ACTE III, SCENE VI
Ainsi donc, il ne me reste rien
Qu'à venir prendre icy la place du Troyen.
Nous sommes ennemis, luy des Grecs, moy le tostre;
Pirrhus protège l'un, et je tous livre l'autre.
Entendez vous cela, Mesdames?
HORTENSE
Non.
Lysandre.
L'entendez-vous, Messieurs?
ÂLCIPE.
Ma foy, non.
Eraste.
Et moy je l'entens. Recommencez un peu.
HORTENSE
Pourquoy faire recommencer, si vous l'entendez?
Eraste.
Pour vous faire parler.
Lysandre.
Ça, ça, je recommenceray :
Ainsi donc, il ne me reste rien
Qu'à venir prendre icy la place du Troyen.
Nous sommes ennemis, luy des Grecs, moy le TOStre ;
Pirrhus protège Tun, et je vous livre l'autre.
Eraste.
Âhl je Tentens à merveille; recommencez encore, je vous prie.
Hortense, riant.
Ah a a!
Ah a a!
La Vicomtesse.
Si Ton ne l'entend pas bien, du moins on devine quasi la beauté qu'il a voulu faire en cet endroit.
Alcipe.
D'accord, Madame, on devine quasi lors qu'on a autant d'esprit que vous en avez, mais cela n'empesche pas que ce ne soit un galimathias.
Lysandre.
Asseurement. Sans tourner le fùeillet , en voicy d'autres :
J'ay mandié la mort chez des peuples cruels...
La Vicomtesse.
Quoy! vous trouvez à redire à cet endroit-là?
Lysandre.
Ouy, Madame.
Eraste, se touchant le front avec le doigt»
Cet homme-là en a un grain, par ma foy! Eh !
fyl fy I Monsieur ; c'est un endroit que j'ay retenu par cœur à cause de sa beauté : comment le trouveriez-vous méchant?
J'ay mandié-kk mort chez des peuples cruels Qui n'api^aisoient^eurs dieux que du sang des mortels : Ils m'ont fermé leur temple^ et ces peuples barbares De mon sang prodigué sont devenus avares.
C'est une expression qui tonne ; ne vous faitelle pas peur seulement, quand vous voulez la critiquer?
Lysandre.
Pour devenir avare d*un sang, il faut en avoir