DE L'ART DE RENDRE LES FORÊTS PRODUCTIVES
A principale occupation et le principal intérêt du sylviculteur consiste dans le renouvellement de la récolte de bois, et il est obligé de voir a cecque las forét puisse se refaire dela récolte qui aura été prise durant une année.
Comme l’agriculteur qui sème et moissonne, ainsi le sylviculteur récolte et remplace, bien que les méthodes suivies par l’un et par l’autre aient peu de chose de commun : de même les méthodes suivies par le cultivateur de fruits ou le jardinier ne sauraient s'appliquer non plus. TL/arbre qui donne satisfaction à ceux-c1 ne répond pas du tout aux besoins du sylviculteur, car le point de vue de ce dernier, son but en est un bien différent, et partant, ses méthodes lui sont propres. En effet, ce qu’il a en vue, ce ne sont pas les arbres individuellement, pas plus que l’agriculteur ne s’occupe de chaque brin d’herbe individuellement : la
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plus grande quantité de bois sous la forme la plus vendable et la plus profitable, tel est son objectif : des billots plutôt que des arbres, et les résultats financiers provenant de cette récolte. Le but final du sylviculteur n’est donc atteint que lorsqu'il a fait disparaître les vieux arbres et les a remplacés par des jeunes. Il cultive les arbres en masse et pour leur substance même. Nonseulement il a à s'occuper d’un grand nombre d'arbres à la fois mais des arbres dans leurs conditions naturelles, et 1l ne peut faire souvent qu’en usage restreint d’aides et de méthodes artificielles, qui sont au service des autres arboriculteurs et de l’agriculteur dans la production de sa récolte.
Restreint comme 1l l’est ou comme il le deviendra finalement aux sols et aux conditions les plus pauvres, —qui sont les moins favorables à la production agricole—il est forcé de recourir à l'administration la plus conservatrice des conditions naturelles afin d’obtenir le résultat désirable sans trop de dépenses, que sa récolte si longue à mûrir ne peut rembourser.
Dans toute industrie productive, on peut reconnaître deux parties: savoir, la partie financière et la partie technique.
Le sylviculteur est celui qui s'occupe de la partie technique de l’entreprise, viz: la production de la récolte ou du produit.
La partie technique se subdivise en plusieurs branches dont les principales sont :
La sylviculture, l’exploitation forestière, la protection de la forêt. La sylviculture est une partie de l’arboriculture. La protection de la forêt ést l’art de
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protéger la forêt contre les agents hostiles tels que le feu, les tempêtes, les fléaux, etc. L'exploitation forestière est l’art de moissonner le produit sylvestre avec le plus de profit.
Le sylviculteur doit voir à assurer la continuité des conditions favorables afin d'assurer aussi la continuité de la récolte. L'administrateur d’une forêt qui compte sur un revenu peut souvent se trouver en désaccord avec le sylviculteur, l’intérêt de la caisse ne répondant pas à l’idéal du sylviculteur.
Une récolte de bois diffère d’une récolte agricole, surtout en ce que plusieurs années doivent s’écouler avant qu’elle puisse se faire. Si l’agriculteur commet Hnélerreumdaus ses Semalles une amiée, il peut re- HrerceteRemeuT el Anees lyauteatandissquetde forestier ne peut jamais réparer aucune telle erreur avant la récolte suivante. Par conséquent, 1l faut donc que le sylviculteur fasse une étude plus minutieuse de l’histoire naturelle de son produit que n’a besoin d’en faire l’agriculteur. Il doit apporter plus de circonspection dans son plan de culture, de manière que sa récolte puisse venir à se sufhire d'elle-même.
Le sylviculteur, comme on l’a remarqué ci-dessus, doit choisir, entre les trois cents à cinq cents espèces d'arbres qui se présentent naturellement chez nous, Censiquulaura amtairescroire llédoiteculitiver:les variétés qui sont raisonnablement sûres de trouver marché à leur maturité.
On peut diviser ces cinq cents variétés en celles qui sont utiles et en celles qui ne sont que des “ mauvaises plantes sylvestres ?”” (weeds).
Qu'est-ce qu’une mauvaise herbe? C'est une plante dont on n’a pas encore trouvé l’usage.
