‹ La fonction de la mémoire et le souvenir affectifChapitre 10 sur 32 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Gn a contesté que les faits allégués pour prouver Texistence d'une mémoire affeelive eussent le sens qui leur était attribué. Une question a été soulevée à ce propos qui n'a peut-être pas été complètement élucidée et que nous allons examiner un peu en détail.

Qu'il soit possible, en certains cas, d'évoquer par le souvenir les circonstances dans lesquelles nous avons jadis éprouvé de la joie ou de la peine, de la colère ou de l'amour, cela est hors de doute. On ne nie pas que cette résurrection s'accompagne en certains cas d'une émotion, d'un sentiment plus ou moins analogue au sentiment primitif. Mais, dit-on, ce dernier fait n'est pas un souvenir de l'ancienne émotion, une reviviscence du sentiment d'autrefois.

C'est une nouvelle émotion qui naît, c'est un sentiment nouveau qui se produit. Nous sommes émus actuellement. Nos souvenirs se rapportent au passé, les circonstances que nous rappelons sont passées, mais notre émotion n'est point passée, elle est bien présente. Il se produit à propos d'images retraçant des faits d'autrefois une émotion qui, elle, est de maintenant.

A cela les partisans de la mémoire affective répondent en faisant remarquer que tout est, dans l'esprit, actuel et présent, les états intellectuels comme les étals affectifs, et que les mêmes remarques s'appliquent aux uns comme aux autres. « Les deux cas sont semblables : pour l'un comme pour l'autre, la représentation selon la loi formulée par Dugald Stewart et Taine, est accompagnée d'une croyance momentanée qui la pose comme réelle... l'idéal de tout souvenir c'est, en gardant sa marque de déjà éprouvé, d'être adéquat, dans la mesure du possible, à l'impression originale. La représentation est une opération intérieure dont la limite extrême est l'hallucination. Pour les deux formes du souvenir intellectuel et affectif, l'idéal est le même ; seulement chacun a son mécanisme propre. * »

On a essayé aussi d'établir de nouvelles distinctions. D'après M. Mauxion, il y aurait une vraie mémoire affective et il y en aurait aussi une fausse, dans laquelle « la conformité du sentiment nouveau

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