‹ La folie de Jésus (volume 3)Chapitre 406 sur 410 · D'après les Acles de Pilalus^ on y apposa sept sceaux · texte numérisé non relu

D'après les Acles de Pilalus^ on y apposa sept sceaux

l'anéantissement du cadavre 525

avaient fait disparaître le cadavre de Mosché, de peur que sa tombe ne devînt un lieu de pèlerinage.

Mais le désembaumement du cadavre et son enlj^vement ne pouvaient être exécutés que par des Juifs. Les mercenaires n'eussent point procédé à la première opération avec tout ce soin nécessaire. Quant à la seconde, il fallait que les ieschouiles ignorassent où le cadavre du Fils de l'Homme avait été transporté, et l'on ne pouvait confier à des goïm un secret de cette importance. Enfin il est peu probable que des soldais, même des mercenaires syriens ou iduméens, eussent consenti à se charger, au vu et au su de leurs camarades, de ces travaux répugnants.

Or, il était absolument interdit aux Juifs de rien faire et de rien transporter le jour du Schabbath. 11 fallait donc attendre le samedi soir, six heures ; il fallait que le sépulcre fût gardé à vue jusqu'à cette heure-là, ou tout au moins jusqu'au milieu de la nuit, afin qu'on pût profiter, pour enlever le cadavre, du sommeil des ieschouites.

Dans tous les cas, la complicité des mercenaires étaient indispensable.

Comme il avait acheté Ichouda bar-Schimcôn, le grand sanhédrin acheta la décurie ^

Ces asiatiques, sachant combien leur procurateur, leur préfet de cohorte et leurs centurions se souciaient peu des affaires religieuses des Juifs, ne résistèrent point à l'otTre de quelques schekels.Ils laissèrent les juges de service briser les scellés du sépulcre, et les copiâtes des hautes œuvres sanhédrinales dérouler les bandelettes qui enveloppaient le cadavre. Lorsque ceux-ci eurent achevé leur travail, les mercenaires quittèrent le sépulcre et se dirigèrent vers la forteresse Antonia.

1. D'après Y Évangile des Hébreux^ le cohen ha gadoi adjoignit aux mercenaires de garde quelques-uns de ses domestiques et, d'après les Acles de Pilatus, plusieurs zékénim restèrent auprès du tombeau.

Ouelques-uns prirent les devants, pour aller prévenir le grand sanhédrin, réuni en prévision d'une bagarre, que tout s'était bien passé et pour recevoir la somme promise.

Cependant, les copiâtes faisaient disparaître le corps du mésilh^ La chose dut se faire le dimanche 9 avril, entre minuit et deux heures du matin.

Après quoi, le grand sanhédrin fit répandre le bruit que le cadavre avait été enlevé par les disciples du Nazaréen.

« Des gens de la garde se rendirent à la ville pour annoncer aux chefs des cohanim ce qui était advenu ^. »

Ce qui était advenu, pour Tévangeliste, c'était la résurrection du Maschiah pendant le sommeil des mercenaires.

Les chefs des cohanim « se réunirent avec les zékénim (le grand sanhédrin se réunit) «/, après en avoir délibéré^ donnèrent aux soldats une bonne somme d'argent^ leur disant :

« Déclarez que ses disciples sont venus Venlever pendant que vous dormiez. Et, si le gouverneur a connaissance du fait^ nous le lui persuaderons et vous mettrons hors de peine. Ceux-ci y prenant V argent ^ firent comme on leur avait enseigné, si bien que cette explication s'est répandue parmi les Juifs jusqu'aujourd'hui ^. »

Or le grand sanhédrin n'avait aucune raison de donner de l'argent aux mercenaires de garde et de les rassurer sur la violation de leur consigne, s'il n'avait joué aucun rôle dans la disparition du cadavre.

D'ailleurs la suite du récit prouvera à l'évidence que

1. D'après V Évangile des douze apôtres, il fut jeté dans le puits du jardin.

S. Évangile selon Lévi dit Matihia, XXVIII. 3. Évangile selon Uvl dit Malthla, XXVIII.

l'anéantispement du cadavbe 827

les ieschouites n'étaient pour rien dans cette disparition ^ Le dimanche matin (9 avril), à la pointe du jour, la mère de leschou bar-Iossef et Miriam la Magdalaenne se rendirent au sépulcre.

« Regardant^ elles virent que la pierre était roulée, car celle-ci était extrêmement grande. Entrées dans le caveau, elles aperçurent un Jeune homme *-^, assis à droite, vêtu d'une robe blanche'^, ce dont elles furent épouvantées. Mais il leur dit :

« Ne vous effrayez point. Vous cherchez leschou le Nazaréen, qui a été crucifié; il est ressuscité, il n'est point ici : voici le lieu où on t avait mis. Mais allez dire à ses disciples et à La Pierre : « // vous précède en Galilœa ; là « vous le verrez, comme il vous Va promis*. »

Ce jeune homme en robe blanche était probablement un lévite chargé de raconter cette histoire aux braves ieschouites, afln qu'ils quittassent au plus tôt Hiérusalem et retournassent dans leur pays.

La Magdalaenne « courut vers Schiméôn La Pierre et vers Vautre disciple que leschou chérissait, et leur dit :

« On a du sépulcre enlevé le Seigneur, et nous ne savons où on Va déposé 1 »

La Pierre prit son chemin et Vautre disciple vers le tombeau; mais Vautre disciple, courant plus vite ^, arriva le premier au tombeau et, s*étant baissé, aperçut des linges à terre, mais n entra point.

1. Ernest Renan, Albert Réville et Alfred Loisy ont également émis l'hypothèse que le cadavre de leschou bar-Iossef avait été enlevé par les Juifs.

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