‹ La FontaineChapitre 7 sur 9 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Imagination, sensibilité, pensée, style, ne sontce pas ces qualités qui, réunies, constituent le grand poète? L'accord parfait en est extraordinairement rare. S'il n'est pas de vrai poète sans imagination ni sensibilité, il n'en est guère chez lequel Tune de ces facultés ne domine, parfois tyranniquement. De même la faiblesse de la pensée et l'insuffisance du style n'empêchent point toujours un tempérament poétique de se manifester si vivement, par la force de l'invention ou la franchise de l'émotion, qu'il soit impossible de le méconnaître et qu'il faille même l'admirer; pourtant, dans tous ces cas, l'on n*a affaire qu'à des génies incomplets. La Fontaine mérite-t-il d'être placé dans le petit groupe de ces génies rares qui ont réuni toutes, ces verlus et qui se succèdent, à intervalles irréguliers, sur la route obscure de l'humanité, comme des flambeaux de

hauteur inégale et de portée diverse, mais tous également inextinguibles et répandant tous au loin la douceur ou Téclat de leur lumière consolatrice? S*il y a, en un mot, quelque part, des Champs Elysées où s'assemblent les poètes pour Téternilé, est-il croyable qu'Homère, Sophocle, Virgile, Horace, Dante, Shakespeare lui ont ouvert déjà leurs bras comme à Tun de leurs frères, en le priant de s'asseoir à côté d'eux, malgré son air modeste et ses respectueuses révérences, parce qu'il a, comme eux, embrassé et compris, d'un œil avisé et d'un cœur tendre, la vie humaine, dans toute son étendue ? La France, depuis deux siècles, sans trop oser le dire, n'avait cessé de le- penser. La critique moderne, par la voix hardie et sincère de Taine, n'a plus hésité à le proclamer tout haut : « De tous les Français, c'est lui qui a été le plus véritablement poète ».

De toutes les qualités du poète ci-dessus énumérées, la plus haute et la plus précieuse, la moins commune aussi dans notre pays, où l'on a toujours préféré l'éloquence au lyrisme et subordonné le rêve au raisonnement, c'est l'imagination. Durant les périodes classiques, en dehors du ihéâtre, peu d'écrivains ont possédé ou désiré cette admirable faculté de charmer ou d'exalter les esprits^ par l'évocation émue de créatures imaginaires, mais vraisemblables et vivantes, et offrant toutes les apparences de la réalité. Au théâtre même, les évocations faites par Corneille et Racine, si profondes et si définitives

l'imagination. 15&

qu'elles soient au point de vue passionnel et moraU restent le plus souvent incomplètes par l'absence systématique du caractère physiologique et du détail environnant. C'est par là que leurs personnages, d'un art plus achevé, semblent, néanmoins,, animés d'une vie moins communicative et moins intense que ceux de Molière, déjà plus coloré et plus réel, que ceux surtout de Shakespeare, improvisateur, inégal et désordonné, mais dont les créations saisissantes apparaissent presque aussi visiblement à l'esprit du lecteur qu'aux yeux et aux oreilles du spectateur. Cînna et Pauline , Néron et Hermione, nous ont bien déjà, dans le livre,, exposé leur âme tout entière; nous avons besoin de les revoir, sur le théâtre, incarnés par des comédiens, dans un décor approprié, pour en saisir la forme sensible, pour les connaître en chair et en os. Vous n'avez, au contraire, qu'à ouvrir Shakespeare i au bout de quelques lignes, vous connaissez ses acteurs, leurs tempéraments, leurs visages, leurs infirmités, leurs conditions, leurs vêtements, le milieu matériel et sentimental dans lequel ils s'agitent. Prenez les Fables et parfois les Contes. Toutes proportions gardées, vous éprouvez une impression du même genre. Au lieu de héros tumultueux et violents, des bourgeois prudents et galants ; au lieu de héros plus grands que nature, de tout petits animaux; au lieu de passions débridées, des vices fustigés. La lorgnette est retournée; mais regardez bien : c'est la même vérité dans les types, dans les

