COMMENT IL AIME LA NATURE
sentiment, nous le retrouvons dans la rrlation qu'il nous fait de sa promenade au parc de Richelieu.
lia visité le palais, les galeries, les jardins proprement dits, qui s'appelaient alors parterres, les statues, qui sont très belles. Mais, il l'avoue, Use hâte un peu, et se sent comme pressé de les quitter. Pourquoi? C'est que: « Du lieu où nous regardions ces statues, on voit à droite une fort longue pelouse et ensuite quelques allées profondes^ couvertes^ agréables... »
L'y voilà ; adieu les statues !
«... quelques allées profondes, couvertes, agréables, en un mot de ces ennemies du jour tant célébrées par les poètes : à midi, véritablement, on y entrevoit quelque chose,
Comme au soir, lorsque l'ombre arrive en un séjour, Oa lorsqu'il n'est plus nuit, et n'est pas encor jour.
« Je m'enfonçai dans une de ces allées. A peine eus-je fait dix ou douze pas, que je me sentis forcé par une puissance secrète de commencer quelques vers à la mémoire du grand Armand [Richelieu]. »
Les bois, les allées ombreuses, le grand calme et le recueillement paisible qui habite sous « le dais » des ramures,
fc Jab fond des bois et lei^r vaste silence^ if
si propice à la rêverie, aux longues méditations, à Téclosion facile des belles pensées et des vers heureux, voilà ce qui déjà (il n'en est pas encore à écrire ses Fables) attire La Fontaine, le séduit, et l'inspire le plus sûrement.
Ajoutez-y les paysages gais et clairs, très doux, très calmes, point hérissés ni farouches, mais qui donnent l'impression d'une vie facile, heureuse, d'une nature bienveillante, d'une magnificence aisément répandue et d'une majesté reposée. Le^ bords de la Loire Tout ravi. Il .en a donné l'idée juste, sans phrases ambitieuses et sans effort de style, décrivant cette belle nature si accueillante, dans un style facile et en apparence abandonné, comme elle est elle-même. Tout ce passage est exquis dans sa simplicité. Je ne veux pas vous en priver (1):
« Tant que la journée dura, nous eûmes beau temps, beau chemin, beau pays. Surtout la levée ne nous quitta point, ou nous ne quittâme's point la levée; l'un vaut l'autre. C'est une chaussée qui suit les bords de la Loire, et retient cette rivière dans son lit; ouvrage qui a coûté bien du temps à faire, et qui en coûte encore beaucoup à entretenir. Quant au pays, je ne vous en saurais dire assez do merveilles. Point de ces montagnes pelées qui cho-
(1) Voyage en Limousin. Lettre IIL