‹ La Fontaine:Chapitre 4 sur 121 · ODE POUR LA PAIX · texte numérisé non relu

ODE POUR LA PAIX

Le noir démon des combats Va quitter cette contrée ; Nous reverrons ici-bas Régner la déesse Astrée,

La paix, sœur du doux repos, Et que Jules va conclure (1), Fait déjà refleurir Vaux (2); Dont je tire un bon augure.

S'il tient ce qu’il a promis, Et qu’un heureux mariage Rende nos rois bons amis, Je ne plains pas son voyage.

© paix, infante des cieux, Toi que tout heur accompagne, Viens vite embellir ces lieux Avec l’infante d’Espagne.

Chasse des soldats gloutons La troupe fière et hagarde, Qui mange tous mes moutons, Et bat celui qui les garde.

Délivre ce beau séjour

De leur brutale furie,

Et ne permets qu’à l'amour D'entrer dans la bergerie.

Fais qu’avecque le berger On puisse voir la bergère, Qui coure d’un pied léger, Qui danse sur la fougère.

{13 Jules Mazarin. La paix des Pyrénées.

(2) Le cardinal s'arrêta à Vaux en se rendant à Saint-Jean-de-Luz.

Et qui, du berger tremblant Voyant le peu de courage,” S’endorme ou fasse semblant De s'endormir à l’ombrage.

© paix ! source de tout bien, Viens enrichir cette terre,

Et fais qu'il n’y reste rien Des images de la guerre.

Accorde à nos longs désirs De plus douces destinées ; Ramène-nous les plaisirs, Absens depuis tant d'années.

ni

La même année que l'Ode à la paix. La Fontaine écrivit Les Rieurs du Beau-Richard. C'est un ballet de sa manière, composé à Château-Thierry et qui a pour cadre « le carrefour formé par l'intersection de la place du Marché, de la rue du Pont et de la Grande-Rue (1) ». C'est au Beau- Richard, durant la saison d'été, que les clercs, marchands, bourgeois et autres lurons venaient, par devant les maisons du savetier et du financier, coqueter et deviser avec les belles « guillemettes » de Chaury (2). Les de La Haye, de Bressay, de la Barre et autres amis champenois de La Fontaine prêtèrent leur concours à la représentation de cette « bluette qui, par le style et par la forme du vers, ainsi que par la naïveté narquoise du dialogue, va rejoindre et continuer nos anciennes farces (3)

(1) Émile DerAINE, Au pays de Jean de La Fontaine (1909).

{2) N'est-ce point parmi ces plaisants que Boileau rencontra, ainsi qu'on l'a dit, les-originaux de son Repas ridicule (Satires )? 1 ÿ a tout lieu de le penser.

(3) Paul MesnaRD, Œuvres de Jean de La Fontaine (coll. des grands écrivains).

FRAPPE RRRRRRRE

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