‹ La FontaineChapitre 25 sur 69 · LES DEUX RATS, LE RENARD ET L ŒUF · texte numérisé non relu

LES DEUX RATS, LE RENARD ET L ŒUF

Deux rats cherchaient leur vie ; ils trouvèrent un œuf.

Le dîner suffisait à gens de cette espèce :

Il n'était pas besoin qu'ils trouvassent un bœuf.

Pleins d'appétit et d'allégresse, Ils allaient de leur œuf manger chacun sa part, Quand un quidam (1) parut : c'était maître renard ;

Rencontre incommode et fâcheuse :

Car comment sauver l'œuf? Le bien empaqueter, Puis des pieds de devant ensemble le porter ;

Ou le rouler, ou le traîner, C'était chose impossible autant que hasardeuse.

Nécessité l'ingénieuse

il) Quidam^ un inconnu dont on ignore U nom.

L'ESPRIT DES BÊTES. 71

Leur fournit ntie invention.

Comme ils pouvaient gagner leur habitation, L'écornîfleur (1) étant à demi-quart de lieue, L*an se mit sur le dos, prit l'œuf entre ses bras ; Puis, malgré quelques heurts et quelques mauvais pas.

L'autre le traîna par la queue.

Qu'on m'aille soutenir, après, un tel récit^

Que les bêtes n'ont point d'esprit I

Le cbat-huant est encore une bête très philosophe, et qui en remontrerait à de bien savants hommes. La Fontaine en a connu un (car la chose, ainsi qu'il nous en prévient, n'est point une fable et est véritablement arrivée,) qui a su se faire une étable ou un vivier, à son usage, comme un bon propriétaire campagnard, économe et prévoyant.

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