‹ La folle du lac d'OoChapitre 47 sur 59 · LE BEAU CIEL DE CANNES · texte numérisé non relu

LE BEAU CIEL DE CANNES

Cannes , c'est mieux que la Provence et mieux que l'Italie.

( J.-J. Bavde , les Côtes de Provence.)

Salut , beau ciel de ma patrie , Salut , ineffable harmonie De la brise au milieu des pins , Salut , parfums de la colline , Algues vertes , rochers que mine L'écume des gouffres marins ;

Bosquets , sables d'où je m'inspire , Salut ! je voudrais de ma lyre Tirer des chants dignes de vous ;

Mais si ma voix est impuissante Ma Muse toute palpitante Pour admirer est à genoux.

C'est vous qui m'avez fait poète :

Qui n'a pas senti dans sa tête Germer mille pensers divins , Lorsque gronde le sombre orage , Ou que le mistral avec i*age Souffle et siffle au fond des ravins?

Ou bien en parcourant la dune , Le soir , lorsque la pleine lune Fait scintiller les flots ardents , Et que de belles Néréides Semblent sur leurs cimes limpides Jouer avec des diamants ?

O Cannes , sur ton sol fertile

Où l'étranger cherche un asile

Contre les frimas de l'hiver ,

Trois choses , comme un trait de flamme

De poésie emplissent l'âme :

Le soleil , le mistral , la mer !

Quel climat et quelle richesse î Naples n'a pas tant de mollesse Kice n'a pas tant de douccur , L'Orient pas tant de lumière , Les savanes tant de mystère , Les oasis tant de fraîcheur.

L'aloës , le palmier s'allient

Aux sapins dont les branches plient ;

Le citron donne ses saveurs ,

Et pour toi sur les eaux tran([uilles

Une fée a laissé deux îles

Comme deux corbeilles de Heurs.

Tous ces châteaux où l'or ruisselle Cette villa qui nous rappelle Le minaret des vieux Emirs Sur ton éternelle verdure Semblent former une parure De topazes et de saphirs.

Conime de languissantes roses Après une tempête écloses Sous les feux de notre «oîeil ,

Que il'onfanLs qu'un mal do poitrine Lentcnicnl vers la tombe inclitic Ici trouvent un doux réveil !

Ici , les paysannes heureuses Foulent plus de lleurs précieuses Qu'ailleurs les reines; de gazons ; I/oranger , l'olivier immense Ombragent ici mieux leur danse Que les grands chênes des vallons.

Les présents que Flore te laisse Te procurent plus de richesse Que l'Asie aux enfantas de Sem ; Tes jasmins et tes tubéreuses Aux sultanes voluptueuses Feraient oublier le harem.

Il te manquait la renonmiée :

Et (juand Elbe fut désertée , Quand Napoléon imprima Sur ton rivage qui s'étonne Le premier pas vers la couronne Napoléon te la donna.

DiiiiH hi roiiU', tic r<!\ist('ii((^ , 0 mo»'» piiys , la l'n)vl(l.'M<'«î T(î iii(''n.i;^<^ Ions w<'H l}ivtiU\U ; Tour ciiclici' leurs t^lcs soiillVfinlcs LuH Utllres |H'il|)h'S oui (les Icnirs Kt noiiM , nous avoti^ nu i».i|;iis !

Cannij;>, 1854.

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