‹ La FontaineChapitre 43 sur 69 · LA GÉNI8SB, LA CHÈVRE ET LA BREBIS, EN SOCIÉTÉ AVEC LE LION · texte numérisé non relu

LA GÉNI8SB, LA CHÈVRE ET LA BREBIS, EN SOCIÉTÉ AVEC LE LION

La génisse^ la chèvre, et leur sœnr la brebis,

Avec un fier lion, seigneur du voisinage,

Firent société, dit-on, au temps jadis,

Et mirent en commun le gain et le gommage.

Dans les lacs (1) de la chèvre un cerf se trouva pris.

Vers ses associés aussitôt elle envoie.

Eux venus, le lion par ses ongles compta,

Et dit : € Nous soxpmes quatre à partager la proie. »

Puis en autant de parts le cerf il dépeça.

Prit pour lui la première en qualité de sire.

€ Elle doit être à moi, dit-il ; et la raison,

C'est que je m'appelle lion :

A cela Ton n'a rien à dire.

La seconde, par droit, me doit échoir encor : Ce droit, vous le savez, c'est le droit du plus fort. Comme le plus vaillant, je prétends la troisième. Si quelqu'une de vous touche à la quatrième,

Je l'étranglerai tout d'abord. >

Au lieu de se lancer à 1 aveuglette dans les (1) Filets.

projets et les aventures, au lieu d'écouter les conseils de la vanité ou de l'ambition, au lieu de chercher auprès des grands un appui humiliant ou onéreux, que convient-il que fassent les petits ? 11 faut qu'ils soient économes^ patients, laborieux ; qu'ils comptent chacun sur soi, et qu'ils sachent s'aider entre eux*

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