Pour faire le choix de ces variétés que nous aurons à reproduire, nous devons connaître la valeur relative des diverses espèces établies. Un coup d’œ1l aux rapports du marché nous fait voir que pas plus de soixante-dix de ces cinq cents espèces sont mises en usage et vendues. Cependant, des changements se produiront. Certaines espèces cesseront d’être employées, et d’autres espèces qui ne sont pas actuellement en usage, les remplaceront. On peut citer le cas de la pruche comme exemple. Le sylviculteur doit donc prévoir l’avenir. Une chose dont nous sommes assez sûrs, c’est que le bois de construction dont on consomme actuellement la plus grande quantité trouvera certainement marché dans l'avenir. Dans cette dernière classe nous pouvons mettre les conifères et surtout le pin blanc qui fournit le principal appoint de notre bois de charpente. |
Nous devons aussi adapter nos arbres aux conditions climatériques du pays, et comme ils offrent peu de chance à l’acclimatation, il s'ensuit que les espèces indigènes sont pour la plupart préférables. Le choix du sol doit aussi être pris en considération, Les arbres dépendent moins des éléments minéraux que des conditions physiques, et par conséquent nous abandonnons le meilleur sol à l’agriculteur. Cependant, l’eau est l’important facteur, et le sylviculteur essaie de s'assurer des conditions favorables sous ce rapport, la profondeur du sol étant pour cela d’une grande importance surtout avec les espèces à racines plongeantes,
D’autres considérations influent également sur ses opérations, telle que la conservation du sol et de l'humidité, qui est l’appoint le plus essentiel qu'offre le sol à la végétation de l’arbre, et ce qui exige que le sol soit ombragé.
En effet, il n’y a rien que le forestier ne surveille avec autant d'attention, après l’exposition de la tête de l’arbre à la lumière, que les conditions du sol: Un sol débarrassé des mauvaises herbes et de gazon et recouvert d’une épaisse litière de feuilles et de brindilles en décomposition, et si cette couverture qui est la meilleure pour conserver l'humidité fait défaut, un taillis d’arbrisseaux qui demandent moins d’eau que léSmauvaises herbes et le gazon, telle doit être une bonne couverture du sol forestier.
En résumé, il paraîtrait, d’après l'étude que nous avons faite de la crue de l’arbre et du développement de la forêt, que toutes les opérations sylvicoles pour une forêt qui n’est plus à établir se réduisent à une seule, savoir : une bonne distribution de la lumière, ce qui s'obtient par un usage judicieux de la hache.
Fxaminons, maintenant, le meilleur moven d’établir une forêt. Un établissement mixte est le meilleur à tous égards, mais il demande plus d’habileté dans son aménagement. Dans une forêt mixte, nous pouvons faire une combinaison des variétés tolérantes et des intolérantes, des variétés à racines plongeantes et celles aux racines latérales, mettant ainsi à profit tout l’espace disponible tant pour les racines que pour le feuillage. Cette disposition est aussi une
protection contre les insectes, le feu, le vent, la neige et autres agents destructeurs, et, de plus, cette plantation fournit un produit varié. |
Il y a deux manières de commencer une récolte : le reboisement artificiel et la régénération naturelle, que l’on obtient en faisant bon usage de la hache. En moissonnant la vieille récolte, la nouvelle récolte peut être reproduite.
La plupart de nos arbres à feuillage annuel feront des rejetons et ceux-ci remplaceront leurs devanciers par une végétation en taillis, composée de ces rejetons sortant des souches. Cette méthode la plus simple et la plus imparfaite de reproduction qui résulte naturellement lorsque les vieux bois francs sont coupés, ne peut s'appliquer qu'aux arbres à larges feuilles, capables de produire ainsi des pousses importantes. Les différentes espèces possèdent à différents degrés la faculté de bouturer, et elles la perdent .toutes plus ou moins dans le vieil âge; surtout, après des moissons répétées, les vieilles souches deviennent épuisées étimeurent de Sort quenla OT tes EIPOrLée à se détériorer dans sa composition aussi bien que dans sa densité, à moins que la reproduction par le semis ne lui donne un sang nouveau. Ainsi, dans la Pensylvanie, où le système de fournir du charbon de bois pour les fonderies a été en vogue pendant un siècle et plus, les chênes blancs et les noyers de grande valeur ont été débordés par le chataignier qui émet plus de boutures qu'eux.
Un autre désavantage qu'offre ce système du taillis à l’aide duquel les bois d'arbres à feuillage an-
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nuel se produisent, dans presque toute la Nouvelle- Angleterre et les Etats du littoral de l’Atlantique,c’est que les boutures se développent, il est vrai, plus vite que les jeunes arbres de semis en commençant, mais elles diminuent bientôt dans leur croissance, sont devancées et ne peuvent fournir que du bois de petites dimensions et du bois de chauffage. Donc, le taillis He PU ICRQueNno certaines suins ebilon te peut compter là-dessus pour répondre aux besoins du marché de grands bois.
