MARCHAND DE BOIS ET SYLVICULTEUR
OUTES les sphères d'activité, les industries, les
inarchandises, les sources de richesse, d’une variété si grande, qui caractérisent la civilisation moderne et donnent de l'emploi à des millions de personnes ont plus ou moins directement pour origine cette source primordiale dénichesse et de confort, que dis-je, de vie même, la CÉRCE:
Himnomédatement apres mMalterrenient leaur:
MT/'eau est ce qu'il y a de meilleur”, chantait Pindare, chez les Grecs.
Mais sans la terre pour en tirer usage, l’eau aurait peu d'importance. Et cependant encore, la terre sans eau, pour entretenir la production des plantes utiles, serait un trésor vide, car c’est l’eau qui rend le sol utilisable. [eau et la terre sont si intimement associées que l’on ne peut les séparer l’une de l’autre. Absolument comme dans un composé chimique, des éléments inertes ou séparément inutiles ou nuisibles se combinent pour former des corps actifs des plus importants
et des plus bienfaisants, ainsi la terre et l’eau se donnent de la valeur, l’une à l’autre, en se combinant.
Aïnsi donc, la terre et l’eau sont le plus riche trésor de l’homme, et s’il savait raisonner, 1l en prendrait soin plus que de toute autre source de richesse matérielle et en userait avec discrétion; cependant, dans tous les pays et dans tous les temps, l’homme s’est montré insoucieux et prodigue de ces deux sources importantes de son bien-être. Il les a gaspillées, il les a laissées se dissiper, s'échapper ou détruire, semblant ignorer complètement leur importance; des peuples entiers se sont trouvés appauvris, pratiquement effacés de la terre pour avoir simplement méconnu l’importance ou abusé de ces sources primordiales de richesse et pour avoir ignoré à quelles conditions et par quels moyens l’on peut contribuer à leur conservation.
T/homme passe sur.la terre et laisse le désert dermière lui MPrécisément certe patte ICE ee terrestre qui, vers le commencement de l’ère chrétienne, jouissait de la plus grande supériorité de sol et de climat, est aujourd’hui complètement épuisée, ” dit Geo. P. Marsh, dans son ouvrage classique, “ La terre telle que l’homme l’a faite” —" Un territoire qui dans les siècles passés soutenait une population à peine inférieure à celle de tout le monde chrétien, accuse aujourd’hui une désolation presque aussi complète que celle des régions Iunaires à
Et cette destruction des conditions favorables de larnature n’est pas fimitée à cette partie. de la terre ni à cette époque. Nous pouvons la signaler sur tout
le globe et à tous les âges, ne se propageant seulement qu'avec moins d'intensité et maintenant arrêtée ic1 et là par l’homme intelligent.
Il était réservé à notre âge, grâce au développement de l’histoire naturelle, de trouver et d'apprécier les causes de cette perte et de cette détérioration de nos grandes sources de richesses, et après en avoir trouvé les causes, de suggérer les moyens d'y remédier et de conjurer le mal pour l'avenir.
Nous n'avons apppris que dans nos temps modernes qu’il y a relation entre toutes choses, et que, par conséquent, nous ne pouvons enlever aux conditions complexes de la nature, détruire où modifier une condition, sans affecter plus où moins les autres.
Quant à ce qui a rapport au sol, nous avons appris que sa stabilité et sa fertilité ont un rapport des plus directs avec les conditions hydrologiques et la topographie. Mais un troisième facteur important qui entre dans le problème de la conservation du sol RH CS He couvertuie Ces tPAMETumbolt le grand philosophe naturaliste, qui l’a peut-être énon- CORRE AMIS exacte éndisantdains son Cosmos; “ Que l’homme parait donc insensé quand 1l détruit les forêts des montagnes, se privant ainsi à létorSetdebois edit MRELIMaurAIt pur ajouter: Scndu-clanss1,
Ce n’est que récemment que l’on a compris d’une manière parfaite l'importance de la flore sylvestre sur MRSnaicendentaR terre up semementeentce quelle fournit un produit des plus utiles à la civilisation, immédiatement après les produits alimentaires, mais
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au point de vue de son rapport avec les conditions du sol et de l'irrigation naturelle.
