‹ La forêtChapitre 9 sur 22 · PES · texte numérisé non relu

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pouvons les remarquer dans une journée de promenade, si nous faisons l’ascension de quelque montagne des régions tropicales ou sous-tropicales du Mexique où de la Jamaïque. Nous commençons notre voyage sous les palmiers. Nous traversons encore la forêt toujours verte du tropique, qui compte une variêté infinie d'espèces luxuriantes. Si nous montons à deux mille ou trois mille pieds, la composition changé et nous arrivons à la forêt au feuillage décidu, qui, par son aspect général, ressemble assez à celle de nos latitudes moyennes. Nous arrivons à un plateau sablonneux et le trouvons occupé par des pins et l’aréquier ou le palmetto, comme broussailles, ainsi que nous le voyons dans les Carolines. Si nous atteignons le niveau de 8000 pieds, nous entrons dans le domaine des épinettes et des sapins, et nous pouvons trouver des prairies ouvertes où il y a profusion de fleurs. Ces découverts dans le Colorado et d’autres parties des Rocheuses sont appelés d’une ma- Hiénecaractémistique deswparcs .Cestiqu'ici une Jébresonidetenanisestremplie d'eauvettadorme un charmant lac de montagne, dont les bords sont entourés d’épinettes et de sapins en forme de spirale, absolument comme vous les trouvez dans la Colombie Britannique, à des niveaux plus bas. Montons encore de deux mille à cinq mille pieds, et la forêt s'ouvre comme dans notre voyage vers ie nord, les arbres sont par groupes et l’herbe et les fleurs occupent les intervalles, s’y disputant le terrain. Sortons de cette aïimable région à l’apparence d’un parc, nous arrivons en vue du pic et de la ligne d’escarmouche de la forêt ;

individuellement ou par petits groupes, les arbres essaient de braver la bise glacée, se serrant contre le sol ou les uns contre les autres pour chercher protection, étiolés et rabougris comme leurs contre-parties du nord. Chargées de glace pendant des mois par l'humidité congelée à ces grandes altitudes, les branches se rompent, et voilà ce qui fait la difformité de ces arbres. Enfin, nous avons dépassé la ligne boisée, et là ce sont des vents glacés et de fortes gelées qui surviennent chaque mois de l’année, et par conséquent, aucune vie persistante ne peut exister; et si nous nous hâtons de redescendre, nous pouvons encore passer la nuit dans les palmiers.

Si donc une certaine limite territoriale est assignée aux différentes tribus d'arbres qui sont appropriés aux conditions du climat et du sol, et s'efforcent d'occuper le terrain et de l’ôter à la végétation infétleure lin aancanterme tante entaut 414 de l’évolution ; car aussitôt que le sol est conquis, la bataille commence entre les conquérants eux-mêmes. Et si cette bataille ne se fait pas avec dents et griffes, elle est aussi acharnée, aussi soutenue et aussi désastreuse pour l’une ou l’autre espèce que dans le règne animal, chacun essayant d'occuper le terrain à l’exclusion de l’autre. Les armes et la tactique sont offensives et défensives, mais l’endurance relative qui permet de résister à une ou plusieurs conditions défavorables, l’adaptation aux choses qui l’entourent, assurent le plus souvent la victoire finale et la survie à celui qui possède ces qualités à un plus haut degré. Les points caractéristiques du développement, depuis

le semis jusqu’à la vieillesse de l’arbre, influent sur la nature de la distribution.

La production fréquente et abondante d’une graine ailée et légère, transportée par le vent à tous les espaces découverts, qui germe et se développe immédiatement, donne l’avantage à une espèce. Il faut que la noix pesante du noyer ou le gland du chêne attendent le concours des écureuils, des souris, des oiseaux et de l’eau pour pouvoir étendre le domaine de ces arbres. | |

La graine du saule perd son pouvoir germinatif dans peu d’heures ou de jours; par conséquent, cet arbre est confiné surtout au bord des cours d’eau où il trouve des occasions favorables de se propager par des boutures. J/acacia et autres de la tribu des légumiueuses, tel que le locuste noir, conservent leur graine vivante pendant plusieurs années ; bien plus, la graine du premier restera souvent enterrée dans le sol durant des années avant qu'un feu qui détruit toute autre végétation brise la cosse dure de la graine et appelle à la vie le germe endormi: les cônes de quelques pins restent fermés et ne laissent échapper la graine que lorsque le feu, qui aura probablement détruit tous les COHHCLeS AeSNON mr mIPeS traits caracténstiques de la graine comptent donc pour beaucoup dans la dissémination des plantes. 1

Viennent ensuite ceux de la croissance. Le pin austral qui, pendant les quatre premières années, ne s'élève pas plus que de deux ou trois pouces au-dessus du sol, a un désavantage durant cette première période où 1l s’est employé à former un système vi-

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goureux de racines; mais, ensuite, grâce à ce système, il peut endurer ce qu’un voisin qui aura poussé plus rapidement ne pourra pas endurer. Le tremble à l’épaisse frondaison couvre de grandes superficies, mais son règne n’est pas de longue durée, car, comme c’est le cas pour la plupart des arbres qui se développent vite, sa vie est courte. L’épinette ou le pin, d’une croissance moins rapide, qui a pu se soutenir Fous Sl'ombrasemérendumtrenble RS hnstntreNetEee le vainqueur sur l’arêne, grâce à sa seule persistance.

Si la croissance rapide et constante en hauteur permet à \ces arbres d'échapper à” loppresseur, "le pouvoir d’endurer la sécheresse ou l’excès d'humidité, la chaleur ou le froid et l’ombre, en favorise d’autres ; le vent et la décomposition, dans nos forêts primitives, agissant comme alliés, tantôt d’un côté tantôt de l’autre, et ainsi changeant à plusieurs reprises la balance du pouvoir. Dans cette lutte pour la suprématie entre les différentes espèces sylvestres, la compétition est en fin de compte moins pour le sol que pour la lumière, le facteur le plus important de la vie, surtout pour la vie des arbres. C'est sous l’influence de la lumière queémdetienllase sefaéveloppe tquenles TeHeSREerTrne plissent leurs fonctions et nourrissent l’arbre en assimilant le carbone de l’air et en ‘laissant exsuderd'eau provenant du sol. Plus un arbre a de feuillage et de lumière à sa disposition, plus 1l poussera vigoureux et s’étendra.

Maintenant, le chêne ou le hêtre, qui s'étend dans le champ découvert, trouve des voisins dans la forêt ; il est serré de tout côté, forcé de monter, d'élever la

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