La dépression qui fait suite à l’application continue du système du taillis se fait mieux remarquer en Italie et en certaines parties de la France où le bois de service est presque inconnu, et où les fagots de petit bois de chauffage constituent un article précieux.
Toutes les autres méthodes de régénération, tant artificielles que naturelles, dépendent finalement de l'usage de la graine. Afin de reproduire les arbres Décaauelque chance de succes le svlviculteuredoit APtHemtinc bonnersemenuce d'un bontlit dense mencement, d’une bonne exposition à la lumière et d’une bonne protection pour ses semis. Le choix de la méthode dépend de considérations financières autant que sylvicoles.
Pour les forêts protectrices et les forêts d’orne-
N EA SN. , ment, où la nécessité d’une couverture constante du sol peut être impérieuse, les méthodes d’après lesquelles levieux bois esttrès lentement éliminé et remplacé par du bois nouveau s'imposent, même si les résultats au point de vue des finances et de la
sylviculture rendaient l'application d’autres méthodes désirables.
Pour les forêts d'exploitation, 11 faut choisir la méthode la moins dispendieuse qui assure des résultats proportionnels désirables dans la récolte. Cela doit varier selon les conditions locales, telles que le climat, le sol, les espèces, le coût de la plantation et de la coupe. |
Le procédé du défrichement suivi du reboisement artificiel nécessite pour celui-ci une sortie de capital d'année en année; les méthodes de déboisement grauellavecmlensemencementmatnrelttonteevitenoerre dépense, c’est certain, mais puisque, pour avoir la même quantité de bois à récolter, il faut dépouiller un plus grand territoire, elles font encourir en commencant une forte mise de capital pour les moyens de transport qui doivent être maintenus durant toutes les années du déblaiement, et elles occasionnent aussi autrement de plus grandes dépenses, dans la récolte, queslarconperrestreinte d'apres Mes VS Lee chement qui peut se faire sur des chemins temporaires.
Plus de 80 pour cent des forêts de l'Allemagne sont administrées d’après un système de défrichement et des systèmes de déblayement rapides, et seulement que 20 pour cent d’après les systèmes de déblayement lents et autres.
PAONMTANSAIOS MOTS MON MILITE CRIS essences de prix et où les arbres de rebut sont restés en possession du sol, 1l est évident qu'aucune méthode de régénération ne rétablira les meilleures espèces ; elles doivent être restaurées par des moyens artificiels.
Ces méthodes lentes de déboisement consistent à ouvrir de petits espaces ou d’étroites allées, de manière à préparer le sol et laisser pénétrer assez de lumière pour faire germer les graines qui tombent des arbres restés debout.
Les arbres ne font des graines que périodiquement; par exemple, le pin blanc ne fait des graines que tous les trois ou cinq ans, et il nous faut savoir quand l'année de la graine doit arriver. Quelques espèces ont des graines chaque année, et si elles ne sont pas à désirer, il faut les couper pour s’en débarrasser.
Dans nos bois primitifs, le terrain d’ensemencement laisse souvent à désirer. Il faut que la litière soit décomposée pour faire un bon lit d’ensemencement, de manière que les radicelles si ténues de la graine puissent atteindre le sol minéral. Quelques espèces exigent plus de lumière que d’autres dans leur jeunesse, et par conséquent, les vieux arbres dont elles proviennent doivent être enlevés plus ou moins promptement.
L'une des méthodes les plus simples de régénération est celle de l’allée. Elle consiste à abattre une HoecRulpresnale terrameitiidérpenmettre au vent de transporter dans ce découvert les graines des arbres encore debout. Une autre allée. est faite l’année suivante et ainsi de suite. Une autre méthode imparfaite est une amélioration cependant sur celle du bûcheron qui consiste à couper de vieux arbres ici et là et donner ainsi de la lumière à la jeune génération voloneire sAemetiodendtendeselectiondAela vérité, le bûcheron ne choisit que les arbres dont il
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peut faire usage, tandis que le sylviculteur travaille en vue de la nouvelle récolte, 1. e. il coupe au plus grand avantage de la jeune récolte. La meilleure méthode, là où elle est praticable, consiste à enlever graduellement mais plus rapidement toute la vieille forêt, afin que la nouvelle puisse trouver un champ déblayé pour s’y établir.