Hier soir, nous avons appris comment les forêts se forment et changent d'aspect en vertu des lois de l’évolution, sans aucune immixion de l’homme.
Ce soir, nous nous proposons d'aborder l’histoire de la forêt à l’époque où l’homme entra en scène et devint un facteur dans l’évolution ultérieure de la végétation forestière.
L'histoire de la forêt a été la même dans toutes les parties du monde.
À l’époque du chasseur, —et ces époques ne sont pas fort éloignées les unes des autres, mais se presentent simultanément dans différentes parties du monde—la forêt a servi de retraite au gibier tout en fournissant la petite quantité de combustible nécessaire.
Peut-être aussi en a-t-1l été brûlé certaines parties avec soin pour faire disparaître les broussailles et faciliter la poursuite du gibier sans détruire l’abri1.
Lorsque le chasseur se fit agriculteur, les parties se composant des meilleurs sols ont dû être défrichées et débarrassées de leur végétation forestière pour être transformées en champs et en pâturages, et la recherche croissante du bois pour la construction des hangars, des granges et des étables, et pour l’usage de la famille nécessita de nouvelles incursions dans la forêt voisine. Les feux allumés pour le défrichement des terres agricoles ont probablement plus d'une fois dépassé leurs limites, par suite de certaines
201INU/N-1S 219IAII E] INS
négligences, et ont fait plus de tort à la forêt que les feux du chasseur. -
Finalement, lorsqu’arriva l’époque de la civilisation moderne, des cités furent construites et la demande du produit forestier dépassa les besoins des usages domestiques ; le premier marchand de bois trouva sa vocation, en coupant et transportant sur le marché le bois de construction dont il trouva une accumulation dans la forêt primitive,
Au commencement, l’exploitation conduite d’une manière imparfaite, fut limitée aux bois le long des cours d’eau et le long du littoral, où l’on disposait de moyens de transport; mais avec l’augmentation de population, le progrès de la civilisation et de l’activité industrielle, le développement des voies ferrées et l'amélioration des moyens de transport, le besoin de produits forestiers augmenta, et l’industrie du marchand de bois et de celui qui le façonne a pris le merveilleux développement que nous lui connaissons au- - jourd’hui, à tel point que sous le rapport de l’étendue des intérêts en jeu, l’industrie qui consiste à exploiter la forêt, en fabriquer et en fournir les produits, ne le cède qu'à l’industrie ayant pour objet de fournir les produits alimentaires et en disposer, qui est la plus considérable dans tout pays complètement civilisé.
J'ai parlé longuement, hier, du besoin énorme et toujours croissant des objets en bois dans notre civilisation moderne, mais pour faire mieux comprendre la grande importance du commerce de bois et sa nécessité, je suis tenté d'ajouter une autre démonstration de ce que signifie l’industrie ou le commerce
de bois de construction comparée aux autres industries ou négoces, au moins pour la population des Etats- Unis, et j'ose dire qu’une comparaison semblable pourrait se faire pour le Canada, comparaison basée sur le recensement de 1880, par le professeur James, mais qui est probablement encore exacte:
‘Si à la valeur du rendement total de toutes nos mines d’or, d'argent, de cuivre, de plomb, de zinc, de fer et de charbon, on ajoutait la valeur provenant des puits de pétrole et des carrières de pierre, et si l’on augmentait cette somme de la valeur approximative de tous les bateaux à vapeur, vaisseaux à voiles, bateaux, bacs et barges des canaux naviguant dans les eaux américaines et appartenant aux citoyens des Etats-Unis, 1l y manquerait encore, pour atteindre la valeur de la récolte forestière annuelle, une somme suffisante pour acheter, au prix de construction, tous les canaux, acheter au pair toutes les actions des compaguies de télégraphe, payer leurs dettes garanties et construire et équiper toutes les lignes téléphoniques des Ktats-Unis. Elle dépasse la recette brute de tous les chemins de fer et les compagnies de transport; elle paierait la dette de tous les états, y compris les comtés, les cantons, les arrondissements scolaires et les cités, à l'exception de New-Vork et de la Pensylvanie?’.
