‹ La folie devant les tribunauxChapitre 16 sur 62 · LI.Gr.. FOLIE · texte numérisé non relu

LI.Gr.. FOLIE

178 U FOLIE DEVAiST LES Tl'.ICLNAUX.

Madame de T..., épileplique depuis l'âge de quatorze ans. se marie à vingt-huit ans, en 1852. Son père, M. de K... fait insérer dans le contrat une clause par laquelle il est dit : Que la future épouse, vu son incommodité , sera maîtresse de prendre et de garder la domestique femelle ^ à son service, quelle désirera; laquelle sacltant quelle napas la tête à elle les premiers moments d'après son attaque, déclare par le présent acte que tous actes ou billets, signés par elle que loti pourrait présenter après son décès, seront nuls s'ils n'ont été signés par ses plus proches parents de son estoc.

A tout ce que dessiis, ledit futur époux promet tenir et exécuter, renonçant à toutes lois rendues ou à rendre à ce contraire.

.Le 6 janvier 1858, c'est-à-dire six ans après, madame de T... fait un testament par lequel elle lègue à son mari la pleine propriété de tous ses biens, meubles et immeubles, sauf certaines conditions.

Madame de T... succombe dans un accès d'épilepsie le 9 avril 1840, à l'âge de trente-sept ans, vingt mois après avoir fait ce testament.

Le testament fut attaqué par la famille de madame de T... et M. Dcvergie fut invité par elle à rechercher si madame de T... était saine d'esprit à la date du C janvier 1858, lorsqu'elle fit ce testament.

Après avoir rédigé un long et savant mémoire sur l'état de la question, notre distingué confrère a conclu, comme il suit:

1" Que les attaques réitérées et de plus en plus fréquentes d'épilepsie avaient porté une atteinte profonde à l'intelligence de madame de T...; que si cette dame n'était pas devenue idiote ou imbécile, elle était dans les derniers temps de sa vie, dans un état voisin de l'imbécillité;

2° Que cet afiaiblissement des facultés intellecluelles avait une origine antérieure au mariage;

3° Que le inoriage n'avait pas modifié l'épilepsie et n'avait pas plus heureusement modifié l'intelligence;

A" Qu'en 1837, c'est-à-dire à une époque antérieuic au testament, madame de T... élait sous l'influence de l'épilc psie la plus avancée ; que l'intelligence était singulièrement affaiblie, et que madame de T..., au dire de son père, en était arrivée à n'avoir plus la tète à elle;

5" Qu'enfin à la date du 6 janvier J858, madame de T... n'était pas saine d'esprit ainsi que l'entend la loi, et qu'elle n'élait pas apte à faire un testament.

Les tribunaux ont néanmoins confinné l'acte de dernière volonlé de madame de T...

Un connnissaire-priseur, âgé de quarante-quatre ans,liumme fort estimé et vivant dans l'aisance, devint tout à coup sombre, inquiet, soupçonneux, vitpartout des ennemis, crut ses jours menacés, sortit armé ou s'enferma soigneusement chez lui, perdit le sommeil et n'eut plus un instant de repos. L'image toujours présente de sa fin prochaine le détermina à faire son testament. « Je soussigné... écrit-il, dans la crainte de la mort, par suite des intrigues et des diatribes de toute espèce ourdies par mes frères, notannuenl les deux de Paris, aidés de l'hypocrite femme de celui qui est marié, et aussi sans doute de leur lâche et vil complice le notaire B..., et ce, à l'aide aussi des infâmes portiers de la maison que jliabife, de plusieurs de mes domestiques qu'ils ont gagnés, en y comprenant luème celle actuellement à mon service, quoique n'y étant que depuis fort peu de temps, d'autres complices, en me faisant espionner par eux, en iiUerceptant et faisant intercepter mes lettres, étant même parvenu jusqu'à gagner les facteurs de !a poste aux lettres, par lesquels, depuis trois mois, je me fais remettre

180 LA FOLIE DEVANT LES TlilDUNAUX.

mes lettres; m'an-ivant comme précédemment après avoir été décachetées, intrigues et diatribes qui ont eu lieu à l'occasion de mes trop justes plaintes et récriminations que j'ai reconnu trop tard avoir existé entre les membres de ma famille et leurs vils complices, au sujet de l'acte de démission des biens consenti par mes père et mère...

