‹ La folie lucideChapitre 43 sur 65 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

(les phénomènes psychiques morbides, il n'est que plus nécessaire pour l'aliéniste de recourir aux lumières de la psychologie pour mettre de lordre dans le chaos des symptômes de Taliéna- !ion mentale.

Le programme demande de déterminer si les troubles de la volonté sont indépendants de ceux (le l'intelligence , c'est-à-dire une dissertation, voilà pourquoi nous n'avons pas cru devoir faire l'histoire de la folie instinctive, et pourquoi aussi nous avons souvent eu recours à la dialectique.

Nous nous sommes borné , dans la troisième partie du programme , à poser des indications d'hygiène et de pathologie morale, parce qu'il appartient au législateur mieux qu'à nous

de les interpréter pratiquement. . ,

^ *^ ^ KBinolov 91,01; fin

Qu'il nous soit permis, avant de nous séparer de la Commission qui a si consciencieusement jugé ce mémoire, et de la Société à laquelle nous devons une récompense si éclatante et un, litre si honorifique, de leur témoigner toute notre gratitude. Nous leur offrons ces quelques pages d'éclaircissement? comme, , un, honj^mage à. leurs lumières et à leur équité. ,

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'^Cyii'entend-on par volonté ^ ""^^'-'^ ^''^ ^^' ai*aknJ 1 Le désaccord le plus complet règne, à ce sujet, parmi les philosophes et les aliénistes. Pour les uns, vouloir est simplement désirer; pour les aùlfé^, volonté est synonyme de liberlé. Tantôt la volonté est classée parmi les affections, tantôt un acte volontaire implique la raison. Pour Maine de Biran, il n'y a ni conscius, ni compos sut, sans volonté. Elle est considérée, ou bien comme un principe indépendant d'activité, ou comme la force impulsive inhérente à la pensée. L'idée, le sentiment, la sensation, la perception, le désir, la volilion, le libre arbitre, la liberté morale et la liberté d'action, sont lourà tour confondus avec la volonté.

18 INTRODtiGTION.

^"Bàiîïs* l'hypothèse de rihdéjpenéaw^Bdesiitreutblés de la volonté, on n'a pu faire de celle faculté un principe d'action physiologiquentent ùiStiKQt de l'intelligence et des sentiments : la volonté fût devenue une force aveugle, impassible ; or, Bile est regardée, au contraire, comme une puissance intelligente et sensible ; lui retirer ces dernières qualités, c'eût été la réduire à l'état de cécité, c'eût été la détruire. L'activité, en soi, •n'est pas la vol¥hlÉfP'«9'"fii>«oo98 9up stasliofim

On a donc supposé que la' volonté; ïacUUè simple, était analysée, disséquée par la maladie, décomposée en ses éléments, idées, sentiments et impulsion; et que l'impulsion, de la sorte isolée, pouvait exciter des actes indépendants des idées et des sentiments. '^'^''^"'^^ .oub-é-iaa'ci

Nous n'avons pu admettre cette théorie, car nous ne concevons pas l'activité volontaire, l'activité de l'esprit sans la pensée, — C'est une vérité physiologique incontestable, que tout. aete volontaire est molivé par des idées, des sentijrnents, des sensations, c'est-à-dire des volitionsi; leur force impulsive est surtout manifeste dans l'aliénation mentale , et particulièrement dans

muRODecïtoN. a

les monomauies. La folie instinctive ferait-elle exception? Délermine-t-elle des mouvements absolument automatiques, sans autre dérangement de l'esprit que l'égarement de l'activité volontaire, la raison et la conscience morale demeurant d'ailleurs intactes? Nous ne le pensons pas.^ La volonté, faculté intellectuelle, sensible «t active, ne peut être troublée sans que ses éléments le soient ; bien plus, le désordre ne se manifeste que secondairement dans ses actes ; il n'^^t; jamais que le symbole extérieur d'une affection préalable de l'esprit , d'une aberration de la pensée. La volonté n'est pas et ne saurait devenir une force simple, une entité distincte ,: c'est le moi lui-même, un et identique, voulant, c'est-à-dire, tendant vers un but quelconque par j^'ipt^l^g^ij^ce,^t|la sensibilité saines ou malades.

Telle sera notre thèse. Nous la soutenons par des preuves cliniques ; mais il nous a semblé -^îtile d'en chercher d'abord la solution philosophique et physiologique ; nous l'avons fait aussi brièvement que possible. C'est, du reste, le seul -changement .quejinous ayons porté au plat)jjd!i ^programme, tiiiciii):,,, ,-, .-m^ni-ni} nouF-neiiB i

Nous espérons n'avoir rien avancé sur l'irresponsabilité qui ne soit acceptable pour des.Aliénistes, seuls juges en pathologie menta}j3..,fjp

Nous avons observé la plus grande réserve touchant les modifications à apporter dans la léjgislation, de peur de sortir des bornes de notre compétence ; mais nous avons cru devoir exprimer franchement , suivant nos lumières , les vœux de la science sur ces hautes et importantes questibiil*^^' ^^^ ij\k5«2noq;a9Tu Jî-U9 9j«woi\'\

Quant aux faits, ils sont exacts et d un contrôle facile. Nous en avons restreint le chiffre, à cause de l'adage :'"Non'numeranàœ,'séd perpendœ sunt observationes ; et nous nom* soinmes appliqué à n'en reproduire que les détails indispensables à notre thèse, parce que nous pensons, avec Rabelais : que la moelle est plus mbstantiftque que l'os.

Voici la division de ce travail :

jrc PARTIE. — Étude philosophique et physiologique des rapports de la volonté avec l'intelligence. — Chapitre I". Qu'entend-on par volonté en philosophie? Est-elle indépendante

USTRODUCTION. 5

- 'fle l'intelligence? — Chap. II. En physiologie,

-'■"qu'est-ce que l'activité volontaire ? Qu'est-ce

que la volonté ?i')foffJ6q n9.89so|. Bhm .^mut

îi'T'ÂRTIÉi.— Clinique. — Chap/ ï". Existe-l- 11 des lésions de la volonté? — Chap. II. Les troubles de la volonté sont-ils indépendants de ceux de l'intelligence?

Iir PARTIE. — Dans quelles circonstances l'homme est-il irresponsable de ses actes ?.— Chap.:1". De l'irresponsabilité dans la monomanie en général, et en particulier dans la folie instinctive. — Chap. II. De la responsa-

, bilité des criminels. . ,

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IV' PARTIE. — Quels vœux pourrait-on émettre 'U'jQu sujet de l'irresponsabilité, relativement aux ■">] modifications apportées dans la lé(jislation,l-

V" PARTIE. — Résumé.

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