Qu'’allons-nous conclure de ces considérations et de ces faits? Que le marchand de bois, le fournisseur de ces produits forestiers, est un facteur des plus nécessaires et des plus importants dans notre civilisation, et que le thème à discours de fêtes des arbres: “ Bûcheronnemtouchepas antcetia#bret #avécRleRbrocant
injurieux à l'adresse des coupeurs de bois, est un enfantillage et ne donne pas une idée des proportions que doit prendre une réforme à apporter aux méthodes d'exploitation forestière.
Je vous ai représenté ces preuves d'activité du commerce de bois afin de bien vous faire comprendre ce fait que les forêts croissant pour notre usage, les arbres doivent être coupés pour subvenir au besoin que nous avors du produit forestier; que les bûcherons et les marchands de bois doivent être actifs ; seulement, il faut y ajouter un autre facteur, le sylviculteur qui modifie leur manière d’abattre la récolte forestière et d'en user. Le sylviculteur et le marchand de bois s’emploient l’un et l’autre à l’industrie où au négoce de subvenir à notre besoin de bois : l’un et l’autre sont intéressés dans l’utilisation de la forêt, tous les deux sont des moissonneurs ; mais si tout syiviculteur doit être un faiseur de billots, le faiseur de billots ne procède pas de la même manière que le sylviculteur.
La différence entre le bûcheron et le sylviculteur, c'est que le premier est le moissonneur d’une récolte naturelle, l’exploiteur d’une ressource naturelle, mettant en caisse le capital accumulé en bois. Il ne fait que convertir et mettre sous une forme utile une récolte à la production de laquelle 11 n’a en rien contribué et à la reproduction de laquelle il ne songe même pas ; tandis que le sylviculteur est un producteur de récoltes forestières, tout comme l’agriculteur est le producteur des récoltes alimentaires. Quand il moissonne la récolte naturelle de bois, c’est avec l’idée de repro-
duire à plusieurs reprises et systématiquement d’autres récoltes sur le mêine terrain. Donc, la principale différence entre le sylviculteur et le marchand de bois, c’est leur ‘attitude en face de l’avenir ”.
Le marchand de bois traite la forêt surtout comme une mine dont il enlève le minerai payant, abandonnant à son sort et aux soins de la nature le reste qui a moins de valeur. Pour lui, la forêt ne constitue pas un placement, mais une spéculation dont il essaie de dégager aussitôt que possible son capital et son profit. Par conséquent, tous ses appareils, ses camps et ses chantiers ne sont que des constructions temporaires qu'il laisse s’écrouler ou qu’il enlève quand il a coupé ce qu’il lui faut prendre tout de suite pour réaliser un bénéfice.
Sesroutes s'ilen tait He devait ii tn usage temporaire, savoir: jusqu’à ce que la présente récolte soit en lieu sûr, sont faites aussi économiquement que possible. En plusieurs endroits, elles ne sont praticables qu’en hiver, lorsque la neige a recouvert le terrain inégal et qu’au moyen d’arrosages on peut faire une chaussée en glace.
Même les voies ferrées, ce moyen moderne de transporter la récolte aux lignes principales et aux scieries, ne sont que grossièrement construites ; car en peu d’années elles sont abandonnées ou déplacées, à moins que leur’situation ne soit telle qu’elle assure leur conversion en voies régulières de transport.
