ACTE I, SCENE II
VOUS m'aymiez... Ahl voila vostre brasselet qui vient de tomber ; qu'il est jolly !
HORTENSE
Rendez-le moy, je vous prie.
Eraste.
Oh! je le veux garder comme un gage de vostre amitié.
Et moy, je veux que vous me le rendiez.
Eraste.
Moy, Madame, je n'ay point encore eu de vos faveurs, je le garderay chèrement.
HORTENSE
Eraste, vous voulez que nous rompions ensemble pour jamais?
Eraste.
Mais...
HORTENSE
Je ne me soucie pas du brasselet; mais voyons si vous aurez de la complaisance.
Eraste.
Il faut donc, Madame, que cette obéissance me vaille quelque chose : jurez-moy...
HORTENSE
Quoy?
Eraste.
Que nostre mariage sera pour la nuit prochaine, comme il a esté résolu.
Hortense.
Oh!
Eraste.
Point de brasselet k moins que de me promecire cela.
HORTENSG.
Hé bien, nous verrons, donnez.
Jurez-le moy devant.
HOBTENSE.
Ah! je serais aussi besie qu'Andromaque, qui V' épouse Pirrhus sur sa parole avant que d'avoir
veu son fils en seureté.
Eraste.
Eh! juste ciel! Madame, cette pièce vous servira-t-elle toujours de règle et de matière à me persécuter?
HORTEHSE.
Je ne puis me régler sur aucune chose que vous estimiez davantage. Mais, sans tant d'amusemens, rendez-moy mon brasselet.
Eraste.
Vous me promettez donc...
HORTENSE
kHél vistemeni.
Eraste.
Nous épouserons cette nuit?
HORTENSE
Donnez.
Eraste luy baise la main dont elle luy arrache le brasselet.
t J'auray toujours ce baiser.