gestes, dans les paroles, avec une clarté, une sûreté, une sobriété particulières qui accentuent encore la netteté et la vivacité de ces figurines. La Fontaine, avec toutes les différences qu'il peut y avoir entre les deux tempéraments, n'imagine pas autrement que Shakespeare. Tandis que ses confrères, plus sérieux et plus savants, s'efforcent, par la réflexion, par la logique, par l'étude, par la morale, de construire, de toutes pièces, dans le roman ou sur la scène, des types idéaux de vertus et de vices, lui s'en tient aux visions fournies par le monde qui l'entoure ou par les lectures qu'il a faites . Sur ce point, nous ne saurions partager l'opinion de Taine qui admire surtout en lui « la faculté d'oublier le réel » . Sa grande faculté, au contraire, nous paraît être de ne jamais oublier le réel. S'il rêve obstinément, s'il rêve avec délices, son rêve est toujours déterminé par un fait, et, dans la suite même de ce rêve, tout ce qui l'anime et tout ce qui le prolonge, c'est encore une série de faits. N'est-ce pas justement l'exactitude de tous ces menus faits, détails des êtres et détails des choses, qui donne à son rêve cet air incomparable de vraisemblance auquel nul ne résiste ?

L'infériorité chez le poète français, c'est que son imagination, extrêmement vive et précise, n'est ni forte, ni haute. Au théâtre, il n'a jamais pu combiner une action compliquée ni mener jusqu'au bout des personnages soutenus. Dans les Fables même, comme dans les Contes, il est vite hors d'haleine; il faut que la scène soit brève, et il est meilleur

WÊÊÊf>amsa^

qu'il n'y en ait qu'une. Il ne possède, en un mot, nullement, l'imagination inventive et constructive, et ne s'en plaint pas : il déteste tant Teffort et la fatigue ! Il regarde donc, sans jalousie, ses illustres amis courir, d'un élan laborieux, après les personnages qui rempliront leurs tragédies ou leurs comédies; quant à lui, comme son homme qui courait après la Fortune, il se contente de les attendre, étendu sur son lit, ou sur l'herbe des bois. Ils lui viennent, n'ayez crainte, ils lui viennent en foule, soit du fond des âges primitifs, amenés par Esope, Phèdre, Bilpay, soit du fond de ses souvenirs, toujours vivaces et toujours rafraîchis, de forestier nomade. Pourquoi se rompre la cervelle à machiner des intrigues, lorsqu'il suffit d'ouvrir un bouquin pour trouver des scénarios qui ont fait leurs preuves? A quoi bon se tuer pour créer des types incertains lorsque la légende en offre une multitude d'immortels et qu'il suffit de jeter un coup d'oeil autour de soi pour les retrouver, présents et vivants, parmi ses grands frères, les hommes, parmi ses petits frères, les animaux?

Si l'imagination du flâneur n'est pas inventive, combien, en revanche, elle est riche en souvenirs, observatrice, animée, pleine d'agréments et d'ornements! Combien prompte et savante à habiller, mouvoir, polir les acteurs, souvent grossiers et mal éduqués, sans tenue et sans conversation, qui lui arrivent de tant de côtés, parfois de si loin ! Rien de changé en apparence, ni les noms, ni les carac-