« Ai fait mon testament. » (Suivent vingt-trois dispositions: son notaire C... hérite d'une montre et d'une chaîne en or; son ami D... d'une cuiller à ragoût; sa tante E... d'une armoire en acajou; M. F... d'un carrick ; M. II... de deux vases; M. J.., pharmacien, de toutes les bouteilles vides, etc.)

« Je déclare, ajoute-t-il, attribuer ma mort à mes frères, et notamment à M. Y... et à sa méchante femme, aidée de son tartufe d'oncle X..., mes ennemis et espions acharnés. A l'appui de ce que j'avance, je déclare que le iO septembre dernier, à neuf heures du matin, il s'est présenté chez moi un homme de fort mauvaise mine, ayant les yeu\ hagards et paraissant avoir des armes sur lui, » etc., etc.

Ce testament est daté du 15 oclobro 1829. Le 19 décembre suivant et le 5 janvier 1850, plusieuis codicilles révoquèrent certains legs, et le 10 janvier 1850 il se suicida, et l'on trouva près de son cadavre la lettre que voici :

« Ne pouvant plus tenir aux persécutions de toute espèce que je n'endure que depuis trop longtemps^ et que, d'après de nouvelles preuves que j'ai acquises depuis trois jours que je suis à J..., j'attribue à mes frères et sœurs et beaux-frères, à mes belles-sœurs, à mes confrères, mes jaloux de métier, ou à ma domestique, au père D..., gagné par eux, à mon tartufe d'oncle X... et à la femme de mon frère, chefs de la diatribe dirigée contre moi pour arriver à ma destruction, ainsi que M. X... ne l'a que trop demandé dans la lettre anonyme qu'il m'a adressée le k octobre dernier, écrite par lui d'accord avec mes frères et sœurs ; aux domestiques de madame... et copiste à mon cousin... qui les a chargés de m' espionner ; aux domestiques de mon père et à la dame de. . .

« Je me suis déterminé, pour éviter de toniljer sous les coups de ces ennemis acliarné.s, à me dojuier la mort.

«. J'oubliais d'indiquer comme un de mes principaux ennemis M. J..., l'un des chefs de l'intrigue, ayant gagné le commissaire de police, et l'avoir chargé de surveiller ma domestique et d'autres propriétaires qui ne l'ont que trop bien... » (Le reste est illisible.)

Cette pièce est datée et signée.

Esquirol fut consulté ' par la famille du testateur, qui se trouvait dépouillée d'une fortune assez considérable, et l'éminent médecin en chef de Charenton n'eut point de peine à déclarer que le testament était empreint de folie.

M. Casimir G..., officier eu retraite et propriétaire à Issengeaux, âgé de soixante-deux ans, fit en mars 1846 un testament par lequel, déshéritant son frère aine et son neveu, il institua sa domestique pour légataire universelle, et légua une rente viagère de cinq cents francs à l'un de ses frères, sourd-muet, domicilié à Paris. 11 fit, en outre, divers dons d'une minime importance notamment à l;i fabrique de l'église d'Issengeaux, aux pauvres de la ville, etc. Il mourut, le 8 juilleti846,dessuitesd'une résorption purulente déterminée par une grave lésion des voies urinaires, mais après avoir présenté à une époque antérieure au testament une disposition à la somnolence, de l'incertitude dans la marche, un peu d'embarras de la parole, une légère agitation des muscles de la face, de la gêne dans les mouvements de la tête, du tremblement dans les mains, l'intelhgence paraissant d'ailleurs intacte et la volonté restant saine, au dire des médecins traitants, MM. Allemand et Chardon.

