Fable l'Éléphcml et te Hinge de Jupiter, /oc. ait
Est-il un personnage plus orgueilleux, i»lus égoïste ({ue Tavare? Sus à lui, parce qu'il est une plaie pour la société. A force de thésauriser, il s'imagine qu'il se vole lui-uièinc lorsqu'il regarde ses « piastres » entassées. Ce cancre en est arrivé à une exagération maladive. 11 cache son trésor, parce qu'il craint d'avoir un jour l'idée d'eu dépenser une partie. Comme il veut le garder tout entier, dans un accès de suprême égoïsme, il le soustrait à sa vision sensuelle.
Moi-même de mon bien je serais le hirion '.
La P'ontaine estime même que l'amour-propre est l'auteur, le père de tous les défauts-. Tous les conflits qui divisent les hommes viennent de là. L'on ne se froisse, l'on ne se fâche que parce que l'on rapporte les choses à soi-même, que parce que l'on s'aime soi-même.
Si l'humanité tout entière est capable d'orgueil, il est des défauts et des qualités qui sont spéciaux aux habitants d'une contrée ou d'une nation. Chaque peuple a son tempérament particulier, ses tournures ])ropres; chaque nation a une façon de juger de la vie et des hommes qui lui est })articulière.
(Iliariue pays a sa penst'e^.
C'est lii une transposition ou une confirmation delà profonde parole de Pascal: k Vérité en décades Pvrénées, erreur au delà ' ».
1. T. III, p. 22 h 27 : liv. X, fable IV, CEnfo7iif,seiir et son Cotnpère.
2. T. III, p. 124 à 131 : liv. XI, fable V, le Lion, le Singe et les Deux Anes.
3 T. Il, p. 391 : liv. IX. fable Vil. /« Souris me'lamorphoséc en fille.
Il va nous parlei" iiiaiuteiiant des peuples et de leur valeur.
Les Anglais sont moins lëyers, moins vains que les Français. Ils prennent, la vie plus au sérieux. Ils sont plus réllécliis et plus travailleurs, ils pensent» profondément^ ».
Les rapports entre les hommes sont devenus de plus en plus fréquents au fur et à mesure qu'ils ont étudié réciproquement leur langage.
C'est par la parole beaucoup mieux que par l'écriture que l'on suggestionne la foule; c'est par la parole que Thomme exprime tout le contenu de sa pensée. Mais, en lisant la meilleure œuvre écrite, l'on ne devine pas l'auteur ni la pensée comme après l'avoir entendu lui-même. Le grand orateur joint au grand écrivain constitue le type accompli du meneur de foules. Les mots bien choisis, les phrases imagées, les périodes sentimentales exprimées par un cœur qui sait les ressentir, subjuguent aisément la masse qui réclame souvent un chef ou un roi-^
11 en est de même en amour: deux êtres qui se comprennent, deux créatures qui s'aiment se flattent sans cesse mutuellement par les paroles les plus douces, par le langage le plus imagé qui soit en leur pouvoir.
Paroles ont des vertus non pareilles, Paroles en amour font des merveilles '.
C'est aussi par le langage que l'homme exprime les plus tristes et les plus bas de ses sentiments. Yeut-il