‹ La Fontaine:Chapitre 25 sur 121 · V. — SUITE DU MÊME VOYAGE · texte numérisé non relu

V. — SUITE DU MÊME VOYAGE

A Limoges, ce 12 septembre 1663.

Je vous promis par le dernier ordinaire la description du château de Richelieu ; assez légèrement, pour ne vous en point mentir, et sans considérer mon peu de mémoire, ni la peine que cette entreprise me devait donner. Pour la peine, je n'en parle point, et, tout mari que je suis, je la veux bien prendre : ce qui me retient, c'est le défaut de mémoire ; pouvant dire la plupart du temps que je n’ai rien vu de ce que j’ai vu, tant je sais bien oublier les choses. Avec cela, je crois qu’il est bon de ne point passer par-dessus cet endroit de mon voyage sans vous en faire la relation. Quelque mal que je m’en acquitte, il y aura toujours à profiter : et vous n’en vaudrez que mieux de savoir sinon toute l’histoire de Richelieu, au moins quelqes singularités qui ne me sont point échappées, parce que je m’y suis particulièrement arrêté. Ce ne sont peut-être pas les plus remarquables ; mais que vous importe? De l’humeur dont je vous connais, une galanterie sur ces matières vous plaira plus que tant d'observations savantes et curieuses. Ceux qui chercheront de ces observations savantes dans les lettres que je vous écris se tromperont fort. Vous savez mon ignorance en matière d'architecture, et que je n’ai rien dit de Vaux que sur des mémoires. Le même avantage me manque pour Richelieu : véritablement au lieu de cela j'ai eu les avis de la concierge et ceux de M. de Châteauneuf : avec l’aide de Dieu et de ces personnes, j'en sortirai. Ne laissez pas de mettre la chose au pis; car il vaut mieux, ce me semble, être trompée de cette façon que de l’autre. En tout cas, vous aurez recours à ce que M. Desmarests a dit de cette maison : c’est un grand maître en fait de

descriptions. Je me garderai bien de particulariser aucun des endroits où il a pris plaisir à s'étendre, si ce n’était que la manière dont je vous écris ces choses n’a rien de commun avec celle de ses Promenades (1).

Nous arrivâmes donc à Richelieu par une avenue qui borde un côté du parc. Selon la vérité, cette avenue. peut avoir une demi-lieue ; mais, à compter selon l’impatience où j'étais, nous trouvâmes qu’elle avait une bonne lieue tout au moins. Jamais préambule ne s’est rencontré si mal à propos, et ne m’a semblé Si long: Enfin on se trouve en une place fort spacieuse : je ne me souviens pas bien de quelle figure elle est : demi-ronde ou demiovale, cela ne fait rien à l’histoire ; et pourvu que vous soyez avertie que c’est la principale entrée de cette maison, il suffit. Je ne me souviens pas non plus en quoi consistent la basse-cour, l’avant-cour, les arrière-cours, ni du nombre des pavillons et corps de logis du chât'au, moins encore de leur structure. Ce détail m’est échappé ; de quoi vous êtes femme encore une fois à ne pas vous soucier bien fort : c'est assez que le tout est d’une beauté, d’une magnificence, d'une grandeur dignes de celui qui l’a fait bâtir. Les fossés sont larges et d’une eau très-pure. Quand on a passé le pont-levis, on trouve la porte gardée par deux dieux, Mars et Hercule. Je louai fort l’architecte de les avoir placés à ce poste-là ; car, puisque Apollon servait quelquefois de simple commis à Son Éminence, Mars et Hercule pouvaient bien lui servir de suisses. Ils mériteraient que je m’arrétasse à eux un peu davantage, si cette porte n’avait des choses entore plus singulières. Vous vous souviendrez surtout qu’elle est couverte d’un dôme, et qu’il y a une Renommée au sommet : c’est une déesse qui ne se plaît pas d’être enfermée, et qui s'aime mieux en cet endroit que si on lui avait donné pour retraite le plus bel appartement du logis.