M. le docteur Parchappe, inspecteur général des établissements d'aUénés et du service sanitaire des prisons, fut invité à

* Voy, Ann. d'hijg. pitbl. et de méd. lùj. t. V. p. 570.

182 LA rOLIE DEVAM LES TRIBUNAUX.

donner son avis sur la question de savoir si M. Casimir G.., était, à l'époque où il a l'ait son testanieiit, dans un état de démence entraînant l'incapacité de manifester librement et intelligemment sa volonté.

M. Parchappe prit connaissance du testament, du jugement du tribunal civil d'issengeaux admettant les héritiers de M. G... à prouver les faits allégués contre la validité de l'acte de dernière volonté, du rapport médical sur les dernières maladies du testateur, des procès -verbaux de l'enquête et delà contre-enquête renfermant un total de cent-quarante dépositions, du certificat de notoriété l'olatii'à l'embarras de la parole et à l'incertitude de la marche che-c M. G..., et se posa à lui-même les deux queslions suivantes :

1" Quelle était la nature de la maladie dont M. G... se trouvait atteint au moment où il a fait son testament?

2" Quel était, au moment du testament, l'élat des facultés intellectuelles de M. G... ?

Après une lumineuse et très-longue discussion de tous les faits, iM. Parchappe conclut à Tintégrité de la raison chez le testateur.

Le testament fut confirmé '.

iNous voici arrivé à la lelalion d'une affaire médico-légale qui, par le nom et la posilion scienlifique des médecins qui furent consultés et aussi par rinléi'èt qui s'attache à un établissement aussi recomuiandable que rhos})ice des Quinze- Vingts, pi'uduisit une certaine sensation, il y a quelqnes années. Nous résumons le procès : M. Pierre M..., propriétaire, deineulant à Paris, fait, le '25 juin 1848, un lestamenl dans lequel on lit ces passages :

« Je lègue et assure la propriété pleine et euliére de tous • Extrait de documenls inédits coiiiinuiiiqués par M. Parcliappe.

mes biens, meubles et immeubles, enfin tout ce que je laisserai et qui m'appartiendra au moment de mon décès, moitié à riiospice des aveugles des Quinze-Vingts de Paris, à litre de secours et de soulagement pour les pauvres infortunés admis dans cet établissement, et l'autre n^.oitié, au même tilre, aux autres aveugles domiciliés dans Paris au moment de mon décès, et que mo:: exécuteur testamentaire pourra découviir... J'ordonne qu'à mon enterrement il y ait un coibillaid attelé de quatre clievaux... Je désire que tous les aveugles et cent pauvres suivent mon convoi, que mon corps soit embaumé et repose dans \e cimetière du Pére-Lachaise, que le cercueil soit en plondj tort... Dans le cas où je décéderais ailleurs qu'à Paris, j'ordoinie que mon corps soit transporté dans une voiture suspendue et douce... »

Le testateur laisse ensuite une somme de 10,000 fr. pour les frais d'un monument funèbre, institue une rente de iOOfr. pour renîretien des plantations, du gazon, et les appointements d'un gardien spécial; lègue un diamant de mille francs au directeur des Ouinze-Vingls, etc., etc.

Le 11 janvier 1851, 31. Pierre M... mourut des suites de la paralysie générale à la maison de Cbarenlon, dans le service de iM. Arcbambault, et la famille attaqua le testament fait en 1848, après avoir pris l'avis de M.M. Orfila, Hayer, Baillarger, Lélut,Bleynie etCerton. 11 s'agissait pour les bériliers naturels de rentrer en possession d'une somme dépassant 500,000 fr.

