‹ La Fontaine et ses devanciersChapitre 46 sur 56 · Après Pavesi, Verdizotti et Capaccio, il suiTit de · texte numérisé non relu

Après Pavesi, Verdizotti et Capaccio, il suiTit de

nommer Baldi, Domenechi, Gello et Giraldi Cinthio. On sait déjà que Boni et Firenzuola, traducteurs des fables indiennes, avaient eux-mêmes été traduits en français, par Pierre Larrivey; enfin on doit citer avec honneur des fabulistes italiens plus récents : Thomas Grudeli, Roberli, Passeroni, Pignoti et Bersola qui se recommandent par des mérites divers, mais dont aucun n'a pu approcher de La Fontaine. A la fin du xviiie siècle l'abbé Casti imprima à la Fable un nouveau caractère. D'abord il lui donna une portée politique, en quoi il a été souvent imité de nos jours ; ensuite il en fit une épopée régulière, dans les A?iimaux parlants, sorte de poème en vingt chants qui eut un succès mérité. (( Casti, dit M. Calvi, dans son Histoire de la Littérature italienne, décrit les efforts, qu'après avoir acquis le talent de la parole, font les animaux pour s'étabhr en société et se donner une constitution. Ils préfèrent d'abord la forme monarchique et choisissent le lion pour leur roi. La mort de ce bon prince, la régence de la lionne sa veuve, la mort de son fils, donnent lieu à divers événements galants, diplomatiques, militaires et révolutionnaires. On y reconnaît sans aucun effort les tableaux les plus vrais des cours, des courtisans et des peuples du temps de l'auteur, et à cet égard on ne saurait imaginer un poème plus bizarre et à la fois^Dlus instructif. » Peut-être qu'en effet , la Fable , aiT lieu d'un récit court et un peu puéril auquel le lecteur sérieux se prête difficilement dans un siècle blasé, pourrait prendre un développement plus étendu et plus satirique, par une sorte de merveilleux bouffon et fan^ tastique tel qu'on en trouve dans Rabelais et dans Aristophane, et prêcher en badinant de bonnes vérités

dans l'ordre social. Nous en avons vu quelques exemples en France dans les gravures dont un artiste célèbre a orné les fables de La Fontaine, et dans un autre ouvrage de ce genre : Scènes de la vie publique et privée des ani?}iaux, ou les Animaux peints par eux-mêmes. Vienne un homme de génie, et il pourra peut-être faire rire et réfléchir ses contemporains sur tant de scènes étranges de notre vie politique ; mais il faudrait selon nous, s'élever au-dessus des préoccupations des partis, et peindre largement les travers généraux dont nous avons été les témoins , sans chercher à faire deviner les acteurs, afin d'obtenir un succès plus durable.

198. En Espagne, on ne trouve guère à signaler d'abord que le recueil ordinaire des fables d'Esope pubhé au xvi^ siècle, sans nom d'auteur, et un recueil de fables et de contes en prose par Seb. Mey, au commencement du xviie siècle. Voici dans l'Isopo la fable du Chêne et du Roseau, ou plutôt de l'Olivier et du Roseau.

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