Même elle est en une posture

Toute prête à prendre l'essor ;

Un pied dans l’air, à chaque main un cor, Légère et déployant les ailes,

Comme allant porter les nouvelles

Des actions de Richelieu,

Cardinal, duc, et demi-dieu :

(1) Les Promenades de Richelieu, ou les vertus chrétiennes, par DESMARETS DE SnINT-SORLIN, Paris, 1653.

Telle enfin qu’elle devait être Pour bien servir un si bon maître ; Car tant moins elle a de loisir, Tant plus on lui fait de plaisir.

Cette figure est de bronze et fort estimée. Aux deux côtés du frontispice que je décris, on a élevé, en manière de statues, de pyramides, si vous voulez, deux colonnes du corps desquelles sortent des bouts de navires. (Bouts de navires ne vous plaira guère, et peut-être aimeriez-vous mieux le terme de pointes ou celui de becs ; choisissez le moins mauvais de ces trois mots-là : je doute fort que pas un soit propre ; mais j'aime autant m’en servir que d’appeler cela colonnes rostrales). Ce sont des restes d’amphithéâtre qu’on a rencontrés fort heureusement, n’y ayant rien qui convienne mieux à l’amirauté, laquelle celui qui a fait bâtir ce château joignait à tant d’autres titres. De dedans la cour, et sur le fronton de la même entrée, on voit trois petits Hercules, autant poupins'et autant mignons que le peuvent être de petits Hercules ; chacun d’eux garni de sa peau de lion et de sa massue (cela ne vous fait-il point souvenir de ce saint Michel garni de son diable?) Le statuaire, en leur donnant la contenance du père, et en les proportionnant à sa taille, leur a aussi donné l’air d’enfans, ce qui rend la chose si agréable qu’en un besoin ils passeraient pour Jeux ou pour Ris, un peu membrus à la vérité. Tout ce frontispice est de l'ordonnance de Jacques Lemercier, et a de part et d'autre un mur en terrasse qui découvre entièrement la maison, et par où il y a apparence que se communiquent deux pavillons qui sont aux deux bouts (1).

Si le reste du logis m’arrête à proportion de l’entrée, ce ne sera pas ici une lettre, mais un volume ; qu'y ferait-on? il faut bien que j’emploie à quelque chose le loisir que le roi nous donne. Autour du château sont force bustes et force statues, la plupart antiques ; comme vous pourriez dire des Jupiters et des Apollons, des Bacchus, des Mercures, et autres gens de Pareille étoffe ; car, pour les dieux, je les connais bien, mais pour les héros et grands personnages, je n'y suis pas fort expert : même il me souvient qu’en regardant ces chefs-d'œuvre je pris Faustine pour Vénus (à laquelle des deux faut-il que je fasse

(1 Jacques Lemercier, premier architecte du roi (1585-1654). Éleva la Soree Palais Cardinal, commença Saint-Roch. Travailla à l'Oratoire et au Valre,

82 LA FONTAINE, — CHAP. III réparation d'honneur?) : et, puisque nous sommes sur le chapitre de Vénus, il y en a quatre de bon compte dans Richelieu, ‘une entre autres divinement belle, et dont M. de Maucroix dit que Le Poussin lui a fort parlé, jusqu’à la mettre au-dessus de celle de Médicis (1). Parmiles autres statues qui ont là leur appartement et leurs niches, l’Apollon et le Bacchus emportent le prix, au goût des savans : ce fut toutefoix Mercure que je considérai davantage, à cause de ces hirondelles qui sont si simples que de lui confier leurs petits, tout larron qu’il est : lisez cet endroit des Promenades de Richelieu; il m'a semblé beau, aussi bien que la description de ces deux captifs dont M. Desmarests dit que l’un porte ses chaînes patiemment, l’autre avec force et contrainte. On les a placés en lieu remarquable, c’est-à-dire à l’endroit du grand degré, l’un d’un côté du vestibule, l’autre de l’autre; ce qui est une espèce de consolation pour ces marbres dont Michel- Ange pouvait faire deux empereurs.

