CHAPITRE VI
1. La Fontaine collabore à un « recueil de poésies chrestiennes. et diverses n — II. Le troisième livre des Contes. — III. Relations à amitiés de La Fontaine. — IV. Nouveau recueil de a Fables. »
Où l'on peut juger de toute l'efficacité du sentiment amical de La Fontaine, c'est dans la sorte d'abandon qu'il faisait quelquefois de son nom à des ouvrages collectifs qui ne prenaient vraiment d'intérêt que parce qu'il y prêtait de ses écrits particuliers. Pintrel et Maucroix obtinrent de cette manière qu'il présentât leurs poèmes au public; mais le livre du-même genre où il collabora le plus volontiers, en prose et en vers, est le Recueil de poésies chrestiennes et diverses que Henri-Louis de Loménie, comte de Brienne, ancien secrétaire d'Etat alors retiré à l'Oratoire, fit paraître, avec le concours de MM. de Port-Royal, dans le courant de l'année 1671. Ce recueil, destiné à l'éducation de l'aîné des jeunes princes de Conti (1), contenait nombrede pièces de Racan, de Godeau, de Malherbe; le Bonhomme, largement mis à contribution, était représenté, confondu aux
(1) Louis-armand et François-Louis de Bourbon, princes de Conti, neveux du Grand Condé, nés, le premier en 1661, et le second en 1664, étaient à peu près du même âge que Louis, dauphin de France. Mme de Caylus (Souvenirs) écrit ce propos : « MM. les princes de Corti avaient été élevés avec Mgr le
Dauphin, dans les premières années de leur vie, et par une mère d'une vertu exemplaire. Ils avaient tous deux de l'esprit et étaient fort instruits. »
autres, par quelques-unes de ses Fables les plus célèbres, des fragments de Psyché, l’Elégie pour M. Fouquet, voire une paraphrase du psaume XVII mis en vers français. Un poème, servant de dédicace, offrait, avec beaucoup de bonne grâce et dans des termes choisis le plus heureusement, le recueil au jeune prince.