

« Quand les chefs des cohanim et les sophérim eurent vu.., les enfants criant ces paroles dans le temple : « Hosanna au fils de David l » /7s en furent indignés et lui dirent :

« Entends-tu ce que clament ceux-ci? »

— « Oui! leur répondit leschou. N^avez-vous donc jamais

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