‹ La folle du lac d'OoChapitre 46 sur 59 · MA BRUNE · texte numérisé non relu

MA BRUNE

Oh! ma brune , oh ! qu'elle est belle. Quand son ardente prunelle Lance un éclair pour aveu ; Qu'elle est belle sur sa couche ; Qu'elle est belle , quand sa bouche Me couvre de baisers de feu !

Qu'elle est belle , quand la foule Sous ses fenêtres s'écoule Pour la voir, pour l'admirer; Au bal où , loin des quadrilles , Les jalouses jeunes filles îSe viennent que pour soupirer !

C'est qu'elle est belle, ma brune Oh'! bien plus belle qu'aucune Des déesses du sérail ; C'est qu'en sa main si jolie Tous les sultans de l'Asie Laisseraient toujours l'éventail ;

C'est qu'elle est douce et fidèle , Vive comme la gazelle Qu'ont vu naître les déserts; Et lorsque l'amour l'enflamme Elle ressemble à la lame Qui déchire le sein des mers ;

Et je l'aime : elle est si belle , Lorsqu'à genoux devant elle Je guette quelque soupir, Qu'un baiser vaut un sourire , Qu'en nos transports de délire Ses étreintes me font mourir ;

Et je l'aime : en sa présence Notre éphémère existence Me semble un bienfait divin ;

Et je l'aime et je l'adore ,

Comme l'ange de l'aurore

Qui vient soulager mon destin.

Oui , je t'aime , ô ma maîtresse , O l'objet de mon ivresse , 0 la rose de mon cœur :

Je partagerai ta flamme Toujours , toujours , car mon âme Sur ton sein trouve le bonheur.

Can:es , 1853.

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