Avec cette méthode d'établissement dite “en pépinière ”, il faut faire attention aux périodes de Îa coupe. Une coupe préparatoire assure une meilleure production de graines et aussi un meilleur terrain pour recevoir la graine et une meilleure exposition à la lumière ; la coupe suivante est faite pour assurer la production complète de la graine; elle est suivie de deux ou plusieurs coupes de déblayement, à mesure que le demande la jeune végétation; jusqu’à ce que finalement, en trois à vingt ans, toute la forêt soit Criiéyees
En Allemagne, plus de 50 pour cent de la reproduction se fait par des moyens artificiels, et l’on trouve que cette méthode est la plus satisfaisante. Après la hrodactiontdetarécolte moarentoremmnencHancente l'améliorer en accélérant son développement. Il est possible d'augmenter la production du double ou du triple en usant judicieusement de la hache.
Comme dans les méthodes naturelles la hache est le seul outil que l’on emploie pour assurer la régénération des bois, de même la hache est le seul outil dont on a à se servir pour cultiver la nouvelle forêt, cette culture consistant à enlever avec discernement le surplus d'arbres en faisant ce que l’on appelle des
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‘sarclages ”, ce qui a pour effet d'augmenter la quantité et la qualité du bois: Pour bien comprendre cela, 1l faut savoir que les arbres font du bois par l’action du feuillage sous l’influence de la lumière.
Pour cette raison un arbre qui a beaucoup de feuillage et qui jouit d’une bonne exposition à la lumière doit faire beaucoup de bois. Ces conditions se rencontrent lorsque l’arbre peut croître dans un découvert, comme dans un parterre, sans voisins trop proches qui lui intercepteraient de la lumière.
Mais les arbres qui se trouvent dans ces conditions font surtout des branches, le feuillage se développant aux dépens du tronc, qui reste court, plus ou moins conique, de peu d'usage au point de vue commercial ou technique, si ce n’est comme bois de chauffage. Quand le tronc est scié en planches, chaque branche constitue une défectuosité que l’on pb lercenudecetquErendicenbor MMmpropreauetre employé dans la meilleure classe d'ouvrage, et ainsi, bien que la quantité totale de bois se trouve augmentée par son exposition en plein vent, elle l’est au détriment de la qualité.
Le but du forestier, cependant, n’est pas simplement de faire croître du bois, mais de produire du bois d’une forme et d’une qualité qui puissent le rendre utile à l’industrie. Pour lui, l’arbre idéal est un arbre long, cylindrique, au tronc sans branches, portant haut son feuillage, et qui, lorsqu’1l sera abattu, produira la plus grande quantité de bois sans nœuds, d’une fibre droite et donnant le moins de rebuts ou de bois de chauffage.
Il doit donc avoir pour objectif de placer ses arbres de manière que la plus grande quantité possible de bois soit produite et qu’elle se trouve encore sous la forme la plus utilisable.
Si les arbres sont placés les uns près des autres, et si chacun d’eux intercepte la lumière de côté à ses voisins, cela empêche la formation des branches, ou tes branches qui se seront formées, se trouvant mises à l'ombre, perdent bientôt leur vitalité, meurent et finalement tombent, laissant le tronc uni, et si cela se faisait avant que les branches eussent atteint une grosseur trop considérable, la quantité de bois sans nœuds serait augmentée.
Mais encore une fois, si les arbres sont tenus trop serrés les uns contre les autres, si on laisse pousser trop d'arbres sur un acre de terrain, chacun d'eux ayant à sa disposition la plus petite quantité de feuillage et de lumière, la quantité de bois produite par l’acre de terrain peut bien être au maximum de son pouvoir producteur, mais elle se trouve distribuée entre tant d'individus, que chacun se développe le plus lentement et par conséquent n’atteint pas les dimensions utilisables dans le moins de temps.
Pour arriver à ses fins, produire à l’acre la plus grande quantité possible de bois le plus utile, dans le moins de temps, le forestier doit savoir quel nombre d'arbres 1l faut laisser croître pour balancer les avantages et les désavantages des deux positions, à couvert et à découvert.
Ce nombre diffère non-seulement d’après les espèces qui composent sa récolte, mais aussi selon les
conditions du sol et du climat et l’âge des arbres.