La moisson se fait sans égard au sort de la jeune végétation actuelle ou de toute autre végétation subséquente, l'intérêt du coupeur de bois n’étant que
pour le présent. Souvent, l’on prend peu de soin et l’on s'occupe peu d'utiliser parfaitement même ce qui ide lamaleur mais assurémentitoutice quinest pas. vendable immédiatement est négligé, méprise, détruit. Nous ne disons pas sans regret où avec insouciance, ce qui impliquerait absence de toute considération rai- Sonnable Carnletrmaitre délchantier sait caiciller, «11 déplore et regrette; mais cependant il ne calcule qu’à un seul point de vue, savoir: au point de vue des pronierotnel Æeécmienenmes ettetiuinenchose oest quil n’y ait pas plus de profit à retirer de la partie détruite. Tout ce qui entame les profits doit être évité; faire la récolte à bon marché, voilà sur quoi il compte uniquement pour avoir une marge satisfaisante; son affaire est d'enlever la récolte actuelle, et seulement la partie qui paie; l’avenir doit se suffire à lui-même. Le point de vue du maître de chantier est bien et logiquement choisi, quel que puisse être celui de l’économiste.
Ce que le marchand de bois, à l’instar de tout autre homme d’affaires, veut bien considérer avant tout ou uniquement, c’est son intérêt pécuniaire particulier, qui existe dans le présent ; 1l ne peut pas ou il ne veut pas faire entrer dans ses calculs un avenir éloigné qui appartiendra à d’autres.
Quel est le résultat de ses opérations dans la forêt ?
Comme la nature produit surtout la forêt mixte et en agit ainsi sans aucune considération économique quant à la composition, à la qualité et à la quantité, produisant des arbres sans valeur à coté d’arbres précieux, des vieux et des jeunes, des gros et des petits,
ceux qui ont une valeur marchande avec ceux quin’en ont pas, dans un méli-mélo, et comme le marchand de bois ne prend que les espèces désirables et les meilleures dimensions, coupant ici et là, ses opérations peuvent laisser la forêt dans un tel état qu’un profane ne saurait même s’apercevoir qu’1l y a eu un changement, —la couverture forestière est à peine interrompue, on ne s’apercoit pas de l’absence de quelques arbres qui ont été pris, les débris se décomposent bientôt, et apparemment il n’a pas été fait de dommage. C’est souvent le cas lorsqu’une forêt de bois francs contient quelques conifères et que ceux-ci seulement ont été enlevés. Si les espèces désirables sont plus fréquentes et partant si les abattis sont plus vastes et plus nombreux, les débris sont plus abondants, et l'opération se constate plus facilement. Finalement, là où, comme dans les pinières, les bois rouges ou bois des Indes, dans la forêt de conifères en général, les espèces et les dimensions marchandes couvrent presque complètement le sol, la coupe choisie du marchand de bois devient presque ou entièrement un défrichement, une véritable dénudation. Dans chacun des trois cas, il résultera probablement un dommage, c’est un changement nondésirable dans la seconde végétation.
Si, comme c’est la coutume, il ne choisit dans la forêt mixte que les espèces qui lui sont utiles, et laisse les moins désirables en possession du sol, les mauvais arbres (weeds), ceux-c1 nécessairement perpétuent leur propre essence. Si c’est une espèce vivant à l’ombre qu’il estime, telle que l’épinette, sa reproduction peut encore être possible, pourvu que les dé-
couverts soient assez grands et qu’il soit resté assez de graines d’arbres pour assurer la nouvelle végétation, quoique nécessairement la quantité de l’espèce utile qui se reproduira devra être diminuée. Si c’est une espèce qui a besoin de lumière, comme le pin blanc, qu'il a triée, la réproduction de cette espèce est pratiquement empêchée en plusieurs cas par la seule présence des parties non utilisées de la forêt. Dans la compétition avec les autres, surtout avec les arbres vivant à l’ombre, l'essence qui a besoin de lumière se trouve avoir le désavantage et disparaît des bois, à moins que l’homme lui-même n'aide activement à sa restauration.