tères, ni les gestes, et cependant tous sont si bien renouvelés par cette vision perspicace qui analyse, en bonne lumière, leurs expressions et leurs mouvements, par cette intuition subtile qui leur découvre tant d'intelligence, de malignité, de grâce, qu'il nous semble les connaître pour la première fois. Il ne s'est point pressé pour les convoquer, il ne les a ni commandés, ni brusqués, il les a patiemment attendus; aussi chacun est-il venu à son heure, ni effarouché, ni guindé, continuant à faire tranquillement devant lui ses petites affaires. Taine en comparant une fable, de même longueur, la Grenouille qui v^eut se faire aussi grosse que le Bœuf^ dans Phèdre et dans La Fontaine, a montré avec quel art merveilleux, sans ajouter un mot, sans presque modifier la mise en scène ni le dialogue, par la seule substitution de termes plus expressifs et l'addition de quelques détails réels, le poète français a donné sa couleur et sa vie complète à un tableau de genre déjà joliment ébauché par le fabuliste latin. L'expérience est plus concluante encore si on la répète sur des pièces postérieures, dans lesquelles la matière fournie par Phèdre ou par Esope disparaît complètement sous l'abondance des développements imprévus, le Chat et le vieux Rat, par exemple, ou l'Homme et la Couleuvre.

C'est dans les Fables surtout, cette ample co~ médie aux cent actes divers, que les personnages, s'y représentant, presque tous, plusieurs fois, revêtent l«e plus nettement leur caractère physique et moral.

Ils le prennent avec tant de suite qu'ils ont donné à Balzac l'idée de : la Comédie humaine. Mais n'estelle pas déjà là tout entière, la comédie humaine, vue en raccourci, et jouée par des acteurs à poils oii à plumes? Animaux ou hommes, qu'importe! C'est tout un pour l'homme des champs. L'instinct sagace des bêtes, et leur honnête franchise de vices, lui paraissent même souvent supérieurs à noire raison déraisonnante et à notre corruption hypocrite. Du moment qu'un animal, par son physique ou par son moral, lui rappelle un type ou une classe d'hommes, il n'y a plus de différence entre eux, ni pour l'extérieur ni pour le langage. Il serait inutile et oiseux, après l'admirable travail de Taine, de refaire une classification de tous les caractères qu'on trouve dans la ménagerie du Champenois, d'y montrer, sous leurs traits indélébiles, le Roi, la Cour, la Noblesse, le Clergé, la Bourgeoisie, l'Artisan, le Paysan, toute la société française du xvii® siècle, toute la société antérieure et postérieure aussi, car ces caractères y sont frappés à la fois de la marque contemporaine et de la marque éternelle. On n'a qu'à se reporter à ce beau livre pour être édifié sur la logique avec laquelle le poète a constitué ce monde, grouillant et mêlé, d'animaux et d'hommes, nobles et tarés, vertueux et vicieux, intelligents et sots, les uns autant que les autres, et comme il leur a donné, par-dessus le marché, une Providence spéciale, un gouvernement de dieux bienveillants et doux, refaits à son image. Une imagination naturelle, qui n'a pas été gûtée

par une éducation conventionnelle, ou par des excès de littérature, voit d'abord, clairement et nettement, se poser, devant elle, l'acteur principal de son rêve, et le voit se poser dans son milieu. Nous en avons la preuve dans toutes les poésies populaires, chansons et légendes, de tout temps et de tout pays; en quelques vers, parfois dans un seul, par deux ou trois mots pittoresques et justes, le décor est établi, le personnage présenté, l'action commencée. Ainsi procède l'imagination de La Fontaine; du premier coup, les héros se dressent dans leur cadre, et nous les connaissons au physique et au moral :

Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne suis où Le héron au long bec emmanché d'un long cou :

Il côtoyait une rivière; L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours.

Quatre animaux divers, le chat grippe-fromage, Triste oiseau le hibou, ronge-maille le rat,

Dame belette au long corsage,

Toutes gens d'esprit scélérat.

Hantaient le tronc pourri d'un pin vieux et sauvage.

(^ Quand le personnage est d'importance, plus intéressant que d'ordinaire par sa valeur sociale ou morale, la description s'enrichit et s'étend, où se condense, en traits énergiques et puissants. Ce sont de vrais héros de drames, de tragédies ou d'épopées, quels qu'ils soient. Tantôt c'est un homme, comme le paysan du Danube :

Sous un sourcil épais il avait l'œil caché, Le regard de travers, nez tordu, grosse lèvre, Portait sayon de poil de chèvre,

l'imagination. 161

Et ceinture de joncs marins.

