Dupain. Étude clinique sur le délire religieux
Il est assez fréquent qu’une mère dévote engendre des fous mystiques.
Voici quelques observations de ce fait empruntées à la thèse de Dupain.
Le sujet qui fait l’objet de la première (obs. XVI) avait une mère très religieuse; toute la vie de celleci avait été remplie par des préoccupations de cette nature. Dans ses lettres, elle prenait pour thème un sujet de l’Écriture et chantait en vers brülants d'amour la gloire du Christ et les bienfaits de la religion chrétienne. Elle avait sept sœurs mystiques, dont l’une passait tout son temps à l’église. Quant au père du malade, il allait deux fois par jour à l’église et rompit avec tous ses amis pour mener la vie dévote,
Le sujet qui fait l’objet de la seconde observation (obs. XXI) était fils d’une mystique qui déclamait sur Dieu et avait elle-même un frère et une sœur mystiques.
La mère du troisième sujet (obs. XXXI) était d'une piété exagérée et voulait se faire religieuse. Son mari était alcoolique.
La mère du quatrième sujet (obs. LIT) était également d’une piété exagérée et avait épousé un buveur d’absinthe.
Enfin la mère du cinquième sujet (obs. CXXXIV)
était très dévote et se plaisait dans la fréquentation des gens d'église.
Dans les cas de ce genre, le père ou Ja mère dévote agit sur le produit de deux manières ; en lui transmettant son organisation cérébrale et en le soumettant, dès le jeune âge, à des suggestions religieuses répétées.
S'il est vrai que les frères d’Ieschou étaient plus nombreux que ses sœurs, il est probable que le premier-né d’lossef était un garçon.
En effet, d’après les statistiques d'Orchansky, dans les familles où il y a une majorité de mâles, le premier-né est ordinairement un mâle.
Si l’on s'en rapporte à l’énumération des frères et sœurs d’Ieschou faite par les auditeurs de la synagogue de Nazareth, ce premier-né serait laäkob, qui est le premier cité dans les Évangiles selon Markos et selon Matthias, où la phrase de ces auditeurs est rapportée.
Un fait ressort avec évidence de la lecture des évangiles, c’est que le nabi de Nazareth différait profondément de ses frères et sœurs.
Rien ne le prouve mieux que leur appréciation à son sujet ; il était pour eux « hors de sens » c’est-àdire fou.
Il est vrai que deux au moins d’entre eux, si l’on s'en rapporte à une phrase de Schaôul (Saint Paul)
citée plus haut, entrèrent, probablement après sa mort, dans la secte qu'il avait fondée, mais il est possible qu'ils le firent par intérêt, pour se faire entretenir par ses disciples. C’est un trait de mœurs très sémitique, très oriental. Le seul qui se montra passionnément convaincu fut [aäkob.
D'où nous sommes en droit de conclure qu’Iaäkob et leschou différaient notablement de leurs frères et de leurs sœurs.
Or cette dissemblance est un signe de dégénérescence qui a été signalé par Morel.
Sans doute les frères et les sœurs ne sont jamais identiques, ce que Félix Le Dantec a expliqué d’une manière fort ingénieuse. Cela tient à ce que les quantités absolues de substances mâle et femelle qui se mélangent pour former chacun d'eux ne sont jamais dans le même rapport, chaque géniteur ayant son patrimoine héréditaire déterminé, lequel peut, en neuf mois, varier d’une façon considérable, Suivant son âge et sa constitution relativement à l’autre conjoint lors de la conception, c’est tantôt le père tantôt la mère qui l'emporte dans la transmission des caractères.
Ainsi s’explique que deux frères d'âge différent se ressemblent toujours moins que deux frères nés à peu de temps de distance ou que deux jumeaux.
Les jumeaux même ne sont jamais absolument semblables l’un à l’autre.
.« Dans une portée de louveteaux enlevés à leur mère, dit Gall ‘, et tous élevés de la même façon,