S’1l fait disparaître toute la végétation primitive, mais laisse un massif intact dans le voisinage, l’espèce à graine volante et légère, capable de se développer en pleine lumière solaire, sans avoir besoin de l’ombre protectrice des auteurs, recouvrira bientôt le terrain dénudé.
S'il enlève tous les arbres qu’il désire et détruit le reste par le feu, le reboisement doit passer par presque toutes les phases de l’évolution par lesquelles les bois primitifs ont eu à passer. Là où le dépouillement aura été complet, la petite végétation de mauvaises plantes et de broussailles doit d’abord occuper le sol, et ce n’est qu'après une lutte prolongée que la végétation sylvestre peut se rétablir.
Des milliers d’acres sont dans cette condition : boisés, parfois épaissement boisés, mais la valeur a disparu, au point de vue de l’approvisionnement. Avec la disparition du bois de construction d’une valeur
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actuelle s’est aussi dissipé l'intérêt du marchand de bois, et avec les déchets forestiers restés sur le terrain et l’incurie à laquelle nos gens sont habitués, quand il s’agit de choses apparemment inutiles, ce qui arrive presque inévitablement dans ces abattis c’est le feu denHoreE
Bien que le dommage direct créé pour l’avenir par la manière dont le marchand de bois fait sa récolte, en réduisant la deuxième végétation de bois de prix, soit. déjàtconsidérdble AMtoutiprendre-mlsesth5eume chose en proportion du dommage indirect qui est la conséquence de ces incendies. Et encore ici laissezmoi vous convaincre de cette idée qu’au point de vue de la société, le moindre dommage causé par ces feux, c’est la destruction du bois debout, quoiqu’une valeur de plusieurs millions de piastres, en bois de construction, soit détruite annuellement ; un dommage beaucoup plu: considérable est celui qui est causé pour l'avenir, aux générations futures. Un feu léger courant sur le sol, s’il était confiné aux abattis eux-mêmes, durant une saison où 1l sévit avec le moins de violence, comme au petit printemps lorsqu'il y a encore de la neige sur le sol, pourrait être même avantageux en réduisant les broussailles, et en donnant ainsi plus de chance à une deuxième végétation; mais ordinairement ces feux se déclarent durant la saison la plus dangereuse, celle des sécheresses, et ne sont pas confinés, mais gagnent le bois vert. Dans la forêt au feuillage annuel, ils se propagent lentement, endommageant à leur base les arbres murs, y introduisant la décomposition qui peut finalement déterminer la
Billots sur la glace—Lac des Îles, canton Winslow
mort. Dans la forêt de conifères, certaines espèces à écorce épaisse, supporteront le passage d’un feu léger sans subir de dommage; mais ordinairement en temps de sécheresse l’arbre est tué du coup, et si on ne le coupe tout de suite, les insectes, le deuxième résultat des feux de forêt, en feront la fin. Dans plusieurs cas, le premier feu ne fait qu’un dommage partiel, mais la répétition en est alors d'autant plus désastreuse, et finalement, avec les coups de vent qui jettent par terre les troncs endommagés, non-seulement de nouveaux incendies font disparaître tout le bois de construction, mais brûlent encore la surface du sol même, au moins ce qui en constitue la partie fertile.
La négligence des chasseurs et des cultivateurs continue cette œuvre, en incendiant maintes fois la pauvre végétation jusqu’à ce qu’enfin le rocher nu soit atteint et qu’il n’y pousse plus rien : ce sera le désert fait par la main des hommes.
Dans le Wisconsin, au moins huit millions d’a- CH -tcstenraiiontiere réduits anbétat desdésere, et aujourd’hui l’on fait des efforts pour recouvrir la terre d’une nouvelle végétation sylvestre.