Cet homme ainsi bâti fut députe des villes Que lave le Danube ;

tantôt un animal, comme le lion mourant :

Chargé d'ans, et pleurant son antique prouesse;

tantôt un végétal, comme le chêne orgueilleux et foudroyé :

Celui de qui la tête au ciel était voisine,

Et dont les pieds touchaient à l'empive des morts.

S'il s'en était tenu à des visions si claires et si exactes, mais immobiles, La Fontaine ne serait encore qu'un bon poète descriptif, et on lui pourrait trouver des rivaux dans notre poésie ancienne ou contemporaine. Mais la description, pour lui, comme pour tous les grands poètes, n'est qu'une indication nécessaire, sur laquelle il ne faut point s'attarder. Une fois les acteurs posés, d'un tour de main rapide et décidé, dans le décor, l'action commence, quand elle n'est pas déjà engagée.

C'est ici que triomphe notre homme, si peu actif pour son propre compte, mais si expert à contempler et analyser l'activité d'autrui. Le mouvement, le geste, la parole, tout ce qui est l'expression de la vie et de la pensée dans la créature, se détermine, se succède, s'associe avec une justesse, une vivacité, une aisance qu'on ne retrouve chez nul autre. Peintre, physiologiste, psychologue, narrateur, dramaturge, satirique, moraliste, le poète développe

tous ses dons à la fois dans la mise en jeu de ses acteurs, qui semblent tous ses compères et ses amis. Regardez le hobereau qui s'installe chez le petit propriétaire, son voisin :

Ça, déjeunons, dit-il : Vos poulets sont-ils tendres? La fille du logis, qu'on vous voie ! approchez ! [gendres ? Quand la marierons -nous ? Quand aurons- nous des Bonhomme, c'est le coup qu'il faut, vous m'entendez.

Qu'il faut fouiller à Tescarcellel Disant ces mots, il fait connaissance avec elle,

Auprès de lui la fait asseoir.

Prend une main, un bras, lève un coin du mouchoir....

C'est l'action familière. Voici l'action tragique, et c'est le moucheron qui la mène :

Le quadrupède écume, et son œil étincelle!

Il rugit. On se cache, on tremble à l'environ.

Quant à l'action joyeuse, vive, comique, elle est toujours conduite avec un entrain incomparable , Qu'on se souvienne seulement du début de la Laitière et le Pot au lait, du Vieillard et l'Ane, des Deux Mulets, de cent autres. On ne trouve rien de semblable en aucune langue.

Il excelle dans la description, il excelle dans l'action, il excelle encore dans le dialogue. Il entend, en effet, ses personnages, en même temps qu'il les voit, et il les écoute d'une oreille merveilleusement attentive et fine. Nous retrouvons ici, avec quel plaisir, l'homme du xvii® siècle, l'écouteur intelligent et avisé, le causeur souple et subtil, le contemporain du Cardinal de Retz, de La Rochefoucauld,

l'imagination. 163

de La Bruyère, le prédécesseur de Saint-Simon. Rien ne prouve mieux combien il a mis à profit ses séjours dans tous les mondes, que ces dialogues des Fables, où il adapte les tours du langage et les termes du vocabulaire à la condition et à la situation des personnages avec une souplesse et un tact incomparables. Il n'y a que Molière pour sortir ainsi de sa peau et se fourrer si allègrement dans celle des autres, mais le personnel de Molière est moins varié, et le grand éclat du théâtre ne lui permettait pas d'y prendre toutes les libertés dont le malin bonhomme pouvait user avec une humilité audacieuse dans ses apologues considérés comme inoffensifs. Corneille et Racine avaient bien le droit de faire parler des rois, mais ils ne pouvaient mettre dans leurs bouches que des tirades héroïques et nobles. La Fontaine, lui, qui connaît son Lion à fond, ne se gêne point pour le montrer tel qu'il est. Chaque fois que la bête royale prendra la parole, ce sera donc d'un ton solennel et digne, comme il sied à une Majesté ; tous les termes de ses discours seront mesurés et choisis, empreints d'une bienveillance hautaine et méprisante, savamment dosés, suivant les rangs, pour ses courtisans et pour ses sujets. Il faudra un cas monstrueux où son orgueil est profondément humilié pour qu'il s'oublie et qu'il s'emporte à insulter un misérable moucheron, mais, sous cet appareil oratoire, comme il laissera percer sans cesse les calculs égoïstes de sa cupidité insatiable et de son orgueilleuse férocité ! Les courtisans, d'ail-

