‹ La forêtChapitre 10 sur 22 · LE AVE OR · texte numérisé non relu

LE AVE OR

tête pour avoir de la lumière, s’il ne veut pas être tenu à l'ombre, opprimé et peut-être finalement étouffé par ses compétiteurs plus puissants et d’un feuillage plus épais. À la forme de l'arbre et à sa tête, nous pouvons dire s’il a eu à lutter contre ses voisins. Le fait important, qui laisse prévoir la conclusion et le résultat final, c’est que les espèces diverses sont différemment douées quant à leur aptitude à supporter l'ombre ou quant à la quantité de lumière que requiert leur ex1s- Lence

Allez dans les forêts épaisses et voyez quelles espèces d'arbres vous y trouverez à l'ombre profonde, et puis allez dans un découvert de date récente, un champ abandonné ou un autre endroit où tous les arbres peuvent également jouir de l’avantage de la lumière, et vous trouverez le sol occupé par des sujets bien différents. Dans le premier cas, vous trouverez, peut-être, du hêtre et de l’érable à sucre, ou du sapin et de l’épinette : dans le second, vous pourrez trouver du tremble, des peupliers, le saule, l’érable tendre, les chênes ou les pins, le tamarac, etc.

En fin de compte, c’est quand ils sont en pleine lumière que tous les arbres poussent le mieux et c’est là seulement qu’ils accusent leur forme caractéristique dans son parfait développement. Mais de même que certaines espèces peuvent s'adapter à l’excès ou au manque d'humidité, ainsi d’autres peuvent vivre et même bien se développer avec moins de lumière, et nous pouvons, en conséquence, classifier et diviser les espèces comme suit : les tolérantes, celles qui en-

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durent d’être à l’ombre, et les intolérantes, ou les espèces qui ont besoin de lumière.

L'épaisse forêt d'épinettes et de sapins indique, par le nombre d’arbres qui peuvent loger dans un acre Mquelcettelespecesendéveloppe avechstece ni l'ombre de ses voisins, tandis que la forêt de pins ouverts indique qu’il faut à cette espèce une plus grande quantité de lumière pour qu’elle vienne bien.

La tête à feuillage si dense de la ‘pruche avec des branches toutes garnies de feuilles même au m1lieu de l’arbre, est une preuve de son endurance à l’ombre, tandis que le mélèze ou le peuplier, le frêne outle bouleat Won meme lei ha nreteonventenct peu garme de feuillage, laissent voir combien 1ls sont sensibles à l’absence de lumière par cette pauvreté mème denlenracine par MaMpententAr MERE branches inférieures et par l'incapacité de leurs semis et de leurs jeunes pousses d’endurer l’ombre de leurs voisins où même celle de leurs auteurs.

Pour compenser ce désavantage qu'offre leur constitution, 1ls ont ordinairement quelque avantage dans la nature de leur graine et ils font le plus souvent une croissance rapide en hauteur dans leur jeunesse, de sorte que, lorsqu’au moins la concurrence pour obtenir de la lumière commence avec des chances égales, ils peuvent s'assurer leur part en dépassant en hauteur ceux qui cherchent à les étouffer. Ils ne peuvent se maintenir dans une forêt aux bois mêlés qu’en restant à la tête et en occupant le niveau des cimes, comme fait le pin blanc. Les espèces tolérantes, de leur côté, pouvant croître à l’ombre des espèces au feuillage

léger, poussent ordinairement plus lentement ; mais comme elles peuvent endurer l’ombre, leur place est toujours assurée dans la forêt.

Plusieurs d’entre elles se distinguent et se caractérisent par une croissance en hauteur qui, bien que se faisant lentement, est persistante ; tandis que les éspécessauxquelles lautide la lumière ten, diminuaut la proportion de leur croissance en hauteur, perdent souvent à la fin ce qu’elle avaient gagné dans (émAiennesccMihenEe-tuteronecelestqutéendurent l'ombre prennent l’ascendant et les représentants des espèces qui demandent de la lumière ne se trouvent qu'isolément dans la forêt mêlée, comme restes ou seuls survivants de groupes dont tous les autres membres ont péri, et ce n’est que lorsqu'un coup de vent ou un fléau d'insectes fait un découvert d’une étendue suffisante que ces espèces ont quelque chance de se rétablir.

Aïnsi, la composition et l’apparence générale de la forêt mêlée sont grandement influencées par cette différence de besoin de lumière qu’accusent les espèces présentes, et son développement numérique dépend aussi des besoins de chaque individu et de sa capacité de l’emporter sur son voisin.