Cbargé de la rédaction du n:émoire médico-légal, M. Baillargei", après avoir scrupuleusement passé en revue tous les antécédents de M. Pierre M..., et s'être éclairé des déclarations des juédecins qui lui avaient donné des soins, MM. Deleute et Paul Dubois, ne tarda pas à faire remonter l'invasion de la folie à l'amiée 184G, époque à laquelle parut dans leConstilutionnei l'avis que voici :

«Le soussigné M... (Pierre), propriétaire, demeuiaut lue Charlemagne, n° 19, s'e^t aperçu depuis enviion quinze mois

I8i LA FOLIE DEVANT LES TRIBUNAUX.

qu'il est suivi partout, et notamiiieut le soir, par des individus auxquels il suppose de mauvais desseins ; il les prévient qu'il a déposé sa plainte à M. le préfet de police, et que toutes les mesures sont prises pour déjouer les projets qu'on aurait conçus contre sa Ibrluiie ou ses propriétés, ainsi que toutes tentatives pour détourner les domestiques de leur devoir. » (N° du 5 juillet.)

MM. Orfda, Rayer, Lélut, Bleynie et Berton adoptèrent sans restrictions le Irés-remarquable rapport de M. Baillarger, concluant qu'au 'i5juin 1848 M. Pierre M... n'était pas sain d'esprit ', et le testament fut annulé.

M. L. P. de V., commissaire de la marine, donna des signes de dérangement et d'affaiblissement intellectuels au mois de mars 1846, fil son testament le 17 décembre de la même année, éprouva des accidents congestifs du côté du cerveau en avril 1847, et mourut le 10 mars 1848, à l'âge de cinquantesept ans.

Le testament était-il valable? MM. les docteurs Guérin du Grand-Launay, de Pontorson, et Faucon-Duquesnay, de Caen, contrairement à l'opinion émise par les médecins traitants, déclarèrent que le testateur n'était pas sain d'esprit, dans le sens de l'art. 901 du code Napoléon.

Sur ces entrefaites, M. Parchappe fut consulté : il étudia tous les faits relatés dans l'enquête et la contre-enquête, estima la portée des dépositions d'une centaine de témoins, discuta les appréciations médicales et s'appliqua à mettre en relief la valeur des écrits de M. L. P. de V.

Nous avons déjà eu l'occasion d'insister sur l'intérêt médico-légal considérable qui s'attache à l'examen de la corres-

* Annales luédico-psychologiques, année 1855, p. 426.

pondance dioz les aliénés : il y a là, en effet, des caractères saisissants et bien dignes désormais d'une attention plus sérieuse de la part des magistrats, des médecins et des avocats. Afin de faire trés-nettcment ressortir l'importance des pièces écrites par les malades, nous allons transcrire trois lettres de M. L. P. de V. et la teneur de son testament, en priant le lecteur de remarquer avec soin la date que portent ces divers documents.

LETTRE ÉCRITE LE 27 OCTOBRE 1839 (COPIÉE d'aPRÈS l'oRIGINAL).

« Mon cher D.,

« Je vous remercie beaucoup de votre obligeante lettre du 18 de ce mois, elle m'a été d'une grande utilité; car, suivant votre conseil, j'ai écrit sur-le-champ à M. Lamarche, dont j'ai reçu une réponse très-tranquillisante ; mais au milieu de tout cela force m'a été de jeter les yeux sur le passé, et je me suis convaincu que mon congé était arrivé à son terme, et qu'il fallait reganer la rue des Miellés; cependant, comme dans ce monde, il convient à un homme sage de voyager le moins péniblement possible, j'ai pensé qu'un manteau ne serait point une superfluité dans la saison où nous sommes; en conséquence, je me suis déterminé à faire d'une pierre deux coups, c'est-à-dire à vous donner d'abord signe de vie et d'amitié, et à vous prier ensuite de dire à madame Vanier de m' envoyer, si elle veut bien avoir cette complaisance, le fameux crispin que vous me connaissez. 11 ne s'agit que de le plier et de le mettre dans une de mes boîtes à habits qui sont dans ma chambre, et de substituer sur l'adresse, au mots à Cherbourg, ceux à Couileville par Bréhal. C'est vous dire que mon intention est de partir vers la fm de la semaine, et que je vous embrasserai bien cordialement dans la première dizaine de novembre.

«Pardon, mon cher L) , de vous donner cet embarras; mais je connais par expérience votre grande obligeance, et je

ISf) LA VOUE DEVAiNÏ LES TRIBINÂIIX.

crois qu'il m'est penni.s d'cii user et même abuser en laison de

mon dévouement à votre personne.

