PREFACE
(les phénomènes psychiques morbides, il n'est que plus nécessaire pour l'aliéniste de recourir aux lumières de la psychologie pour mettre de lordre dans le chaos des symptômes de Taliéna- !ion mentale.
Le programme demande de déterminer si les troubles de la volonté sont indépendants de ceux (le l'intelligence , c'est-à-dire une dissertation, voilà pourquoi nous n'avons pas cru devoir faire l'histoire de la folie instinctive, et pourquoi aussi nous avons souvent eu recours à la dialectique.
Nous nous sommes borné , dans la troisième partie du programme , à poser des indications d'hygiène et de pathologie morale, parce qu'il appartient au législateur mieux qu'à nous
de les interpréter pratiquement. . ,
^ *^ ^ KBinolov 91,01; fin
Qu'il nous soit permis, avant de nous séparer de la Commission qui a si consciencieusement jugé ce mémoire, et de la Société à laquelle nous devons une récompense si éclatante et un, litre si honorifique, de leur témoigner toute notre gratitude. Nous leur offrons ces quelques pages d'éclaircissement? comme, , un, honj^mage à. leurs lumières et à leur équité. ,
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'^Cyii'entend-on par volonté ^ ""^^'-'^ ^''^ ^^' ai*aknJ 1 Le désaccord le plus complet règne, à ce sujet, parmi les philosophes et les aliénistes. Pour les uns, vouloir est simplement désirer; pour les aùlfé^, volonté est synonyme de liberlé. Tantôt la volonté est classée parmi les affections, tantôt un acte volontaire implique la raison. Pour Maine de Biran, il n'y a ni conscius, ni compos sut, sans volonté. Elle est considérée, ou bien comme un principe indépendant d'activité, ou comme la force impulsive inhérente à la pensée. L'idée, le sentiment, la sensation, la perception, le désir, la volilion, le libre arbitre, la liberté morale et la liberté d'action, sont lourà tour confondus avec la volonté.
18 INTRODtiGTION.
^"Bàiîïs* l'hypothèse de rihdéjpenéaw^Bdesiitreutblés de la volonté, on n'a pu faire de celle faculté un principe d'action physiologiquentent ùiStiKQt de l'intelligence et des sentiments : la volonté fût devenue une force aveugle, impassible ; or, Bile est regardée, au contraire, comme une puissance intelligente et sensible ; lui retirer ces dernières qualités, c'eût été la réduire à l'état de cécité, c'eût été la détruire. L'activité, en soi, •n'est pas la vol¥hlÉfP'«9'"fii>«oo98 9up stasliofim
On a donc supposé que la' volonté; ïacUUè simple, était analysée, disséquée par la maladie, décomposée en ses éléments, idées, sentiments et impulsion; et que l'impulsion, de la sorte isolée, pouvait exciter des actes indépendants des idées et des sentiments. '^'^''^"'^^ .oub-é-iaa'ci
Nous n'avons pu admettre cette théorie, car nous ne concevons pas l'activité volontaire, l'activité de l'esprit sans la pensée, — C'est une vérité physiologique incontestable, que tout. aete volontaire est molivé par des idées, des sentijrnents, des sensations, c'est-à-dire des volitionsi; leur force impulsive est surtout manifeste dans l'aliénation mentale , et particulièrement dans
muRODecïtoN. a
les monomauies. La folie instinctive ferait-elle exception? Délermine-t-elle des mouvements absolument automatiques, sans autre dérangement de l'esprit que l'égarement de l'activité volontaire, la raison et la conscience morale demeurant d'ailleurs intactes? Nous ne le pensons pas.^ La volonté, faculté intellectuelle, sensible «t active, ne peut être troublée sans que ses éléments le soient ; bien plus, le désordre ne se manifeste que secondairement dans ses actes ; il n'^^t; jamais que le symbole extérieur d'une affection préalable de l'esprit , d'une aberration de la pensée. La volonté n'est pas et ne saurait devenir une force simple, une entité distincte ,: c'est le moi lui-même, un et identique, voulant, c'est-à-dire, tendant vers un but quelconque par j^'ipt^l^g^ij^ce,^t|la sensibilité saines ou malades.
Telle sera notre thèse. Nous la soutenons par des preuves cliniques ; mais il nous a semblé -^îtile d'en chercher d'abord la solution philosophique et physiologique ; nous l'avons fait aussi brièvement que possible. C'est, du reste, le seul -changement .quejinous ayons porté au plat)jjd!i ^programme, tiiiciii):,,, ,-, .-m^ni-ni} nouF-neiiB i
Nous espérons n'avoir rien avancé sur l'irresponsabilité qui ne soit acceptable pour des.Aliénistes, seuls juges en pathologie menta}j3..,fjp
Nous avons observé la plus grande réserve touchant les modifications à apporter dans la léjgislation, de peur de sortir des bornes de notre compétence ; mais nous avons cru devoir exprimer franchement , suivant nos lumières , les vœux de la science sur ces hautes et importantes questibiil*^^' ^^^ ij\k5«2noq;a9Tu Jî-U9 9j«woi\'\
Quant aux faits, ils sont exacts et d un contrôle facile. Nous en avons restreint le chiffre, à cause de l'adage :'"Non'numeranàœ,'séd perpendœ sunt observationes ; et nous nom* soinmes appliqué à n'en reproduire que les détails indispensables à notre thèse, parce que nous pensons, avec Rabelais : que la moelle est plus mbstantiftque que l'os.
Voici la division de ce travail :
jrc PARTIE. — Étude philosophique et physiologique des rapports de la volonté avec l'intelligence. — Chapitre I". Qu'entend-on par volonté en philosophie? Est-elle indépendante
USTRODUCTION. 5
- 'fle l'intelligence? — Chap. II. En physiologie,
-'■"qu'est-ce que l'activité volontaire ? Qu'est-ce
que la volonté ?i')foffJ6q n9.89so|. Bhm .^mut
îi'T'ÂRTIÉi.— Clinique. — Chap/ ï". Existe-l- 11 des lésions de la volonté? — Chap. II. Les troubles de la volonté sont-ils indépendants de ceux de l'intelligence?
Iir PARTIE. — Dans quelles circonstances l'homme est-il irresponsable de ses actes ?.— Chap.:1". De l'irresponsabilité dans la monomanie en général, et en particulier dans la folie instinctive. — Chap. II. De la responsa-
, bilité des criminels. . ,
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IV' PARTIE. — Quels vœux pourrait-on émettre 'U'jQu sujet de l'irresponsabilité, relativement aux ■">] modifications apportées dans la lé(jislation,l-
V" PARTIE. — Résumé.
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