L'un toutefois de son destin soupire, L'autre paraît un peu moins mutiné.

Heureux captifs ! si cela se peut dire D'un marbre dur et d’un homme enchaîné.

Je ne voudrais être ni l’un ni l'autre

Pour embellir un séjour si charmant ; En d’autres cas, votre sexe et le nôtre De l’un des deux se pique également.

Nous nous piquons d’être esclaves des dames ; Vous vous piquez d’être marbres pour nous, Mais c'est en vers, où les fers et les flammes Sont fort communs et n’ont rien que de doux.

Pardonnez-moi cette petite digression ; il m’est impossible de tomber sur ce mot d’esclave sans m’arrêter : que voulez-vous? Chacun aime à parler de son métier, ceci soit dit toutefois sans vous faire tort. Pour revenir à nos deux captifs, je pense bien qu’il y a eu autrefois des esclaves de votre façon qu’on a estimés ;

(1) Bellori veut que Poussin ait exécuté pour le cardinal, à son retour d'Italie, quatre Bacchanales, le Triomphe de Bacchus, celui de Neptune. Poussin avait acquis, lors de son séjour à Rome, une connaissance élevée de l'art antique ; c'est ce qui explique à quel point il était à même d'admirer la Vénus que le premier ministre destinait à l'ornement de son château.

mais ils auraient de la peine à valoir autant que ceux-ci. On dit qu’il ne se peut rien voir de plus excellent, et qu’en ces statues Michel-Ange a surpassé non-seulement les sculpteurs modernes, mais aussi beaucoup de choses des anciens. 11 y a un endroit qui n’est quasi qu’ébauché, soit que la mort, ne pouvant souffrir l’accomplissement d’un ouvrage qui devait être immortel, ait arrêté Michel-Ange en cet endroit-là, soit que ce grand personnage l’ait fait à dessein, et afin que la postérité reconnût que personne n’est capable de toucher à une figure après lui (1). De quelque façon que cela soit, je n’en estime que davantage ces deux captifs, et'je tiens que l’ouvrier tire autant de gloire de ce qui leur manque que de ce qu’il leur a donné de plus accompli.

Qu'’on ne sé plaigne pas que la chose ait été Imparfaite trouvée,

Le prix en est plus grand, l’auteur plus regretté Que s’il l’eût achevée.

Au lieu de monter aux chambres par le grand degré, comme nous devions en étant si proches, nous nous laissâmes conduire par la concierge ; ce qui nous fit perdre l’occasion de le voir, et il n’en fut fait nulle mention. M. de Châteauneuf lui-même, qui l'avait vu, ne se souvint pas d’en parler.

De quoi je ne Jui sais aucunement bon gré; Car d’autres gens m’ont dit qu’ils avaient admiré Ce degré, Et qu'il est de marbre jaspé.

Pour moi, ce n’est ni le marbre, ni le jaspe que je regrette, mais les antiques qui sont au haut ; particulièrement ce favori de l’empereur Adrien, Antinoüs, qui dans sa statue contestait de beauté et de bonne mine contre Apollon, avec cette différence pourtant que celui-ci aurait l’air d’un dieu et l’autre d'un homme,

{1) Michel-Ange avait destiné les Esclaves au monument de Jules 11; puis, ayant «trouvé que les Esclaves ne convenaient plus au tombeau, il avait commencé deux autres figures » . Nous savons, par Vasari, que Michel-Ange donna « à Koberto Strozzi, ces deux Esclaves de marbre ». De chez Roberto Strozzi « alors banni de Florence et réfugié en France, ces marbres passèrent au château d'Ecouen, chez le connétable de Montmorency ». Le cardinal de Richelieu en fut ensuite possesseur. « Du château de Richelieu (où La Fontaine les vit) ils vinrent, au dix-huitième siècle, dans les jardins de l'hôtel du maréchal de Kichelieu à Paris. » R. ROLLAND : (Michel-Ange). Ces Esclaves sont aujourd'hui au Louvre.

