Évangile de lohanan bar-Zébadya, XV
t^il pas, à la faveur de la nuit, sur les pentes qui conduisaient au désert de Judœa, à la mer Morte, aux contrées transjordaniennes? Pourquoi? Parce que cela lui était matériellement impossible, parce qu'il était atteint d'un épanchement pleurétique qui gênait les mouvements de ses poumons et de son cœur. Il n'est point d'autre explication à celte fuite singulière, où la crainte est si grande et si petit le chemin.
« lehouda, qui r allait livrer, connaissait le lieu^ car leschou s'y était souvent trouvé en compagnie de ses disciples. Ayant donc pris avec lui la cohorte (le détachement de la cohorte*), des agents fournis par les chefs des cohanim et les pérouschim, il y vint avec lanternes^ falots et armes^. »
Ollivier suppose que cette troupe ne s'était mise en marche qu'au milieu de la nuit, afin de profiter du sommeil des pèlerins campés sur le mont des Oliviers, et que, sortie de la ville par une des portes donnant sur la vallée du Hinnôm, elle avait suivi la rive droite du Kédron et traversé ce torrent sur le pont inférieur, qui débouchait au voisinage de la métairie. Cachée ainsi par les hauteurs de Siloah et les cèdres bordant le torrent, elle avait pu échapper aux yeux des ieschouites, qui surveillaient la Porte des Moutons et le pont supérieur.
Les (( agents y> dont parle Tévangéliste étaient les schottérim, les lévites chargés à la fois d'assurer Tordre dans les cours du temple et d'exécuter les mandats du grand sanhédrin et du cohen ha gadoP. C'étaient les gardes
1. Une fraction de cohorte était souvent appelée « la cohorte » (Taci-
tUS, I, XXIV, XXX, XXXI).