COMME M T ON DOIT LIRE LES FIABLES
les Deux Amis ; du genre noble et élevé, comme la Mort et le Mourant, le Vieillard et les Trois Jeunes Hommes, le Paijsan du Danube ^ le Chêne et le Roseau.
La même fable renferme parfois des vers d'esprit et des vers de sentiment. La Fontaine abonde en semblables contrastes, et il excelle dans ces oppositions qui font valoir les ressources de son style et la souplesse de son talent. Avec un écrivain tel que lui, l'écueil pour le lecteur n'est pas l'uniformité, la monotonie.
C'est bien plutôt la variété des tons, les nuances infinies auxquelles doit se prêter l'organe qui sert d'instrument.
Dans deux fables, La Fontaine a abordé des questions philosophiques, et il a su y plier son style, en évitant la sécheresse et l'aridité qui en sont l'écueil en poésie. Les erreurs de nos sens lui ont fourni le sujet de la dissertation qu'il a intitulée Un animal dans la lune., et où il montre la raison rectifiant l'illusion de nos yeux. Si les vers n'ont pas l'agrément qu'ils possèdent dans
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les autres fables, ils sont remarquables par la précision avec laquelle ils traduisent des idées justes.
Les Deux Rats, le Renard et VOEuf sont à l'honneur de l'esprit et de l'intelligence des bêtes. C'est, en quelque sorte, la justification de la thèse développée dans les autres fables sous mille formes diverses. Les combinaisons stratégiques du cerf poursuivi par le cha^^seur, les ruses ingénieuses de la perdrix qui protège sa couvée, l'industrie des castors, tour à tour architectes pour construire leurs demeures, et tacticiens lorsqu'ils sont en guerre, autant d'arguments en faveur de l'intelligence des animaux. Commencé en manière de préface, ce long discours en vers se termine par un exposé de doctrine sur ce qu'on pourrait appeler 1' « âme des bêtes » . La fable n'y occupe que peu de place. Elle consiste dans l'aventure des deux rats qui se livrent à de savantes combinaisons pour emporter un œuf.
Les bêtes sont-elles dépourvues d'intelli-