L'EXÉCUTION
La flagellation.
Eq se réservant le droit de glaive, le gouvernement romain s'était réservé, non seulement la ratiflcation, mais aussi l'exécution des sentences de mort. Le jugement du procurateur une fois proclamé, leschou bar-Iossef n'appartenait plus au grand sanhédrin.
Les fauteurs de sédition devaient être exécutés aussitôt après la sentence. D'autre part, le crucifiement devait être précédé de la flagellation.
leschou bar-lossef fut conduit à l'endroit du Lithostroton où Ton subissait ce supplice. Les queslionarii le dépouillèrent de ses vêtements, lui voilèrent la face, et lui attachèrent les mains à l'anneau de la colonne. Puis, sur l'ordre du centurion de service : « /, lictort» Tun d^eux, debout derrière le condamné, sur un degré de pierre, 8t tournoyer le martinet de scorpions et de plombeaux.
Les outrages.
Il y avait, dans les cachots de la forteresse, deux autres condamnés, deux brigands, à mettre en croix. On choisissait, pour procéder à ces exécutions, l'époque du grand pèlerinage, vieille coutume indigène que les envahisseurs avaient eu soin de respecter. Rome voulait que les Juifs emportassent au fond de leurs provinces, avec le souvenir des splendeurs du temple, de la puissance de David et de la magnificence de Schélomo, la vision des kana'im crucifiés.
En attendant que les commentarienses (greffiers de Técrou) les eussent portés sortante sur leura registres, que les stratores (geôliers) les eussent tirés de leurs cachots, que les speculaloreSy aidés des optiones (valets de bourreau), eussent préparé les croix, le vase de vinaigre, Téponge et Taspersoir, et que la centurie d'escorte eût revêtu la tenue de campagne, les mercenaires syriens et iduméens s'amusèrent du « Roi des Juifs » :
« Les soldais (« du gouverneur^ ») remmenèrent à r intérieur de la cour, c'est-à-dire dans le prétoire (dans le patio du palais) et y appelèrent toute la cohorte^. »
Lors de la reprise de Tinterrogatoire, les licteurs d'audience avaient enlevé au mégalothéomane le manteau d'Hérodës. On le lui remit et on compléta le déguisement :
« Ils vêtirent de pourpre leschou, le coiffèrent d'une
1. Évangile êelon Lévi dit Mailhia^ XXVU. 3. Évangile selon lohanam (fi*/ Markos, XV.
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mitre (Tépinea ^ (on croit qu'elle était faite de branches de jujubier tirées de quelque fagot et reliées entre elles avec des fragments de jonc empruntés à la litière des chevaux) qu'Us avaient tressée », lui glissèrent, en manière de sceptre, « un roseau dans la main droite^ i^ « et se mirent à V acclamer de ce$ mots :
« Saluty Roi des Juifs I » (C'est le Ave% Cé»arl) Et ils le frappaient à la tête avec un roseau (« lui donnaient des soufflets^ ») et crachaient sur lui; et même, fléchissant les genoux, ils lui faisaient la révérence.
Après s'en être joué ^ ils le dévêtirent de r habit de pourpre y lui remirent ses vêlements ^el (lorsque !e centurion d*escorte eut donné Tordre: « / lictor^ expedi crucem! ») le conduisirent dehors (« hors de la ville ^ ») pour le crucifier ^. »
La marche au supplice.
Le cadavre était à la fois, aux yeux des Juifs, une cause d^infeotion et une cause de souillure rituelle. Aussi, chez eux, les lieux d'exécution étaient-«ils situés hors des villes.
1. axavOivoy (jii9ayov, La couronne des priqcds orientaux rappelait le turban. Ce n'était pas un bandeau, mais une mitre, analogue à celle que portent le pape et les évéques*
On lit dans V Évangile de Schiméôn bar-Ionç, :
« Ils le piquaient avec le roseau, et ils le poussaient devant eux en courant et en criant : n Balayons le Fils d*ËloSini, puisque nous Tavons en notre pouvoir! »
Le Toldos leschou confond cette scène avec le simulacre de la laplda>
tion : « Et le» liages (le9 membres du grand sanhédriri). ^yapt emmené
. leschou, le firent attacher à une colonne de marbre et le Hrent flageller
en distint : « Où sont maintenant les prodiges que tu accomplissais ? »
Et on fit, avec des épines, une couronne qu'on lui plaça sur la tête ».