Je ne m’amuserai point à vous décrire les divers enrichissemens ni les meubles de ce palais. Ce qui s’en peut dire de beau, M. Desmarests l’a dit : puis nous n’eûmes quasi pas le loisir de considérer ces choses, l'heure et la concierge nous faisant passer de chambre en chambre sans nous arrêter qu'aux originaux des Albert Dures, des Titians, des Poussins, des Pérugins, des Mantègnes, et autres héros dont l'espèce est aussi commune en Italie que les généraux d'armée en Suèdi

Après que j’eus jeté l’œil sur les principales [richesses des galeries] nous descendîmes dans les jardins, qui sont beaux sans doute et fort étendus ; rien ne les sépare d’avec le parc. C’est un pays que ce parc, on y courre le cerf. Quant aux jardins, le parterre est grand et l'ouvrage de plus d’un jour. Il a fallu, pour le faire, qu’on ait tranché toute la croupe d’une montagne. La retenue des terres est couverte d’une palissade de Philiréa (1) apparemment ancienne, car elle est chauve en beaucoup d’endroits : il est vrai que les statues qu’on y a mises réparent en quelque façon les ruines de sa beauté. Ces endroits, comme vous savez, sont d'ordinaire le quartier des Flores : j'y en vis une et une Vénus, un Bacchus moderne, un consul (que fait ce consul parmi de jeunes déesses?), une dame grecque, une autre dame romaine, avec une autre sortant du bain. Avouez-le vrai ; cette dame sortant du bain n’est pas celle que vous verriez le moins volontiers. Je ne vous saurais dire comme elle est faite, ne l’ayant considérée que fort peu de temps. Le déclin du jour et la curiosité de voir une partie des jardins en furent la cause. Du lieu où nous regardions ces statues, on voit à droite une fort longue pelouse, et ensuite quelques allées profondes, couvertes, agréables, et où je me plairais extrêmement

éavoir une aventure amoureuse ; en un mot, de ces ennemies du jour tant célébrées par les poètes : à midi véritablement on y entrevoit quelque chose,

Comme au soir, lorsque l’ombre arrive en un séjour, Ou lorsqu'il n’est plus nuit, et n’est pas encor jour.

Je m'enfonçai dans l’une de ces allées. M. de Châteauneuf, qui était las, me laissa aller. A peine eus-je fait dix ou douze pas, que je me sentis forcé par une puissance secrète de commencer quelques vers à la gloire du grand Armand. Je les ai

(1) Communément Filaria ou phylaria.

depuis achevés sur les mémoires que me donnèrent les nymphes de Richelieu : leur présence, à la vérité, m’a manqué trop tôt ; il serait à souhaiter que j’eusse mis la dernière main à ces vers au même lieu qui me les a fait ébaucher. Imaginez-vous que je suis dans une allée où je me dis ce qui s'ensuit :

Mânes du grand Armand, si ceux qui ne sont plus Peuvent goûter encor des honneurs superflus, Recevez ce tribut de la moindre des Muses :

Jadis de vos bontés ses sœurs étaient confuses ; Aussi n’a-t-on point vu que d’un silence ingrat Phébus de vos. bienfaits ait étouffé l'éclat.

Ses enfans ont chanté les pertes de l’Ibère,

Et le destin forcé de nous être prospère,

Partout où vos conseils, plus craints que le dieu Mars, Ont porté la terreur de nos fiers étendards :

Ils ont représenté les vents et la fortune Vainement indignés du tort fait à Neptune, Quand vous tîntes ce dieu si longtemps enchaîné (1) Le rempart qui couvrait un peuple mutiné,

Nos voisins envieux de notre diadème,

Et les rois de la mer et la mer elle-même,

Ne purent arrêter le cours de vos efforts.

La Seine vous revit triomphant sur ses bords. Que ne firent alors les peuples du Permesse !