Certains arbres ayant une endurance considérable adombre telsique le hêtre, lérable à sucre et l’épinette, peuvent permettre qu’on les place en plus grand nombre à l’acre que les chênes et les pins qui demandent plus de lumière; sur des terrains plus riches un moins grand nombre de sujets produira des résultats satisfaisants, tandis que sur des terrains plus secs il faudra garder à l’acre plus d'individus. Savoir quel nombre d'arbres à l’acre il convient de lafsser croître, à différents âges, est une question des plus difficiles à résoudre, sur laquelle les experts diffèrent beaucoup.
En général, cependant, le praticien a reconnu la nécessité de conserver la plantation drue pour les preirHers Vinotiditrentelans delatjeune récolte enssacrifiant à la qualité et à la forme le développement au point de vue de la quantité. La plantation drue assure le tronc long, sans branches et cylindrique qui fournit un beau billot de sciage de la plus grande valeur. Puis, lorsque l’arbre a atteint la plus grandre proportion de développement en hauteur, une coupe plus ou moins considérable, pour éclaircir, est chose recommandée, afin d'obtenir le développement quantitatif, et ces coupes de “ sarclage ” sont répétées périodiquement, afin de donner plus de lumière à mesure que les couronnes de feuillage s’épaississent, et aussi pour tirer profit des arbres qui se laissent devancer dans cette production de bois.
Comme résultats de ces “sarclages ou” éclaircissements judicieux, le développement du reste de la forêt peut devenir deux à quatre fois plus rapide, de
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gros arbres ayant plus de valeur se font en moins de temps, et, quand le bois d’une qualité inférieure qui a été enlevé dans les sarclages est vendable, on obtient en fin de compte un rendement total plus considérable à l’acre, car plusieurs des arbres enlevés et utilisés seraient morts, seraient tombés et auraient été détruits dans la lutte pour l’existence que commande la nature.
Dans l’administration forestière en Allemagne, la quantité utilisée du bois provenant des sarclages s'élève à vingt-cinq pour cent et plus du rendement final de la récolte.
Tandis que la forêt est en voie de se développer, il est, sans doute, nécessaire de la protéger contre différentes sortes de dommages. Les semis de certaines espèces sont exposés à souffrir de la gelée ou de la sécheresse, ce que l’on peut éviter en les cultivant à l'abri de vieux arbres, en égouttant les endroits humides, en donnant une chance à l’air frais de circuler, etc, mesures préventives pour la plupart. Dans une prairie ou une plaine, on peut leur aider à résister à ces dommages en cultivant le terrain comme fait l’agriculteur, mais dans la vraie région forestière, la nature du terrain et les dépenses à encourir ne permettent pas d’user de ce moyen.
Les animaux et surtout les insectes sont souvent nuisibles à la nouvelle récolte, et les insectes le sont aussi aux vieux arbres en les dépouillant de leur feuillage. On peut encore obvier à ce dommage en grande partie par des mesures préventives.
Puisqu'un bon nombre, sinon la plupart des insec-
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tes nuisibles vivent sur une espèce où au moins sur un genre d'arbres, les forêts mixtes résistent mieux à ce danger, vu que le nombre de plantes hospitalières se trouvent réduit et les arbres entremêlés empêchent le progrès et le développement du fléau.
Les coups de vent constituent un danger pour le vieux bois, spécialement pour les essences qui ont des racines superfhcielles, telles que l’épinette, et pour les arbres occupant des terrains mous, les versants exposés ou les sommets de montagnes. Ici, il faut prendre soin de tenir les arbres suffisamment espacés, afin qu'ils puissent s’habituer à l’effort des vents dans une position plus découverte. De cette manière, ils sont portés à pousser un meilleur système de racines et à devenir plus solides au vent, tandis que dans une plantation drue leur force ne consiste que dans leur union avec leurs voisins.
Cependant le plus grand danger qui menace le produit sylvestre, c'est le feu, et la protection contre ce fléau importun, qui provient surtout de la négligence de l’homme, absorbe une grande partie de l’énergie du sylviculteur. Une bonne surveillance, mais surtout les mesures qu’indique la sylviculture, diminuent l’éminence du danger et le montant des dommages. La jeune récolte à l’état de semis et de buissons est complètement détruite, tandis que le vieux bois peut rester grillé sans beaucoup de dommage, ou sans dommage du tout.
