Évangile selon Iohanan, I
2. René Maluski. Les rapports de Jésus avec sa famille durant son ministère public, Paris, 1898,
bourgeois à l'égard de leur « fieu »), lui aurait naï-°
vement demandé, voyant que les convives manquaient de vin, de leur en procurer par miracle.
La chose n’a rien d’invraisemblable, [eschou en effet la rabroue, comme il rabrouera plus tard ceux qui réclameront de lui le « signe du ciel » annonciateur du Meschiach et d'une façon générale des miracles autres que les seuls possibles c’est-à-dire des guérisons d’affections nerveuses.
Quoi qu’il en soit, il est certain que c’est dans un fait de ce genre, mal rapporté par les évangélistes primitifs, mal interprété par les évangélistes secondaires, qu’il faut voir l’origine de ce fameux miracle de Cana dont Paolo Cagliari de Verone (Paul Véronèse) a fait une légende immortelle. |
Le mot : « Qu’y a-t-il, femme, entre toi et moi? » est à rapprocher du mot de Capharnaum : « Qui est ma mère et qui sont mes frères? » Comme beaucoup de dégénérés, [eschou n'avait pas le sentiment de la famille. |
Son indifférence à l’égard de sa mère eut pour résultat de placer la pauvre paysanne au dernier rang dans sa suite. Elle se perdra dans la foule des pévropathes guéris et des adorateurs ; les disciples ne feront guère attention à elle; on l’oubliera, on oubliera qu'Ieschou est le fils de Miryam; elle ne sera plus que la mère d’Iaäkob et d'lossef, frères du thaumaturge, et lui-même ne sera plus que le fils de Dieu.
Combien de fois n’avons-nous point vu recommencer cette histoire ? Combien de saints, de papes et de prélats oublièrent la villageoise en cotte de bure
qui moucha leurs jeunes années ! Combien aussi de néoprophètes et de jeunes dieux, à jamais déracinés et volontiers orphelins, promènent dans les salons à la mode l’orgueil de leur chevelure, cependan
que, sous le chaume berrichon ou franc-comtois, Jacques Bonhomme, lisant la gazette à la lueur d’une chandelle, dit à sa bourgeoise en clignant des yeux: « Celui-là n'est-il pas le gars du charpentier ? » Plaignons les mères de famille qui donnent leschou comme exemple à leurs fils!
L’ingratitude des enfants ne saurait entamer l’affection des mères. Miryam n’abandonna pas -le Messchiach au cours de sa vie errante ; elle partagea, dans l’ombre où il la reléguaïit, ses joies, ses craintes et ses douleurs. .
Elle l’accompagna encore à Capharnaum.
« Après, cela, dit l’évangéliste selon Iohanan, il descendit à Capharnaum, lui, sa mère, ses frères et ses disciples, et y séjourna peu de jours, car la pâque des juifs était proche, et il monta à Hiérusalem *. >»
Enfin, repoussée à l’heure du triomphe, nous la retrouvons au pied de la croix.
« Près de la croix d’'Ieschou se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Miryam Khalipaï (Cleopas), et Miryam la Magdalaenne. Ieschou, voyant là présents sa mère et le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voilà ton fils »; puis il dit au dis-