‹ La folie de JésusChapitre 41 sur 171 · Edmond Stapfer, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Edmond Stapfer, loc. cit., p

le peuple accourait en foule pour le sacrifice d’actions de grâce.

Le lendemain, 15 nisân, était le grand jour de la fête ; ce jour-là, il était interdit de travailler.

Le 16 nisân, on allait en procession solennelle couper la première gerbe et on l’apportait au temple suivant les rites prescrits. (C'est l’origine de nos rogations.)

Pendant les sept jours que durait la paskh4, on ne devait manger que du pain azyme, c’est-à-dire du pain sans levain (origine de nos hosties), parce que la fermentation était, aux yeux des juifs, un commencement de corruption et qu'il importait de rester pur pendant la paskh4.

Le septième jour, il était encore interdit de travailler. :

On voit que, pour les nazaréens, le pèlerinage de la paskhâ exigeait un chômage de quinze jours. Pour pouvoir le faire, il fallait donc disposer d'une certaine aisance. Ce devait. être le cas d'Iossef qui, 81 l’on en juge par l'expression dont se servent les évangélistes pour désigner Ieschou « le fils du charpentier », devait être le seul charpentier de Nazareth.

L'un de ces pèlerinages fut l’occasion d’un incident qui nous permet d’inférer qu’Iossef et Miryam avaient de l'affection pour leur fils Ieschou.

« Or son père et sa mère se rendaient tous les ans à Hiérusalem pour la pâque. Quand il eut atteint l’âge de douze ans, ils y montèrent selon la coutume de la fête ; mais, la semaine achevée, lorsqu'ils s'en retournèrent, le jeune leschou, à leur insu, demeura

dans Hiérusalem. Eux, pensant qu’il était en leur compagaie, cheminèrent une journée (allant ainsi jusqu’à Hiérichus et peut-être plus loin) ; ils le cherchèrent parmi leurs parents et connaissances et, ne le voyant pas, revinrent à la ville pour le chercher. Au bout de trois jours, ils le trouvèrent au temple assis parmi les docteurs ‘. »

Il s’agit d'une de ces impulsions ambulatoires si fréquentes chez les dégénérés mentaux surtout à l’époque de la puberté.

« Et quand ses parents le virent, 1/s s’étonnèrent ?, et sa mère lui dit :

— Enfant, pourquoi en avoir ainsi usé avec nous? Ton père et moi en grand’peine te cherchions.

— Pourquoi me cherchiez-vous? répondit-il, ne savez-vous pas que je dois être occupé des choses de mon Père ? »

Mais ils ne comprirent pas tout ce que l'enfant leur disait *.»

Remarquons en passant que cette incompréhension d'Iossef et de Miryam ruine complètement — est-il besoin de le dire? — la légende de l’annonciation, d’après laquelle un ange serait venu annoncer à Miryam qu'elle allait mettre au monde le Fils de Dieu, ainsi que celles de l’adoration des mages ou des bergers. Ces légendes, qui constituent la préface de

1. Évangile selon Lucanus, 1. Traduction Ledrain. 2. cena yro2v.

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