L’érosion du sol, les éboulis qui remplissent les rivières, les inondations, les sables mouvants ou les alluvions sont les conséquences de cette dévastation.
Un mal qui n’a presque jamais été signalé, c’est l'augmentation des abattis par le vent.
S1 l’on ouvre la forêt, les arbres qui ne se soutenaïient que par l’ensemble avec les autres, se trouvent directement exposés au vent qui les balaye et les renverse. Puis viennent ensuite les insectes.
nc =
Que toutes les jeunes pousses soient victimes du feu de forêt, quelque léger qu’il soit, ainsi le veut la raison, et avec les changements dans la condition du sol, la couverture du sol et les conditions de la lumière pour les têtes, une végétation d'espèces sans valeur, d’arbrisseaux et de mauvaises arbres s'empare du terrain. |
Aïns1 donc, le marchand de bois, en nous fournissant les produits forestiers nécessaires, est un facteur légitime dans notre civilisation; mais quand par ses méthodes 1l détruit, indirectement ou directement, le sol, la deuxième végétation ainsi que les chances de rétablir la forêt, 1l est, au point de vue de l’économie politique, un élément dangereux, au moins pour les générations futures. Nous devons assurément admettre que des conditions économiques particulières l’ont forcé d'adopter ses méthodes, et faute d’une juste appréciation du dommage causé, 1l ne reçoit pas l’aide qu’il devrait recevoir, —pour diminuer le danger, — de la part du public et des autorités de l’État qui seules sont les représentants de la société et devraient surtout s'occuper de sauvegarder les intérêts de l'avenir.
Tant que cette appréciation des devoirs de la société n’aura pas fait prendre les mesures nécessaires pour diminuer l’occurence de ces feux de forêts, il y aura peu d’espoir de pouvoir changer d’une manière importante les méthodes de l’exploiteur de forêt. Et tant que la propriété forestière n’aura pas été relativement mise en sureté contre l’œuvre de l’incendiaire, il ne pourra devenir rationnel n1 praticable d’appliquer les méthodes de sylviculture à leur administra-
tion. Le sylviculteur est aussi un marchand de bois : lui aussi, il moissonne sa récolte; sa profession est aussi de fournir du bois à la société, comme vous le verriez dans la forêt allemande. La seule différence entre le marchand de bois et le sylviculteur, c’est que celui-ci doit pourvoir à une nouvelle récolte d'aussi grande où même de plus grande valeur que celle que la nature avait faite.
Vous verrez que le sylviculteur ne recherche pas la beauté mais la substance de l’arbre. Comme le bûcheron, 1l se sert de la hache pour moissonner sa récolte; que dis-je, 1l tire parti de la forêt, même avec plus de parcimonie que le marchand de bois ; car il doit, d’une manière ou de l’autre, utiliser les espèces et les parties d’une qualité inférieure, les têtes et les branches, et même, si c'est nécessaire, 1l doit dépenser quelque argent pour tirer parti des broussailles ou les faire disparaître. Ceci est souvent impraticable, et le forestier se trouve empêché d'autant dans la poursuite de son entreprise principale par les conditions économiques et celles du marché. Il doit faire quelques ‘ œuvres mortes ”, afin de créer des conditions favorables pour sa principale entreprise, et sa principale entreprise est de s'assurer pour l’avenir une meilleure récolte de bois sur le même terrain. Il ne se contente pas de récolter seulement ce que la nature a accumulé, en laissant à la nature le soin de faire ce qu’elle voudra, pour remplacer la récolte; mais 1l se sent obligé de pourvoir systématiquement à une récolte future et meilleure que celle que la nature a pu produire toute seule.
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La chanson du sylviculteur n’est pas: “ Bûcheron, ne touche pas àlcét arbre mais Mb icheron, coupe cet arbre avec discernement ”, afin qu’une nouvelle génération puisse prendre la place qu’il occupe.
