‹ La folie de JésusChapitre 51 sur 171 · Évangile selon Iohanan, XIX · texte numérisé non relu

Évangile selon Iohanan, XIX

eux. Seulement, pour ne pas heurter le dogme de la filiation divine, au lieu d’écrire « Miryam, mère d leschou »,ilsécrivent « Miryam, mère d’laëkob et d’lossef », deux frères d’Ieschou.

C'est que, au moment où les évangiles primitifs dont ils s’inspirèrent rapportèrent le fait, la légende

de la fécondation de Miryam par le Saint-Esprit

n’était pas encore née. On évitait donc, autant que possible, de désigner Jeschou comme lefils d’Iossef ou de Miryam. Il n’était plus Zeschou bar-lossef ou Teschou bar-Miryam; il était Zeschou bar-lahvé, le fils d’lahvé, le fils de Dieu..Inversement Miryam n’était plus la mère d'leschou ; elle était la mère de tel ou tel de ses frères ou de ses. sœurs, par exemple la mère d’laäkob et d’losséf.

L'évangéliste selon Markos s'exprime ainsi :

« Il y avait aussi des femmes regardant de loin, parmi lesquelles Miryam la Magdalaenne, Miryam, mère d'Iaäkob le Petit et d'Iossef (c'est la mère d’Ieschou) et Salomé; celles-ci, dès la Galilæa, avaient suivi leschou et l’avaient servi ‘. »

« Il y avait là aussi, dit de son côté l’évangéliste selon Matthias, plusieurs femmes regardant de loin, lesquelles avaient suivi leschou depuis la Galilæa, tout en le servant ; parmi elles, Miryam la Magdalaenne, Mirvam, mère d’Iaakob et d’lossef (c’est la mère d’Ieschou), ainsi que la mère des fils de Zebadya (Zébédée) ?. »

1. Évangile selon Markos, XV. L'évangile des douze apôtres signale également la présence de Miryam au pied de la croix.

2. Évangile selon Matthias, XXVII. L'un des fils de Zebadya était précisément Iohanan l'évangéliste.

Il résulte de ces passages que Miryam avait accompagné son fils dans son dernier voyage à Hiérusalem et avait pris soin de lui pendant la route.

Si l’on veut que la mère d’laäkob et d'Iossef ne soit pas la mère d’Ieschou, on est obligé d'admettre, en compulsant les quatre évangiles canoniques :

En premier lieu qu’il y avait quatre femmes du nom de Miryam au pied de la croix, savoir :

Miryam, mère d'Ieschou, d'Iaäkob et d’lossef ;

Miryäm, mère d'Iaäkob et d'Iossef ;

Miryam Khalipaï ;

Miryam de Magdala.

En second lieu que deux de ces Miryam avaient chacune deux enfants portant les mêmes noms, laäkob et Iossef,et que les évangélistes n’ont pas songé à distinguer la seconde de la première en la désignant par le nom de son mari.

En troisième lieu que les évangélistes selon Markos et Matthias ont passé sous silence la présence de la mère d’Ieschou au pied de la croix.

Tout cela est invraisemblable.

On a essayé de tourner la difficulté en accusant de mensonge l’évangéliste Iohanan.

On a supposé que le disciple aimé auquel cet évangéliste fait allusion était Iohanan lui-même, et que celui-ci avait inventé l’anecdote pour se rehausser aux yéux des premiers chrétiens.

Je crois peu à ces mensonges intéressés chez des hommes que la passion religieuse domine. La passion religieuse se trompe ; elle ne ment pas. Au surplus, que lé propos prêté à Ieschou ait été forgé de toutes pièces, cela n'implique nullement l’ab-

sence de Miryam pendant le supplice de son fils.

À cela on a répondu que les disciplesne l’eussent pas laissée assister à cet affreux spectacle.

Une pareille sensibilité n’est guère dans les mœurs antiques. D'ailleurs, d’après Markos, les femmes n'étaient pas au pied de la croix; elles regardaient < de loin ». Sans doute elles ne s’en approchèrent qu'un instant, et c'est alors qu'ieschou prononça la phrase qui nous est rapportée par l’évangéliste selon Iohanan. |

Au surplus et puisqu'on veut se placer sur le terrain psychologique, Miryam qui, suivant son habitude, se trouvait à Hiérusalem pour la paskh4, ainsi que l’atteste — nous le verrons plus loin — l’auteur des Actes des apôtres, eût-elle consenti à ne point assister, si douloureux pour elle que fût ce spectacle, aux derniers moments du fils qu’elle aimait ? Je ne puis le concevoir.

En tout cas elle n’eût pas abandonné le corps de son enfant après le supplice; et en effet elle ne l’abandonna pas.

« Miryam la Magdalaenne, dit l’évangéliste selon Markos, et Miryam, mère d’lossef (c’est la mère d’Ieschou), regardèrent où on le mit ‘. »

« Après le sabbat, dit l'évangéliste selon Matthias, à la pointe du premier jour de la semaine, vinrent Miryam la Magdalaenne et l’autre Miryam (c’est la mère d'Ieschou) visiter le tombeau". »

L’évangéliste selon Markoscontinue en ces termes :

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