LE BOUTE-SELLE
A mon ami Guibert , officier au 12* d" artillerie.
Amis , voici le boute-selle , Écoutons ses joyeux accords , Alerte ! Au cœur le plus rebelle La trompette qui nous appelle Semble demander des transports
Vite , vite , déjà l'on sonne A cheval ; voyez-vous là-bas Se former l'ardente colonne?
Allons, courons au polygone Nous façonner pour les combats.
Grand Dieu ! c'est presque une bataille ! Le bruit féroce des caissons Se mêle au bruit de la mitraille ; La butte , mouvante muraille , Tremble sous les coups de canons;
La bombe siffle dans l'espace ; La fanfare chante un succès ; La voix des chefs crie et menace La poudre en nuages s'entasse , Son odeur enflamme à l'excès ;
La jument hennit toute fièi'e Sous le poids des futurs guerriers :
Ses fers un jour dans la carrière Soulèveront moins de poussière Que de débris et de lauriers l
Amis , le mors est blanc d'écume , Le rappel fait serrer les rangs , La crx)upe de nos chevaux fume , C'est assez ; le chenik s'allume Au quartier pour les vétérans.
Demain aussi le boute-selle Redira ses joyeux accords , Demain au cœur le plus rebelle La trompette qui nous appelle Viendra demander des transports.
Toulouse, 16® d'artillerie à cheval, 1354