‹ La FontaineChapitre 16 sur 69 · CE QU»EST LA FABLE · texte numérisé non relu

CE QU»EST LA FABLE

La Fontaine aimait donc toutes choses et toute espèce de livres; mais cet qu'il aimait surtout, c'était un genre d'ouvrage que les Français avaient très peu cultivé avant lui, et que les anciens, les Romains et les Grecs, avaient traité, mais assez mal, et sans y mettre de grâce, c'étaient les /a6/^5.'/

Savez- vous ce qu'on appelle une fable ? Vous allez le comprendriB très vite. Vous avez bien souvent remarqué vous-même, en jouant avec le chien ou le chat de la maison, que ces personnages ' ont un caractère, tout comme les hommes et les . enfants. Le chien est bon. Il y a toutes sortes de bonnes pensées et de bons sentiments dans les yeux doux, joyeux et francs avec lesquels il vous regarde. Le chat est sournois, méfiant; U semble perfide. Il coule son regard aigu entre ses paupières presque closes, marche sans bruit, glisse sur le sol, frôle silencieusement les meubles, no

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caresse pas, se laisse caresser, ou se caresse lui-^ même à vous. Il fait l'effet d'un faux ami.

De môme, quand vous observez un de vos camarades, il vous arrive de dire : «Il est bon comme un chien )> ou: « Il est sournois comme un chat. » Les botes semblent des portraits ou des caricatures des hommes ; les hommes rappellent souvent tel • ou tel animal par un trait de leur figure ou de leur âme. On dit d'un homme : il a un œil d' aigle ; » d'un autre : « il a un cœur de lion. »

Dès lors il est possible, soit par malice, soit pour dire aux hommes leurs vérités sans les fâcher, soit p^fr jeu seulement et pour piquer la curiosité, de raconter l'histoire des hommes en faisant semblant de dire celle des bêtes.

« Un renard voyait des raisins trop haut placés pour qu'il pût les prendre. Bah ! dit-il, ils sont trop verts. Je n'en veux pas. » Quand je vous rapporte cette histoire, vous songez tout de suite à ceux qui ne peuvent pas avoir de prix à l'école, et qui font semblant d'en faire fi. Ecoutez ce.que dit la Fontaine :

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