De même que dans la forêt mixte les espèces sont distribuées selon leur endurance à l’ombre, ainsi dans la forêt composée d’une seule espèce ou d'espèces d’une endurance égale, les arbres de différentes dimensions et de différents âges se développeront les uns à côté des autres selon la lumière qu'ils pourront avoir, se

nuisant les uns aux autres, les trainards étant finalement étouffés par la privation de lumière.

La victoire est à ceux qui, pour avoir hérité d’une plus grande vigueur ou avoir eu la chance de trouver un meilleur sol, dominent la communauté; tout comme dans le monde des humains, les modestes sont acculés au pied du mur.

Mais, finalement, même ces vainqueurs doivent disparaître à leur tour; car de même que Hercule, l’invincible, succomba au poison qui pénétra ses os, ainsi le géant majestueux de la forêt tombe sous l’action insidieuse de la pourriture, des fong1, des insectes ousous l'effort delattempète "Ouaindeletcenmnde l'arbre est coti et affaibli, les branches sèches commencent par tomber en poussière et graduellement donnent aux jeunes arbres de la deuxième végétation, se composant d'espèces vivant à l’ombre et attendant patiemment la lumière, une chance de prendre de la vigueur. Ensuite se brisent les grosses branches et la tête desséchée, et, après avoir résisté aux assauts des tempêtes pendant des siècles, après avoir résisté pendant des décades à la guerre sourde de la tribu des fongi, le géant tombe enfin, et ses déporrilles enrichissent le sol pour les générations futures. Dans la brèche se précipitent les jeunes Epigones qui s’efforcent, l'unnl'autre, depreudretlatplacerdetenretenm et de conserver la forêt.

C'est à cause de ces changements dansules can ditions de lumière que se produisent les alternances de ” ? . ORLX A VA 2 végétation forestière, le chêne succédant au pin, ou le pin suivant le chêne; les peupliers, les bouleaux,

Où se déclarent souvent les feux de forèêts—Déchets forestiers

Arrivée des billots—Ils remplissent tout le lit de la rivière au bas d’une chaussée

les cerisiers apparaissant aux endroits dépouillés et no to nl ÉbTetelennoyenclenhétréeret l’érable s’insinuant à l’ombre de ces espèces qui réclament de la lumière, et finissant par les supplanter.

Tandis que dans la forêt de l’est, dans des conditions naturelles, le changement de prédominance s’accomplit en 300 à 500 ans, les vieux monarques du Pacifique, s’élevant comme des tours au-dessus de tous leurs compétiteurs, ont gardé la domination 2000 ans ou plus. Et dans cette lutte, si des changements dans la condition du climat et du sol venaient à se produireheucièmetemps,1l peut bien arriver quertoute la race soit débordée et exterminée. La forêt primitive est donc le résultat de longues luttes, se poursuivant durant des siècles, peut-être durant des milliers d’années. Quelques représentants les plus vigoureux des vieilles familles, qui, à une époque préhistorique étaient puissants, survivent encore, mais subissent, Pme MAtiEe MenasSortamotre epoque,

Le plus gros des arbres de notre forêt orientale, atteignant une hauteur de 150 pieds et un diamètre allant jusqu’à 12 pieds, le plus beau et l’uu des plus utiles, —le tulipier (liriodendron)—est le survivant d'une ère primitive ; autrefois distribué sur la surface du globe, il est maintenant confiné dans l’est de l’Amérique septentrionale, condamné à disparaitre bientôt de nos bois par suite de l’inqustifiable préférence de l’homme. D’autres, tels que les torreyas et les cyprès,

“semblent avoir succombé sous l’effet d’une décadence naturelle, si nous en jugeons aux limites restreintes auxquelles ils sont confinés. De même les colossals

séquoias, restes d’une époque où tout avait des proportions plus grandes qu'aujourd'hui, paraissent en être rendus à la fin de leur règne; tandis que le puissant taxodiumMleteypres Chanve leMeros a rDTeMATCnLeEtr semble encore vigoureux et prospère, croissant au milieu de la tillandsie grise ou mousse d’Espagne, et peut vivre le pied dans l’eau sans que cela nuise à sa constitution.

Jusqu'à présent, nous n'avons considéré l’évolution de la forêt qu’au point de vue géographique et botanique, ainsi que l’histoire de sa lutte pour l’existence contre les éléments, contre la végétation inférieure et autres forces de la nature. Un nouveau chapitre de l’histoire de sa vie, une nouvelle relation, un nouveau point de vue s’ouvre lorsque l’homme entre en scène, et finalement l’homme est devenu le facteur le plus important dans l’évolution de la forêt, pouvant en changer la composition et le développement.

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