‹ La Fontaine et ses devanciersChapitre 15 sur 56 · Tandis que Ignafius Magister faisait subir à un · texte numérisé non relu

Tandis que Ignafius Magister faisait subir à un

Un corbeau mordait un fromage; un renard le trompa : Si tu avais la voix, tu serais le grand oiseau de Jupiter. Aussitôt il le lâcha, et l'autre le mangea Tu possèdes tout, ô corbeau, acquiers seulement du jugement.

Moralité.

Pour ceux qui prennent plaisir aux flatteries.

poète cet étrange supplice du lit de Procuste, saint Cyrille, nommé aussi Constantin le philosophe, faisait servir les mêmes fables à la conversion des Slaves. Il en avait ainsi rédigé quatre-vingt-quinze en grec qu'il fit traduire en slave; l'original est perdu, mais nous en avons une traduction latine sous le titre de Quadripartitus apologicus, parce que le recueil était en quatre livres, ou Spéculum sapientiœ. Ces fables, d'un style barbare et ampoulé, d'une forme doctrinale et pédantesque, n'en sont pas moins curieuses, par le mélange des idées scientifiques et morales, de la naïveté assez lourde du récit, delà portée des maximes religieuses empruntées à la théologie, des préjugés séculaires et des vérités de l'Evangile; on y remarque l'étendue de la leçon, souvent disproportionnée avec l'action de la fable, mais qui sert de cadre à des sermons en forme et à l'exhibition de tout ce que sait l'auteur et de tout ce que ses auditeurs ont à apprendre dans l'ordre moral.

73. Les ténèbres vont s'épaississant de plus en plus en Grèce comme dans toute l'Europe, du ix^ au xii^ siècle, malgré les efforts de Constantin Porphyrogénète pour tirer les lettres de leur décadence. Au xiP siècle, Nicéphore Basilacius ou Basihcas laisse cinq fables en prose, et Jean Tzetzès neuf en vers politiques de quinze syllabes ; nous citerons une fable de Nicéphore, pleine de diffusion, de redites fastidieuses et de sentiments lâches et dégradés; le style est au niveau des idées. Les esprits et les cœurs sont également affaiblis ; c'est l'image de la dégradation de la Grèce que celle de ce lion, réduit par la faim à employer un piège indigne de lui et éludant le danger par la perfidie ; car cette fable ne se trouve pas ailleurs.

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Z7/1 /zo/z î;oi7 un jour un taureau; il aime cette nourriture et il craint les atteintes des cornes. On se demande pourquoi le présent; mais l'expression de la lâcheté est naïve. Et trouvant le remède, il ne guérit pas son mal; subtilité niaise qui prétend à la force ou à la plai-

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