‹ La Fontaine:Chapitre 54 sur 121 · POÉSIES CHRESTIENNES ET DIVERSES · texte numérisé non relu

POÉSIES CHRESTIENNES ET DIVERSES

Ils m’engagent pour eux à le produire au jour,

Et me laissent le soin de t'en faire leur cour.

Leur main l’eût enrichi d’un plus beau frontispice. La mienne leur a plu simple et sans artifice ; Conti, de mon respect sois du moins satisfait,

Et regarde le don, non celui qui le fait.

La Fontaine s'efforce, ici comme à son ordinaire, à s'effacer modestement; c'est une tâche à laquelle il réussit si bien qu ua fut longtemps sans savoir que la préface au recueil des Poésies chrestiennes était de sa composition. Cette préface, qui n'a jamais été réunie aux pages similaires dans les éditions les plus complètes des Œuvres, présente un intérêt capital en ce sens qu'elle offre les caractères d'un véritable Arf poétique. La Fontaine énonce, dans ce long chapitre, les vérités les plus essentielles; ses remarques, touchant les règles de la prosodie dans leurs rapports avec le goût, le sentiment et l'inspiration, y sont toutes judicieuses; mais, pour s'exprimer avec moins de raideur que chez Ariste (Boileau), ces remarques et ces vérités n'en prennent pas moins, par la voix de Polyphile, un accent qui touche. Cette préface, attribuée longtemps à Lancelot ou Nicole, est bien de La Fontaine; « on va voir si la langue et l'esprit du Bonhomme ne le trahissent pas à chaque phrase (1) ».

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