‹ La fonction de la mémoire et le souvenir affectifChapitre 12 sur 32 · Ribot, Maladies de la Mémoire (Paris, F. Alcan · texte numérisé non relu

Ribot, Maladies de la Mémoire (Paris, F. Alcan

46 LA-, I^ONCT^ON^ DE I.A, MÉMOIBB

phrases^ est « dans ceriaines conditions que nous avons fixées, vingt-cinq fois supérieure h la mémoire des mots isolés... les. perles de mémoire portent sur les parities. accessoires du riécil, et non sur les parties essentielles/qui se tr^ouvent ainsi comme disséquées; par. parj.ies essentielles, il faut entendre celles qui, OQt une importance psychologique et aussi celles qui ont une importance logique*.. Les enfants ont une tendance à simplifier la syntaxe et et remplaceri l^s naots, diptés. par des synonymeft.du langage familier... les enfants, en reproduisant de mémoire des phrages un peu longues, qnt une tendance fréquente à, altérer dlupe maniera très légère le sens des phrases ; cette altération est. de deux genres différents : inteilectufille et émotion^ nelle* »>, C'est encore en ce sen^ qu'il ffiut comprendra les différents typeSsd^iftémoire. M, Toulouse par exemple, expérimentant sur Zola^ trouve que le célèhre romancier r/eproduit très mal des figures géoçfté triques après les avoir regardées. Il oonclut-. que «,ces faits n>ontrent surtout que M. Zola n'a pas diéiducation géométrique, car. une p^sonne famir liariçée avec les mathématiques aurait décomposé les dessins en leurs éléments (pn rectangle et deux losanges) et leur mode d'assembilage*; »

Ainsi, constamment, Içs états d'esprit se déforment et disparaissent parfois sans laisser de trace appré-

1. A. Binet et V. Henri. La mémoire des phrases. Année psychologique, t. I, p. 58-59 (Paris, Schleicher).

2. Cité dans J. Van. Bierviiet : Le Mémoire (Pp-ris, O. Doin).

QU'ESTrGE QUE LA M.ÉMQIRE AFF.EGTJVE ? 41

ciayç.. L'organisation aç.q|iise aenptp^.Ql^é la mémoire de fixation, Ell^ e^mpêche det nç^èv^e continuçillement la mémoire d^ reproduction. Une éuprjqfie. quantité de souvenirs fixés danç npjre. esprit, ne se montrent point parce que les conditions de la vje naenjiftl^ les en empêchent, parce que le jeu d^s tendances et dps idées organisées ne. leur laisse p9in|;,de place . ou les refoule &a.ns cesse si,quelqup occasion v|e,^); se présenter, pour eux de revenir ufijçmr. Nous savons bien que Içs souvenirs qui, nous reviennent à Tesprit sont géi^éralenaent ceux qup réçlar^ent les circonstances, ceux qui favorisent le fonctionnenient des'tendances en activité. Parj conséquent, il existe en nous, à l'état latenj, ou, yir,tuel, des. i^illiers d'images, de souvenirs qui, à chaque instçmt, sont empjêchés d'apparaître parce que rorgaiii^iitiQn,de l'esprit les arrête. Et tout ceci, d'ailleurs, n'est, qu'une partie dqs phénomènes que j'ai, étudiés ailleurs comme incarnant une grande loi 4'inhihition systématique*.

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