Oliivier. La Passion. Paris, Lethielleux, 1902, p
3. Georget, Cité par Etoc-Demazy. De la siuptdiié considérée chez les aliénés, p. 17.
1. Dagonet. De la stupeur dans les maladies mentales» Annales médlca" psychologiques, 1872, t. Vil.
l'affaire lESGttOU RAA-iOSSEF AU PRÉTOIRE 499
III. A la môme époque, un offider, revetianl dé capiiTiié en Prusse, est ari*ôté par les fédérés et emprisotiné à la Préfecture de police, ob il éprouve dé cruelles souffrances, tl sombre dans la stupeur et ne répond pas aux questions qu'on lui pose ^
IV. D.,âgé de vingt-trois ans, est assailli un soir, en rentrant chez lui, par des malfaiteurs. Le lendemain, il ne se rend pas à son travail ; il est triste et répond à peine aux questions qu'on lui pose. Deux jours plus tard, la stupeur est complète, la physionomie hébétée, les yeux grands ouverts, le regard inexpressif, tantôt fixe, tantôt errant au hasard. Le malade est muet et anesthésique. Après sa guérison, il raconte que, s'il ne répondait pas aux questions, c'est qu'il n'avait pas la force de parler*.
V. Le 22 septembre 1880, le fîls d'une névropathe, Gauber, âgé de onze ans, qui depuis quelque temps donnait des signes de surémotivité, est menacé d'une correction par son père. « Il fut saisi d'une grande peur, se sauva par crainte et fut plus tard ramené k la maison, tout confus et bouleversé. Il n^était plus le môme à l*école et ne comprenait plus rien aux leçons du professeur. Dans cet état, il reçut, le 25, de l'homme de la maison, quelques vigoureux soufflets. Il devint alors stupide, paralysé par la peur ; il avait toujours le regard vague et fixé devant lui. Le 26, quand il est reçu à la clinique, le malade est tout troublé et ne parle pas. Il se débat contre tout examen, la bouche fermée. Il n'a pas de fièvre. Le pouls, à 60, est très petit ^. »
L'observation suivante a trait à une mystique :
VI. Le 7 juillet 1842, une religieuse novice, âgée de trente ans, R., a une contrariété assez vive. Ses règles, qui avaient paru depuis le matin, sont brusquement supprimées. Elle « se rend à la campagne le jour même, mais très souffrante de la tête, très abattue.
1. Dagonet. De la stupeur dans les maladiei mentaleê. Annales médicopsychologiques, 1872, 5' série, t. VII.
2. Sauze. De la slupidité. Thèse de Paris, 1852. 81 KrafTt-Ebing.
« Arrivée, elle reconnaît à peine les lieux qu'elle a habités, les objets qu'elle a rangés elle-même. Elle est toute étourdie. Dans la nuit, malaise, insomnie, vomissements. Le lendemain, délire. La malade se lève, mais elle ne sait plus où elle est ; elle n*a qu'incomplètement conscience de ce qui l'entoure. Elle sort sans prévenir personne, marche sans savoir où elle va, sans remarquer aucun des objets qu'elle rencontre. »
Conduite à l'hôpital Saint-Antoine, « elle y reste trois jours dans un état complet de stupeur, ne répondant à aucune question» refusant de manger, ne reconnaissant plus les sœurs » avec lesquelles elle avait été antérieurement en relation. Elle « est debout immobile, écrit Baillarger; sa physionomie offre un mélange d'hébétude et de tristesse ; les yeux sont largement ouverts et souvent fixes. J'essaie en vain d'obtenir quelques mots. On dirait que la malade ne m'entend pas ou ne comprend pas mes questions. »
i3 juillet. « Ce matin, M. Mitivié obtient quelques réponses, mais brèves, décousues et souvent interrompues par des intervalles de silence. Si on cesse d'interroger Mlle R..., elle retombe dans son calme apathique, ses yeux s'arrêtent tantôt sur un point, tantôt sur un autre; alors il lui arrive de prononcer un mot qui n'a aucun rapport avec ce qu'on lui a dit. Elle semble être dans un état de rêve K »
Ainsi nous apparatt leschou bar-Iossef à la fin de son jugement et pendant son exécution.
1. Baillarger. Recherches sur les maladies mentales, Massoni 1890, pp. 99-101.
Voir aussi sur la stupeur : Chaslin. La confusion mentale primitive, Paris, Asselin et Houzoau, 1895.