V. — L'évangile selon Matthias (Matthieu
L'évangile selon Matthias résulte de la combinaison des éléments suivants :
4° Le Proto:Marc ;
2° Une version grecque et, selon Richard-Simon, fautive des logia de l’apôire Matthias artificiellement fragmentés ;
3° Des documents consistant en légendes analogues à nos hagiographies.
Mais alors que, dans l’évangile selon Markos, le Proto-Marc tient la première place, l'évangile
selon Matthias a surtout emprunté aux logia et à la tradition.
1. J.-M.-S. Baljon. Commentaire sur l'évangile de Matthias. Groningen 1900.
Il fut écrit en grec, vers l’an 70, par un juif chrétien connaissant bien l’ancien Testament et la langue hébraïque pour ses coreligionnaires de Syria dont la plupart ne parlaient que cette langue.
Il rappelle singulièrement les exégèses puériles et arbitraires, les agadas juives du temps.
L'auteur interprète, exagère, altère et supprime.
Il éprouve le besoin d’expliquer pourquoi leschou bar-lossef, qu’il juge supérieur à Iohanan le Baptiseur (Jean-Baptiste), vient pourtant lui demander son baptême.
Là où l’évangéliste selon Markos parle d’un malade guéri, il en signale deux. Là où Markos dit « beaucoup », il dit « tous ».
De la fille endormie de Naïm il fait une morte . Le vin myrrhé, offert au crucifié par un soldat charitable, se transforme chez lui en un mélange de vinaigre et de fiel. Il s'arrange de façon à nous laisser ignorer qu'Ieschou avait exercé le métier de son père.
Le mot du nazaréen dans l’évangile selon Markos. « Pourquoi m’appelles-tu bon, personne n’est bon que Dieu? » est modifié dans un sens favorable au prétendu Meschiach et devient:« Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon? Il n’y a qu’un seul bon. »
Le cri farouche des ébionim : « Heureux les pauvres! »* devient chez lui : « Heureux les pauvres en esprit! »*. « Ceux qui ont faim » deviennent « les affamés de justice ».
Il supprime le passage où l’évangéliste selon