‹ La forêtChapitre 4 sur 22 · UN US · texte numérisé non relu

UN US

bois propres à la scierie. Le revenu brut a augmenté durant ce temps de 234 pour cent, et le revenu net de plus de 8o pour cent. Un calcul financier fait voir que non-seulement la propriété de l'Etat a payé continuellement 3 pour cent en revenu, mais qu’elle a augmenté en valeur de 24 pour cent simplement par l'accumulation du produit.

D’après un calcul basé sur ces expériences, la richesse forestière de l’ Allemagne représente, en chiffres ronds, un capital de $180 à l’acre (#25 pour le sol et $155 pour le bois), payant un revenu constant de 3 pour cent sur cette capitalisation; or, puisqu'il y a un peu plus de 35,000,000 d’acres de forêts, leur valeur représente un capital de $6,340,000,000, produisant un revenu annuel constant de $190,000,000. Les propriétés de l'Etat entoutre s'amélorenticonstamment, et le revenu augmente toujours.

Cet exposé n'alpeut-étrelpas convaineu le lecteus d'occasion que c’est [à une affaire bien profitable, mais nous ne devons pas oublier que ce résultat est obtenu, en grande partie, sur des terrains qui, autrement, resteraient improductifs.

Il est évident que nous finirons par épuiser nos approvisionnements en moins de temps qu’ils ne pourront être remplacés; que nous ne vivons pas sur l’intérêt, mais que nous entamons rapidement notre capital forestier —conduite qui s'explique bien dans le développement d’un pays nouveau, mais contre laquelle aussi il faut réagir à temps si l’on veut éviter de sérieuses conséquences.

Cette réaction peut s’opérer d’abord par un usage

plus économique de nos ressources forestières, car la consommation per capita au Canada n’est pas beaucoup moins que 300 pieds cubes, près de huit fois celle de l'Allemagne et vingt fois celle de l’Angleterre, et ainsi il y a marge considérable pour ces économies.

Enfin, l’administration forestière, telle qu’elle se pratique dans les autres pays, deviendra d’une nêcessité absolue pour assurer la production continuelle de la provision de bois voulue.

Il y a ici un facteur de notre avancement national, résultant des industries ayant trait à la conversion de nos forêts primitives, lequel ne s’y rattache pas du tout, ou pas au même degré, dans les autres pays, et qui, en fin de compte, a beaucoup plus d’importance que les estimations des droits de coupe ou de la valeur des terres ou de la valeur des produits ne peuvent le laisser entendre. Non-seulement le marchand de bois, avec le développement systématique de son commerce qui lui a permis de fournir un article supérieur à aussi bon marché que l’article inférieur rendu en Europe, fait surgir plusieurs manufactures et plusieurs industries, et rend possible le développement de régions agricoles éloignées qui, à leur tour, rendent profitable la construction des chemins de fer et l’emploi de la main d'œuvre, mais il a été un pionnier en mettant le pays sauvage lui-même à la portée des influences de la civilisation. Et que cela se soit fait souvent au prix d’un sacrifice extravagant et inutile d’une grande partie des richesses.de notre forêt primitive, le défrichement de ces

bois reculés doit être considéré néanmoins comme ayant eu une grande influence sur le bien qui a résulté de son œuvre.

Per aspera ad astra, par les travaux ardus à la civilisation, ainsi se résume l’histoire de la colonisation de la zone forestière par le bûcheron.

Cet établissement est nécessaire avant que l’administration forestière puisse être appliquée avec profit à ce qui reste des terres boisées; et bien que nous ayons à regretter le gaspillage qui a accompagné le défrichement, nous devons le considérer comme un moyen nécessaire de propager les conditions de la vie civilisée.

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