LE MOIS DE MARIE
Pour ma sœur Suzanne.
Venez , enfants d'une mère chérie , Venez en foule offrir vos jeunes cœurs , Et cie ce mois réservé pour Marie Sur son autel versez toutes les fleurs.
Pour que , du haut du céleste séjour , Marie , assise au milieu de ses anaes
Marie , ô Reine , ô sainte protectrice , A tes genoux humblement nous prions ; Guide à travers les noirs écueils du vice Notre nacelle , lielas ! sans avirons.
Lorsque l'orage a déchiré les voiles , C'est toi qui viens faire baisser les flots Et dans les airs ton front paré d'étoiles Rassure enfin les pauvres matelots.
Ainsi , du mal , des luttes de la vie Rends nos elTorts victorieux ; Pitié , Marie , et notre âme ravie T'adressera des chants mélodieux ;
Car ta prière a pour nous plus de charmes Que pour l'insecte un doux rayon de miel Toi qui paieras chacune de nos larmes Par une palme dans le ciel ,
Toi dont le nom fut joint par notre mère
Au premier baiser du berceau , Toi qui bien mieux que l'arbre funéraire
Cannes. 1854.