LA PHOTOGRAPIIIE ET LES MALADIES MENTALES
tiré un nombre extrêmement limité d'épreuves; mais, en cas deguérison, les portraits seraient brûlés en présence de la famille ;
2" Il serait enjoint aux médecins des asiles de renfermer dans des cartons spéciaux les épreuves photographiques, et ils ne pourraient, sans encourir une très-lourde responsabilité, les propager au dehors ou les céder au commerce.
5" Les clichés seraient toujours détruits.
M. Cayré, dont la compétence en photographie pathologique est si peu discutable, a exposé ses procédés dans un travail inédit qui doit faire l'objet de sa dissertation inaugurale. D'après lui, le problème à résoudre pour obtenir les portraits des aliénés en une épreuve nette, précise et d'une dimension convenable, consiste à opérer instantanément, à l'ombre, avec un appareil à court foyer et avec un coUodion d'une sensibilité exquise. Or, personne n'ignore que les objectifs à court foyer déforment les images un peu étendues; que les collodions instantanés sont un leurre quand on opère à Pombre^ et que la pose en pleine lumière, surtout au soleil, donne des tons heurtés, sans reliefet sans ressemblance. M. Cayré croit avoir vaincu toutes ces difficultés, et il espère le démontrer très-prochainement.
En somme, la photographie, appliquée à l'élude des maladies mentales, peut rendre à la science d'incontestables services, et nous ne pouvons qu'approuver et encourager — mais sous la réserve d'une réglementation sévère — toutes les études dirigées de ce côté.