« Votre ami,

« DE V

LKTTHF, ÉCniTE LE 50 MARS IS47,

« Mon cher D.,

« Vos lettres deniièrcs m'ont dumié tant de conlianceà mes écus que je n'en trouve plus dans ma bourse. Ceci peut (deux mots rayés) veut vous amuser mais ne me fait point rire du tout parce qu'il est pai' trop dur, par la nécessité de la méprise de ses fermiers ou de ses créanciers d'être réduit â emprunter de l'argent à des usuriers, dix pour cent, c'est aujourd'hui le prix an prix où est le pain.

MM. D., T. et G. su)t a.-sez puissants on ndninistration pour qu'au moins ils puissent nie faire expétier mes (ieiniers payements de ma vie active et que la poste s'en charge à n'importe quel prix, mais enfin c'est mon bien j'en ai besoin je veux l'avoir pour n'aller pas en prison pendant la semaine de l'agonie de Notre-Seigneur Jejmxhrist.

« Tout à vous de cœur,

« DE V

« P. S. X'allez pas ynonter ma lettre à Taulorité marllme, cviY eWe cuirait peut-être que j'ai perdu l'esprit, tandis qu'il ne s'agit que d'espèces mono]} ce s,

LETTRE ÉCRITE LE ôl MAI lSi7.

« Mon cher 1)., « J'avais depuis longtemps le désir de vous donner signe de vie et témoignage de bon souvenir à madame et à irn'sdemoiselles vos sœurs; mais le petit cadeau que mon intention de leur n'avait de mérite que quand il arrive en nombre suffisant d'individus gros, tendres et frais, pour étie mangés très-promtement. Après leur avoir lavé et arrondi le pied,

on les jello dans de l'eau bouillant 5 à 7 ininules, et dans laquelle ils prennent une cuisson suffisante, mais très-modérée c'efet-à-dire cuites mais se tenant encore raisonnement roides et élastiques on les mange sortant de l'eau et accompngnné d'une sauce blanche au bien bien chaude.

Je n'ai pas dire de vous en dire davantage parce que je n'ai pu être maître du temps que que m'étais promis de vous donner. Or le courrier à la campagne, dans un cas comme celui dont il s agit pour être pour moi une perte irréparable si je le manquais f aujourd'hui.

« J'ai eu bien des accès sérieux de maladies cl plusieurs fois j'ai été pendant ]jkisieuis heures aux portes d'une mort qui élail v^'une me menacer avec une piomplitude que rien ne paraissait pouvoir arrêter que la volonté de Dieu, ce qui a toujours eu lieu,

« A Dieu, votre souvenir me devient de tenis en tems plus cher,

« DE V

« p. s. Mes amitiés à... et à... J'embrasse de tout mon cœur .M. . et ses enfants.

(I J'espère que madame et mademoiselle voire sceur voudront liien agréer l'hommage de mon respect et de mon sincère dévouement. »

œi'IE DU TEST.\.MEiNT, d'.\I'[!ÈS LE MÉMOIRE DE M. GUERIE DU Gr.AiND-LAU?s'.\y.

« A Coudeville, 17 décembre 18 iti.

«Je donne et lègue à ^oémi M., actuellement fille ainée d'Alphonse-François M., mon cousin germain du côté maternel et actuellement juge de paix du canton de S., tous les biens meubles et immeubles qui m'appartiendront au jour de mon décès, pour en jouii- et disposer, par elle en toute propiiélé el jouissance, f instituant à cet effet ma légataire universelle.

188 LA FOLIE DEVANT LES TRIBUiSAUX.

« Telle est ma volonté constante, longuement rétléchic et signée de sang-froid, sans haine ni vengeance.

<i Écrit et signé de main dans ma chambre.

« A Coudeville, comme il e^t dit ci-dessus.

« Ci-dessus : le dix-sept décembre mil huit cent quarante-six .

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