SERVANT DE DÉDICACE AU RECUEIL DE « POÉSIES CHRESTIENNES ET DIVERSES
Prince chéri du ciel, qui fais voir à la France Les fruits de l’âge mûr joints aux fleurs de l’enfance, Conti, dont le mérite, avant-courrier des ans, A des astres bénins épuisé les présens, A l’abri de ton nom, les mânes des Malherbes Paraîtront désormais plus grands et plus superbes; La scène semblera briller de nouveaux traits ; Les Racans, les Godeaux, auront d’autres attraits; Par ton nom tu rendras ces ouvrages durables ; Après mille soleils ils seront agréables.
Si le pieux y règne, on n’en a point banni Du profane innocent le mélange infini.
Pour moi, je n’ai de part en ces dons du Parnasse u’à la faveur de ceux que je suis à la trace. sope me soutient par ses inventions ; J'orne de traits légers ses riches fictions : Ma muse cède en tout aux muses favorites Que l'Olympe doua de différens mérites.
Cependant à leurs vers je sers d’introducteur. Cette témérité n’est pas sans quelque peur.
De ce nouveau recueil je t'offre l’abondance, Non point par vanité, mais par obéissance.
Ceux qui par leur travail l'ont mis en cet état, Te le pouvaient offrir en termes pleins d’éclat ; Mais craignant de sortir de cette paix profonde Qu'ils goûtent en secret loin du bruit et du monde,