On leur ouït chanter vos faits, votre sagesse,

Vos projets élevés, vos triomphes divers ;

Le son en dure encore aux bouts de l'univers.

Je n’y puis ajouter qu’une simple prière :

Que la nuit d'aucun temps ne borne la carrière De ce renom si beau, si grand, si glorieux !

Que Flore et les Zéphyrs ne bougent de ces lieux ; Qu’ainsi que votre nom leur beauté soit durable ; Que-leur maître ait le sort à ses vœux favorable ; Qu'il vienne quelquefois visiter ce séjour,

Et soit toujours content du prince et de la cour.

Je serais encore au fond de l’allée où je commençai ces vers, si M. de Châteauneuf ne fût venu m’avertir qu’il était tard.

(1 Le cardinal, lors du siège de la Rochelle, en 1627, avait fait élever la grande digue, à laquelle i est fai allusion ici.

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Nous repassâmes dans l’avant-cour afin de gagner plus tôt l'autre côté des jardins. Comme nous étions près du pont-levis, un vieux domestique nous aborda fort civilement, et me demanda ce qu’il me semblait de Richelieu. Je lui répondis que c'était une maison accomplie ; mais que, n’ayant pu tout voir, nous reviendrions le lendemain, et reconnaitrions ses civilités et les offres qu’il nous faisait (je ne songeais pas à notre promesse). « On ne manque jamais de dire cela, repartit cet homme ; j'y suis tous les jours attrapé par des Allemands. » Sans la crainte de nous fâcher, et par conséquent de ne rien avoir, il aurait, je pense, ajouté : « A plus forte raison le serai-je par des François }; même je vis bien que le haut-de-chausses de M. de Châteauneuf lui semblait de mauvais augure. Cela me fit rire, et je lui donnai quelque chose.

À peine l’eûmes-nous congédié, que le peu qui restait de jour nous quitta. Nous ne laissâmes pas de nous renfoncer en d’autres allées, non du tout si sombres que les précédentes ; elles pourront l'être dans deux cents ans. De tout ce canton je ne remarquai qu'un mail et deux jeux de longue paume dont l’un pourrait bien être tourné vers lorient et l’autre vers le midi ou vers le septentrion ; je suis assuré que c’est l’un des deux :on se sert apparemment de ces jeux de paume selon les différentes heures du jour, pour n’avoir pas le soleil en vue. Du lieu où ils sont il fallut rentrer en de nouvelles obscurités, et marcher quelque temps sans nous voir, tant qu’enfin nous nous retrouvâmes dans cette place qui est au-devant du château, moi fort satisfait, et M. de Châteauneuf, qui était en grosses bottes, fort las.

Au début de la VI* lettre, qui est datée de Limoges (ce 19 septembre 1663), La Fontaine toujours languissant,commence d'incliner à la paresse. « Ce serait, dit-il, une belle chose que de voyager, s'il ne se fallait point lever si matin. » Nous apprenons que M. de Châteauneuf et lui quittèrent Richelieu; ils ne manquèrent pas d'atteindre Châtellerault avant qu'il fût tard. La première chose qu'ils virent ce fut la Vienne. Cette rivière « porte des carpes qui sont petites quand elles n'ont qu'une demi-aune. » « On nous en servit des plus belles avec des melons », dit La Fontaine. C'est dans la même ville que La Fontaine eut aussi le bonheur de retrouver des parents du côté de sa lignée maternelle.

La mère de La Fontaine était née Françoise Pidoux et descendait des Pidoux de Châtellerault. Parmi ces derniers, plusieurs avaient été alliés aux ancêtres du cardinal de Richelieu. Divers d'entre eux — et notamment Jean Pidoux grand-père du poète — avaient été médecins. « La famille des Pidoux, écrit à ce propos M. Gabriel Hanotaux, avait depuis longtemps une culture scientifique et littéraire. Elle brillait même d'un réel éclat. Il n'est pas indifférent de savoir que La Fontaine avait été précédé, dans sa famille, par une longue suite d'hommes d'étude et de talent. »

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