Un plus grand dommage encore que la perte de Ha récolte, c’est la perte de la couverture du sol, de la litière et des débris végétaux qui sont l’engrais du
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sylviculteur. Cette perte peut devenir irréparable dans les localités où une couche mince de sol minéral couvre seulement le roc, et la possibilité d'établir une nouvelle forêt peut être entièrement perdue. Le danger de l’incendie au Canada, quoique beaucoup diminué, est encore si grand, que dans plusieurs localités 1l rend presque impossible l’industrie forestière ; car qui voudrait engager son argent et consacrer son énergie à l'exploitation d’une propriété qui est exposée aux risques excessifs des incendies, grâce à l’absence de lois suffisantes ou au manque de surveillance et d'appui moral de la part de la société dans leur application, à la négligence ou à la malice non réprimée des incendiaires, et aux conditions dans lesquelles se trouve la colonisation du pays, qui empêchent que l’on puisse disposer économiquement des débris provenant des opérations de la coupe du bois.
Patpratiquedenbrie entre MetedientAssen les broussailles diminue un peu le danger, mais à peine en proportion des dépenses. Le remède le plus simple là où l’exploitation forestière doit être pratiquée dans de telles conditions, c’est de faire un nettoyage complet ; c’est-à-dire d’abattre, de brûler les débris et de replanter, ou bien, si l’on s’en tient à la régénération naturelle, c’est d'adopter le système de l’allée, quand il est encore possible de brûler complètement les débris.
Le seul espoir ici, en l’absence d’un marché local payant pour le combustible provenant du produit inférieur, c’est l'établissement d'usines chimiques pour le convertir, sur une grande échelle, en charbon de bois,
en acide acétique, en alcool de bois, et pour la fabrication d’autres choses utiles. De fait, l’application de la sylviculture, 1. e. la production systématique des rérécoltes de bois, comme entreprise commerciale, dans nos terres à bois mal administrées et où l’on a fait un triage sur toute l'étendue du Canada, n’est encore possible, dans la plupart des cas, que là où 1l y des moyens d'utiliser ce produit inférieur ; car les risques à courir de la part de l’incendie sont trop grands, ou encore la somme d'argent qu’il faudrait autrement dépenser pour faire place à la nouvelle récolte dépasserait certainement une proportion raisonnable. Il n’y a que l’état ou des corporations impersonnelles qui peuvent trouver bon de faire une dépense d'argent aujourd’hui en vue de révenus adéquats dans un avenir éloigné. |
La production de la récolte forestière, comme entreprise commerciale, la sylviculture, ne deviendra chose praticable et profitable dans ce pays que lorsqu’on aura obtenu une protection raisonnable des forêts, par l’exercice convenable des fonctions de l’état.
Tant que l’on n'aura pas obtenu cela, les propriétaires de forêts continueront de les exploiter sans beaucoup s'occuper de leur sort après qu’ils en auront réalisé la valeur actuelle, car ils ne sauraient assumer les risques que comporte le danger de l’incendie.
Avant de se mettre à appliquer les méthodes positives de la sylviculture, ils pourraient trouver leur avantage à couper le bois de la forêt primitive avec plus d'économie; 1ls pourraient constater qu’il est plus profitable à la longue de ne pas faire un triage
aussi rigoureux, qu'il est avantageux de laisser plus de petit bois, 1e, delimiter ile diameètrerdesSarbres qu’ils enlèvent, afin de pouvoir revenir plus tôt faire une deuxième coupe, et aussi d'éviter d'endommager inutilement les jeunes pousses naturelles. Actuellement, la limite de la grosseur du bois à couper ou à ne pas couper est basée sur le calcul des profits 1minédiats icnpretienrietlonmenCnteom Alec nSeele d'aucune considération future, puisque le propriétaire de forêt ne coupe pas son bois en vue de l’avenir, mais cherche à réaliser le plus grand profit actuel. Il regarde la forêt comme une simple spéculation. Réduire son revenu actuel dans l’espoir d’un revenu futur en s’abstenant de couper tout ce qui peut avoir une valeur sur le marché, est la première chose à faire pour changer ce point de vue, en introduisant une idée de contnnitéet en traitant laMoretcommenimeplacement permanent.
On doit comprendre, cependant, que limiter la grosseur du bois à couper ou à ne pas couper ne doit pas avoir nécessairement grand effet quant au renouvellement de la récolte; ce n’est pas de la sylviculture. C’est, absolument parlant, une mesure économique financière; car l’on peut prouver que cela paie mieux de laisser les arbres de petites dimensions faire plus de bois avant de les utiliser, ou autrement, c’est un moyen d'empêcher la coupe excessive d’une espèce précieuse, afin qu’elle ne soit pas détruite trop tôt; sage mesure à prendre quand l’on ne peut faire une application systématique des méthodes positives de la sylviculture.
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