‹ La fontaineChapitre 101 sur 123 · T. IX, p. ;!8G : Lrtlre à M. <lo liinirepau · texte numérisé non relu

T. IX, p. ;!8G : Lrtlre à M. <lo liinirepau

SA MKNTALITE 203

Pour peu que jainie, je ne vois dans les défauts des personnes, non plus qu'une taupe qui aurait cent pieds de terre sur elle '.

Un peu plus loin, il nous déclare que, dès qu'il a un grain d'amour, il a bien soin d'v mêler, avec abondance, « tout l'encens » qu'il possède dans son magasin-.

Une autre grave faute que l'on peut lui reprocher consiste en ceci : il n'a jamais su gagner sa vie. Il a toujours souffert qu'on l'entretint, a mangé tout son bien et une bonne partie de la dot do sa femme, et n'a jamais su économiser une piastre.

Une occasion, choisie entre bien d'autres, nous fera aisément connaître sa façon de faire. Dès qu'il a un peu d'argent, il se hâte de le dépenser. Comment? vous allez le voir. A-t-il quelques (( louis » en poche et prévoit-il qu'il lui en arrivera d'autres, par ailleurs, il éprouve un double plaisir à se défaire de la somme qu'il détient pour le moment. Il se trompe parfois, car l'argent sur lequel il a imprudemment compté se fait désirer ; bientôt il n'a plus un sou vaillant et que faire? En bonne cigale, qu'il est, il chante ses malheurs à ses amis ; voyez plutôt :

D'un soin obligeant, L'abhé m'a promis quelque argent, Amen, et le ciel le conserve-'.

Et il ajoute aussitôt :

Sur cet espoir, j'ai par avance Quelques louis au vent jetés'.

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