‹ La folie de JésusChapitre 129 sur 171 · Spartianus. Vie d'Hadrianus · texte numérisé non relu

Spartianus. Vie d'Hadrianus

2. Après l’extrêéme-onction, il dit qu’on lui avait graissé ses bottes pour le grand voyage, il équivoqua sur son froc de bénédictin qu'on lui avait fait revêtir: Beali qui moriuntur in Domino, ct dicta ce testament : « Je n'ai rien de vaillant, je dois beaucoup, je donne le reste aux pauvres.» Enfin, au moment d'expirer, il s’écria: « Tirez le rideau, la farce est jouée, » (Le Bibliophile Jacob).

C'est Lavoisier, condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, qui ne demande qu’un répit de quelques jours pour terminer des expériences qui doivent profiter à l’humanité.

C’est le botaniste Haller, l’auteur de la Flore de Suisse, qui se tâte le pouls en disant paisiblement: « L'artère bat. L’artère bat encore. L’artère ne bat plus. »

C'est la fin magnifique de notre grand Trousseau.

Le docteur Trousseau fut emporté par un canter de l'estomac dont il avait lui-même prévu exactement l'issue. Trois jours avant de mourir, il fit son testament et alla à l'administration des pompes funèbres commander ses funérailles, puis au cimetière du Père-Lachaise choisir le terrain où 1l devait reposer. Ces mesures prises, il rentra chez lui, se coucha et attendit froidement la mort.

Sila mort pouvait avoir quelque chose de divin, c'est à ces trois savants, Lavoisier, Haller et Trousseau, et non à Ieschou bar-lossef qu'il faudrait demander un exemple de mort divine.

Le supplice de la croix était employé dans l'Inde, en Perse, en Assyrie, en Egypte, en Judæa.

Aux yeux des romains, c'était un supplice ignominieux et servile qu'on appliquait aux esclaves mutinés, fugitifs ou coupables d’une grave désobéis-

sance, aux brigands, aux rebelles et aux émeutiers!, «< le plus cruel, dit Cicero, et le plus hideux des supplices?. »

Ce n’est pas que les plaies des mains et des pieds fussent graves par elles-mêmes. Les clous, après avoir déchiré les vaisseaux, les obstruaient et l’hémorragie était peu considérable. Mais,en raison de la richesse du plexus nerveux des extrémités, ces plaies étaient extrêmement douloureuses.

D'autant que, malgré lui, le crucifié tirait et s’appuyait sur ses clous. À la vérité, il était soutenu par le billot intererural et il s’efforçait sans doute, au début de la crucifixion, de faire porter sur son périnée, bientôt horriblement talé, tout le poids de son corps; il s’efforçait aussi de maintenir ses bras levés et ses jambes pliées par le seul effort des muscles. Mais cet effort ne pouvait être de longue durée; bientôt les muscles se relâchaient. Alors les clous des mains supportaient seuls le poids des membres supérieurs et en partie celui du tronc, les clous des pieds en partie le poids des membres inférieurs.

En même temps les plaies, celles de la fustigation et celles du crucifiement, s’infectaient, s’enflammaient, devenaient plus douloureuses encore. Les mouches, toujours nombreuses au voisinage

1. Winer. Dictionnaire pratique de la Bible au mot Crucifiement.

Flavius Iossef. Guerres des Juifs, X1, X1, 1.— Antiquilés judaiques, XVII, x, 10.

Alexandrus Severus, 23.

Florus, II, 11.

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