leurs, sont aussi bien démasqués par le fabuliste qui connaît tous les tours et détours de leurs âmes brillantes et avilies, les complications de leurs vanités et de leurs jalousies; il les fait discourir avec la même exactitude. On a justement comparé, pour la justesse de l'analyse, pour l'âpreté de la satire, pour le rendu puissant de la réalité, les Animaux malades de la peste, le Lion malade, les Obsèques de la Lionne, avec les pages les plus mordantes de Saint- Simon. Si Ton constate qu*autour du roi et de sa noblesse, les bourgeois, les financiers, les paysans parlent avec la même vérité, sans effort, le langage de leurs passions et de leurs sentiments, on reconnaîtra que l'imagination de La Fontaine était aussi précise lorsqu'elle écoutait que lorsqu'elle regardait. Cette imagination ne serait pas celle d'un poète, si, en contemplant les choses à travers son rêve, elle ne les voyait pas s'agrandir, se compléter, s'embellir, au point d'en être transportée hors du monde immédiat et palpable. De ce que cette exaltation, chez La Fontaine, ne se produit pas, dès l'abord, avec éclat ou fracas, comme c'est l'usage dans le lyrisme moderne, on a quelquefois conclu à l'absence d'habitudes idéales. Qu'est-ce pourtant que cette exaltation, admirablement soutenue, qui anime de sentiments humains cette multitude d'apparitions animales et végétales ? Il en est une autre, une exaltation de lettré, qui ne lui est pas moins ordinaire : c'est celle qui consiste à retrouver, dans les douleurs ou les joies de ces êtres minuscules, les douleurs et

l'imagination. 165

les joies des grands héros mythologiques et historiques. Cette transposition en majeur est chez lui constante et s'opère si naturellement qu'on n'en éprouve aucune surprise, mais avec quelle rapidité toutes choses s'en trouvent agrandies ! C'est l'hirondelle prophétique et méconnue par les oisillons qui devient « la pauvre Cassandre » au milieu des Troyens, c'est le chêne qui dresse son front « au Caucase pareil », c'est le vieux chat qui devient «l'Alexandre des chats, l'Attila, le Fléau des Rats ». Quand la mère lionne a perdu son fils, sa douleur éclate avec tant de force qu'elle en retentit jusqu'au fond de nos cœurs, d'un bouta l'autre de l'histoire I

Quiconque, en pareil cas, se croit haï des cieux, Qu'il considère Hécube, il rendra grâce aux Dieux!

Ces élans ne sont point rares dans la première partie des Fables ; ils sont fréquents dans la seconde. Ne les suit-on pas d'autant mieux, ne s'y abandonnet-on pas avec d'autant plus de confiance et de bonheur, qu'ils ne viennent qu'à leur temps, nous prennent quand il faut, nous soulèvent de terre sans brusquerie, pour nous enlever dans le ciel, à travers une trouée d'azur? Nous ne resterons pas en haut fort longtemps, cela est vrai, nous redescendrons vite sur le sol, mais, en reprenant terre, nous reprendrons haleine, tout prêts à refaire une nouvelle et courte ascension. Les imaginations de ce genre ne surprennent point, elles séduisent toujours et ne fatiguent jamais.

Page 1