Sous les soins du sylviculteur, donc, les arbres seront coupés et enlevés, mais la forêt subsistera. Il est le conservateur de la forêt, non pas de la manière qu’on le fait souvent entendre au public, en empèêchant de faire usage du bois; mais de la manière que toute vie se conserve, en éliminant la vieille végétatlon et nl ISAn to TANIA MON MEME EUTN semeur autant qu’un moissonneur, un planteur autant qu’un bûcheron ; car la sylviculture est pour la récolte du bois ce que l’agriculture est pour la récolte des céréales.
I] peut obtenir cette nouvelle récolte en coupant et en enlevant toute la vieille récolte, et en replantant le terrain, méthode qui est souvent la seule possible avec nos forêts primitives mal aménagées, d’où les espèces utiles ont été éliminées, ou bien là où le feu a détruit tout le vieux bois de construction. Autrement, il peut l'obtenir avec la graine des arbres qui sont déjà sur le terrain, en disposant habilement des conditions de lumière, en faisant disparaître graduellement les vieux arbres et en s’assurant de ce que l’on appelle une régénération naturelle.
Dans le dernier cas, avant d'utiliser les espèces pour lesquelles il veut perpétuer la forêt, il fait un choix des espèces inférieures, en ne laissant, jusqu’à ce qu’elles se soient reproduites, que les plus utiles; il donne à celle qui s’y prête le mieux une direction
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et une aide dans la lutte pour la suprématie. A Ia sélection naturelle, il en substitue une artificielle, assurant la survie à l’espèce la plus utile. La forêt du sylviculteur diffère donc de la forêt naturelle, qu1 s’est développée d’après les lois de l’évolution naturelle ; car il y introduit le point de vue économique. Et quand, finalement, il fait la récolte, non seulement 1l obtient pour le présent un total plus considérable et un produit de plus grand prix, mais encore la reproduction des meilleures espèces seulement pour l'avenir.
Crestrde cettemanieremuetdtestforets actuelles de P Allemagne ont été produites, et bien qu’elles puissent manquer de pittoresque, elles ont une valeur économique supérieure, donnant, en moitié moins de temps, dans des terrains qui ne sont pas propres à l’agriculture, le double du produit utile que la forêt naturelle a donné. Cela se fait en réservant le sol pour les espèces utiles seulement, en diminuant la densité de la forêt, de temps à autre, ce qui porte profit au reste de la plantation et fournit une plus grande quantité de bois sous la forme la plus utile dans le plus petit nombre d’arbres à l’acre. Et finalement, la récolte est faite, aussi parfaitement que la fait l’agriculteur, pour donner place à une autre récolte, et ainsi se font et se reproduisent les récoltes successives.
Sur ce continent, pour le présent et pour quelque temps encore — vu les conditions particulières dans lesquelles nous nous trouvons au point de vue économique et quant aux besoins de la population, — nos richesses forestières ne seront encore, dans une grande mesure, qu’exploitées ; le faiseur de bois continuera,
A lOAe
pendant quelque temps, à traiter sa propriété forestière comme un moyen de spéculation, peut-être la traiterat-il avec plus de soin. Le forestier ou le sylviculteur qui regarde la forêt comme un placement, à perpétuer et à sans cesse renouveler, vient lorsque la civilisation permanente, la stabilité des conditions lui donne la garantie qu’il peut établir sa demeure dans le bois.
La première mesure à prendre pour rendre son entreprise possible, c’est de protéger la propriété forestière d’une manière suffisante contre les incendies, ce qui est une question de législation et de police. La deuxième chose à faire, c’est de trouver à utiliser d’une façon plus complète le produit des coupes, et voir avec soin à ne pas détruire inutilement la jeune végétation, ce qui dépend du développement des moyens de transport à bon marché et de la distribution de la population.
Enfin, il faut en appeler à l'intelligence et à l’expérience du sylviculteur, que vous avez en vue d’instruire dans cette institution.