Grisolle. De la pneumonie
De plus, soit en parésiant les muscles du tube digestif, soit en déterminant la constriction des vaisseaux qui l’irriguent,les émotions tristes provoquent souvent des dyspepsies durables avec anorexie (hypochlorhydrie des neurasthéniques, dyspepsie des mélancoliques). Elles provoquent aussi un ralentissement de l’assimilation et l’abaissement de la température du corps, phénomène que j'attribue à ce que toutes les cellules de l’organisme sont innervées et même, dans une certaine mesure, contractiles.
De ces manières (ralentissement de la respiration, vaso-constriction avec hypodiapédèse et hypophagocytose, troubles digestifs, ralentissement de l’assimilation) les émotions tristes facilitent l’éclosion de la tuberculose.
Déjà, au xvni° siècle et dans la première moitié du x1x°, Morgagni ‘, Brieude *, Bernardeau *, Garimond * signalaient le fait. « Parmi les causes occasionnelles de la phtisie, dit Laënnec, je n’en connais pas de plus certaines que les passions tristes, surtout quand elles sont profondes et de longue durée”. »
« Quand, dans l’armée, un jeune soldat devient nostalgique, écrit Colin, l’imminence morbide se borne pour lui à deux affections : la fièvre typhoïde et la pthisie pulmonaire *. »