‹ La Fontaine et ses devanciersChapitre 47 sur 56 · DE LA HAYA Y DE LA CANNA YERA · texte numérisé non relu

DE LA HAYA Y DE LA CANNA YERA

El hurailde permanece, y el sobervio perice. La baya viniendo al vientonon quiso abaxarse, y uua cauuavera que esta va cerca d'alla, y viendo venir il viento rezio, abaxavase, y bolviala al viento a qualquiera parte que queria, y dixese elle dixo la baya : Porque non estas firme come y o ? por essa puedes saber que soy mas fuerte que tu. Mas dende a poco Vino un gran viento, e quai derribo a la baya fuerte, y dexo la cannaverd que se abaxava.

Desta raanera muclias vezes les sobervios y dures de corazon, son destruyados resistiendo, y loshumildes escapan dando lugar y soiFricndo a losmas fuertes.

Cette fable assez sèche, n'offre guère de remarquable que cette expression pittoresque en parlant du roseau, ij holviola al viento a qualquiera parte que queria. Mais au xvue siècle, Yriarte se distingua par un recueil de fables d'un genre nouveau et assez piquant, c'est-à-dire par des fables littéraires donnant des leçons de critique avec beaucoup de goût et de finesse. Ce fut un des principaux modèles de Florian.

199. En Allemagne, un ancien poète du xiii^ siècle, Hugo de Trymberg, avait composé des fables pleines de bonhomie et de gaîté sous le titre de Der Renner (le Courrier); Sébastien Brandt au siècle suivant, y mêla un esprit de satire; c'est ce que nous avons déjà vu en France. L'ancien roman du Renart ou Reinecke ne fut rédigé que plus tard au xv^ siècle, puis mis en latin par Hartmann Schopper, et remanié supérieurement de nos jours par Gœthe. On recueillit aussi au xv^ siècle, quatre-vingt-dix fables des anciens poètes ou Minnesinger. A la même époque, il se fit d'autres recueils, l'un par un anonyme sous le titre de Liber similitudinis ; un autre était l'Esope ordinaire traduit par Steinhovel; enfin quatre cents fables furent mises en vers par Burcard Waldis. Au xyiii^ siècle, Gatel traduisit en vers les fables de La Fontaine; Lessing en composa en prose selon la manière d'Esope, et fit le procès à La Fontaine comme trop poétique et trop orné ; mais ces fables estimées en Allemagne sont sèches et peu intéressantes pour les étrangers. Au contraire, on estime la facilité aimable de Gellert, de Lichtwer, de Hagerdorn, de Pfeffel qui ont souvent pris La Fontaine pour modèle, mais sont restés au-dessous de lui. Ils ont tantôt de la finesse, tantôt de la bonhomie ; mais ces deux qualités

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sont rarement réunies chez eux comme chez les fabulistes français; ils n'ont pas en général cette légèreté naturelle qui n'est ni au-dessus ni au-dessous du sujet, mais qui y prend un sérieux intérêt et qui amuse en faisant réfléchir, caractère particulier du vrai fabuliste.

200, En Angleterre, Ogilby publia quelques années avant La Fontaine, un recueil de fables en* vers, dont le sujet était pris d'Esope, mais paraphrasées avec beaucoup plus de hberté, de manière que l'unité de composition se perd au milieu de détails agréables, mais excessifs. Plus tard Dryden et Prior, célèbres dans d'autres genres de poésie, laissèrent aussi quelques fables. Gay se distingua surtout par un tour facile et naturel quoique un peu diffus, et fut suivi dans cette voie par Wilkie, Edouard Moore et Dodsley.

On retrouve en Hollande le recueil ordinaire des fables d'Esope traduit à la fin du quinzième siècle. Au dix-huitième le polonais Krasicki se distingua dans l'apologue , et au dix-neuvième , Kriloff , un des meilleurs poètes de la Russie, fit aussi des fables qui eurent un grand succès. Ne pouvant parler de ces auteurs que sur la foi d'autrui, nous avons dû nous contenter de les citer sans les juger; nous n'avons pas même eu la prétention d'être complet, pas plus pour ces poètes étrangers que pour les poètes français. D'ailleurs comme la plupart ont été inconnus de La Fontaine, ou même S( nt venus après lui, ils ne rentrent pas dans notre plan et pourraient faire l'objet d'un autre travail, sur les successeurs de La Fontaine.

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