L'EXPOSITION DE LONDRES
Qui rendra la vie à tes bardes Pour chanter l'éclat de ces jours Albion ? leurs voix montagnardes Se taisent-elles pour toujours ?
Aucun Ossian qui s'inspire
De la bruyère aux noirs rameaux
N'arrachera-t-il une lyre
A la poussière des tombeaux ?
Qu'aujourd'hui de votre génie , Bardes , les sauvages refrains Eclatent pour votre patrie Comme un torrent dans les ravins
Cliaiitcz , (le Ml iiloh'c nouvelle Faites tous retentir ses bords :
L'univers a les yeux sur elle , L'univers vante ses tilforts !
Pourquoi cette foule innombrable Ces étrangers de tous pays ?
Quel est cj concours admirable Dont mes rec;ards sont éblouis ?
Quel est ce palais magnifique Où l'or , l'argent et le vermeil Se disputent tout le portique Qui resplendit comme un soleil ?
Est-ce un caprice d'une fée Qui l'a jeté là par hasards Pour représenter le trophée De sa victoire sur nos arts ?
Kon , c'est l'autel que l'Indu, trie Dresse pour le Génie humain :
Au lieu d'encens chaque patrie Apporte les fruits de sa main.
Gloire à ces luttes pacifiques Où le sang ne se verse pas , Où l'art , où les Muses pudiques Donnent l'arme pour les combats
Plus de guerre , plus de batailles , De cris , de triomphes sanglants , Plus de bronze sur les murailles , Plus de farouches conquérants !
Albion , tu donnes Fexemple , Tu cesses les divisions Et tes murs deviennent le temple Des chefs-d'œuvre des nations :
Sois bénie et que dans l'histoire Ton nom ne soit plus repoussé , Que ce bienfait , que cette gloire Fassent pardonner ton passé ,
Et que du roc de Sainte-Hélène L'ombre du sublime guerrier Ne jette plus un œil de haine Sur ton peuple deux fois meurtrier ! !
Aix,1851.