Évangile de Lucas ^ XVII
ne pouvant entrer en séance qu'après le sacrifice du matin, qui avait lieu au lever du jour, les scholtérim et les légionnaires tournèrent la pointe du Tophet, montèrent le Zion et conduisirent le mésilh chez le plus ancien et le plus respecté des grands prêtres honoraires, Hanan bèn-Scheth, beau-père de lossef Kaïapha.qui habitait auxHanouioth,Ie quartier Saint-Sulpice de Hiérusalem, conligu au temple. Sans doute le cohen ha gadol en exercice, dont la responsabilité était grande en pareille matière, désirait avoir son avis sur leschou bar-Iossef :
« La cohorte^ le chiliarque (le préfet de cohorte*) et les agents des Judéens, s* emparant de leschou^ le lièrent et le conduisirent d^ abord vers Hanan, Celui-ci était le beaupère de Kaïapha^ cohen ha gadol en cette année-là^ et c'était Kaïapha qui avait donné aux Judéens ce conseil :
« Il importe qu^un seul homme meure pour le peuple ^. »
La centurie rentra au quartier, tandis que les schottérim conduisaient leur prisonnier auprès du vieux prêtre. Ceci fait, ils s'installèrent autour du vase de cuivre rempli de charbons ardents, que les serviteurs avaient, selon la coutume juive, apporté dans la cour et sechaufTèrenten attendant le lever du soleil.
« Le cohen ha gadol (Hanan bèn-Scheth) interrogea leschou sur ses disciples et sa doctrine. »
Il lui répondit avec la hauteur d'un dieu s^adressant à un simple mortel, avec l'insolence d'un héritier présomptif apostrophant un usurpateur :
« Tai^ répondit leschou^ parlé ouvertement au monde ! Tai toujours enseigné en la synagogue et au temple, où les
1. Les préfets de cohorte portaient le titre de chiliarque, même lorsque la cohorte comptait moins de mille hommes.